C. - Bancs exclusivement formés de cherts passant, par
place, à un véritable silex.
D'. — Schistes siliceux, gris jaune, bien feuilletés.
E'. — Calcaire analogue à B'.
F'. - Schistes argileux, noirs, charbonneux.
La coupe fig. 2 (planche I) se termine ici, un peu en amont du village de Kafumbo. Mais au-delà, après les schistes F, on retrouve, comme en aval de la zone de calcaires et de cherts, une alternance de schistes argileux, plus ou moins fissiles, noirs ou rouges et de grès ou de quartzites plus ou moins durs, feldspathiques et pyriteux, noirs ou décolorés. Puis se représente, sur une zone très large, le calcaire gris bleu avec lits minces et bancs épais de cherts gris; puis la roche siliceuse domine et finit par régner exclusivement jusque non loin du confluent du Luabo. Le chert prend nettement l'aspect d'un véritable silex, quelquefois celui de meulière, etc. Il est coloré en gris, en brun, en jaune roux, etc.
Les couches précédentes, aux endroits où leur direction est visible, sont orientées N.-25° à 30°-E. ; leur inclinaison, comprise entre 50° et la verticale, se fait vers le nord-ouest. Elles constituent une série de collines allongées à peu près selon la direction des couches et séparées par les vallées des rivières ou des torrents affluents du Lubudi. Ces collines sont des contreforts émis vers la vallée du Lubudi par le plateau qui s'étend entre cette rivière et le Luvoï.
En résumé, en amont du poudingue base du système du Lubudi que nous avons observé non loin du confluent, nous avons trouvé en remontant le Lubudi une alternance de zones de couches schisteuses et de couches gréseuses, ramenées fréquemment au jour par une succession de plis. A ces couches fait suite une large zone de bancs épais, redressés, de calcaires accompagnés de cherts et de bancs exclusivement formés de cette roche siliceuse, qui prend ordinairement un aspect de silex
gris, brun, roux, etc. Après les calcaires et les cherts, on voit reparaître une nouvelle alternance de schistes et de grès, puis des calcaires, accompagnés de cherts, reparaissent sur une large bande, et une zone importante, exclusivement occupée par des bancs épais de silex gris, y fait suite jusqu'aux collines qui bordent vers Test la vallée du Luabo.
Du côté de la vallée de cette rivière, les bancs de silex sont recouverts, en stratification nettement discordante, par des couches horizontales de grès tendres, grisâtres ou rouges, à grain fin, alternant avec des couches d'argilite ou de schiste argileux, tendres, de teinte rouge.
Certaines couches de grès sont remplies de galets bien roulés de silex, du système du Lubudi, et constituent de véritables poudingues.
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Fig. 34.
Coupe prise du flanc gauche de la vallée du Luabo, montrant le contact des couches du Lubilache (B) avec les cherts du système du Lubudi (A).
a. Argilites.
t>. Grès.
c. Poudingues.
Je considère ces différentes couches horizontales
comme faisant partie du système du Lubilache, dont elles représentent un faciès littoral.
Elles sont adossées à une haute falaise, formée par les bancs de silex du système du Lubudi, ainsi que le représente la coupe fig. 34, menée parallèlement au Lubudi.
Après avoir traversé le Luabo non loin de son confluent avec le Lubudi, nous continuons à remonter cette rivière, qui coule maintenant dans une direction sensiblement nord-est.
Du Luabo au village de Dahijiba, on chemine sur le ilanc gauche de la vallée du Lubudi et on ne rencontre que des affleurements de poudingues, de grès et d'argilites, dépendant du système du Lubilache.
Près de Dahijiba, on voit, dans le lit du Lubudi et sur ses rives, de gros blocs de roches siliceuses, dures (cherts ou silex), caverneuses, semblant indiquer un affleurement du système du Lubudi dans le fond de la vallée. Pendant l'étape suivante, de Dahijiba à la rivière Bankwékwé, on rencontre, sur les hauteurs latérales de la vallée, des affleurements des couches du Lubilache. mais, dans le fond, on voit beaucoup de gros blocs de cherts.
H en est de même entre la rivière Bankwékwé et la rivière Luina.
A partir de la Bankwékwé, le pays devient de moins en moins accidenté et, vers le confluent de la Luina, le Lubudi coule dans une vallée très large, à versants en pente très douce. A quelques kilomètres en amont de la Luina, on rencontre, dans le fond de la vallée, des affleurements de calcaire siliceux, gris bleu; les mêmes roches, dans le lit du Lubudi, pointent hors de Peau et produisent des rapides dans le courant.
Près du village de Kabikélé, la vallée est nettement
accusée. Plus haut on distingue des affleurements de schistes noirs, charbonneux, avec veines de quartz et de grès ou de quartzites noirs, analogues aux roches Y de la coupe du bas Lubudi. Certains blocs de schistes renferment de minces veinules d'anthracite, d'autres, des veines de quartz.
En amont du village de Kabumba, les hauteurs qui bordent la vallée sont plus prononcées. On y rencontre des grès ou des quartzites noirs, plus ou moins altérés, des blocs de cherts, etc.
Tout à coup, on voit apparaître des blocs isolés, puis de beaux affleurements de granités divers (granité à feldspath blanc et mica rare, granité à feldspath rose sans mica, etc.) et de diabase. L'apparition de ces roches amène la présence de chutes et de rapides dans le Lubudi.
En amont de ces affleurements, le pays se déprime de nouveau et, jusqu'au village de Kitumba, on rencontre de nombreux blocs de grès fin, noir, dur. criblé de cavités cubiques, de grès à gros grains feldspathiques, etc. analogues à des roches signalées déjà en aval.
Jusqu'au-delà du point où nous quittons le Lubudi pour nous diriger vers le nord-ouest, on trouve de gros blocs de cherts ou de silex caverneux dans le lit des rivières ou épars sur les flancs de la vallée.
Comme nous venons de le voir, entre le confluent du Luabo et celui de la Luina, les couches horizontales du système du Lubilache et les alluvions de la rivière cachent complètement les couches du Lubudi. Çà et là cependant, dans le fond de la vallée et dans le lit même de la rivière, des blocs de cherts indiquent la présence, dans le sous-sol, du substratum primaire.
En amont de la Luina, les couches du Lubudi se montrent, d'une façon plus nette, à l'état de schistes charbonneux, de quartzites noirs, de grès pyriteux, de calcaires et de cherts, et elles sont elles-mêmes percées d'un important affleurement granitique, accompagné de diabase.
Les deux grands synclinaux que nous avons rencontrés sur le bas Lubudi semblent donc se répéter en amont.
A partir du confluent de la Luina, et de plus en plus nombreux vers l'amont, on voit apparaître des blocs de roches siliceuses, dures, dépendant du système du Lubilache. On pourrait, à première vue, comme dans la région des cataractes du Congo occidental, confondre ces roches avec les cherts ou silex faisant partie du système primaire du Lubudi, mais un examen plus attentif permet de les distinguer.
XIII. — Observations faites le long du Luembé, de la source au confluent
Du point où nous avons quitté le Lubudi, jusqu'aux sources du Luembé, le pays est un vaste plateau régulier, à sol généralement sableux, où l'absence de vallées quelque peu accusées empêche de se rendre compte directement de la nature du sous-sol (plateau des Sambas). Quelques indices montrent cependant que ce sous-sol est constitué par les grès tendres du système du Lubilache. A partir de sa source, nous marchons parallèlement au Luembé et à l'ouest de la rivière. Pendant les premières étapes, la vallée, très peu accusée, ne montre aucune roche en place.
Au nord du ruisseau Upemba, la présence, dans les dépôts superficiels de la vallée, de sable grossier et
d'argile blanche semble indiquer la présence de roches granitiques dans le sous-sol.
En effet, au village de Kachimba (8° 40' lat. sud), le Luembé coule sur un bel affleurement d'un granité à mica noir et feldspath rose, à grain plus ou moins grossier.
Au-delà, dans le lit du ruisseau Mugibui, un peu avant le village de Saka, se présente un autre affleurement granitique. Près du village, le dépôt superficiel renferme des amas d'un véritable kaolin, que les indigènes exploitent pour la fabrication des poteries.
Nous côtoyons, dès lors, le Luembé de très près, en traversant un grand nombre de ruisseaux affluents. Dans la vallée du Muselé nous retrouvons un affleurement de granité traversé de veines de quartz. Le sable et l'argile blanche se montrent fréquemment.
Près du village de Kifupa et au confluent du ruisseau du même nom, le Luembé présente des chutes et des rapides sur d'énormes rochers d'un granité rouge à grain assez fin.
Sur la rive gauche, non loin des chutes, affleure un granité à feldspath blanc et mica noir, à grain plus ou moins gros.
Dans le lit du ruisseau Kifupa se montrent aussi diverses variétés des mêmes roches, entre autres un granité à très gros éléments et mica noir abondant et un granité à gros éléments et mica rare, traversé par un mince filon de granité rouge à grain fin.
Bientôt nous quittons le voisinage immédiat du Luembé et nous gagnons la crête étroite qui sépare sa vallée de celle du Lubichi. Près de cette crête, dans le lit d'un ruisseau affluent du Luembé se montre un granité à feldspath rose et mica rare.
Pendant deux longues étapes notre route suit exacte-
ment la ligne de faîte qui sépare le bassin du Luembé de celui du Lubichi, sans traverser aucun ruisseau. De nombreux ruisseaux, affluents de ces deux rivières, prennent leur source à droite et à gauche du chemin et descendent rapidement dans le fond des deux vallées, parallèles et rapprochées, dirigées du sud au nord. A Test de la vallée du Luembé règne un immense plateau horizontal. Au-delà de la vallée du Lubichi s'élève une étroite crête allongée parallèlement aux vallées, derrière laquelle on entrevoit la large vallée du Lubilache, bornée elle-même, du côté de l'ouest, par un plateau qui montre, à l'horizon, une ligne horizontale d'une régularité parfaite. L'œuvre de l'érosion, qui a enlevé les grès tendres du système du Lubilache et mis à nu, le long du Luembé, du Lubichi et du Lubilache, le substratum granitique de la région se montre, dans ce pays, avec une évidence remarquable (v. fig. 35).
./JOAifomèfrej.
Fig 35,
Coupe transversale des vallées du Lubilache, du Lubichi et du Luembé à hauteur de 8° lat. S.
a. Granité.
b. Couches du Lubilache.
La ligne de faite Luembé-Lubichi montre, en plusieurs endroits, des affleurements et des blocs isolés de granités divers, accompagnés de blocs nombreux de quartz de filon. Le type dominant est un granité fin à mica noir.
Nous quittons ensuite la ligne de faîte et descendons vers l'est jusqu'au bord du Luembé. Sur le versant do la vallée se montrent d'importants affleurements de granité
à mica noir et à grain assez fin, faisant saillie hors du dépôt superficiel en grosses bosses arrondies, entourées d'énormes blocs en forme de sacs de laine. Des blocs analogues se voient, de loin, sur le flanc oriental de la vallée, près du village de Lungi.
Du village de Lungi à celui de Kilembué, à quatre kilomètres en aval, on observe encore plusieurs affleurements de granité dans le lit du Luembé et sur les rives.
Nous regagnons ensuite la ligne de faîte entre le Luembé et le Lubichi. En montant, on trouve dans le lit de plusieurs ruisseaux de beaux affleurements d'une roche massive, formée de fragments de mica noir, noyés dans une masse homogène de quartz. C'est une sorte de granité sans feldspath. La même roche se montre au point culminant entre les deux rivières.
Le Lubichi s'écarte graduellement duLuembé,qui continue à couler vers le nord ; la crête qui sépare les deux vallées, s'élargit et se déprime. En certains endroits la topographie du pays semble indiquer la présence, sous les dépôts superficiels, de couches stratifiées horizontalement, reposant sur les roches granitiques; certaines collines prennent un aspect tabulaire. En un point s' observent de magnifiques affleurements de diorite à gros grain. Sur notre itinéraire de Lusambo à Bunkéa, j'ai trouvé des affleurements de cette belle roche de l'autre côté du Luembé, près du village de Moa-Gobo, à vingt kilomètres à Pest-nord-est du point précédent (v. p. 36). Les deux points appartiennent donc probablement au même massif.
Marchant toujours à proximité de la limite entre les deux vallées, nous arrivons au village de Luamana où je trouve de gros blocs de diabase. De Luamana, j'ai poussé une reconnaissance jusqu'au Luembé, afin de raccorder notre route à notre itinéraire de Lusambo àBunkéa. J'ai
rejoint celui-ci entre les villages de Moa-Katéba et de Mongoï.
Quittant Luamana, nous marchons parallèlement à la Lukaia, affluent du Lubichi, et à l'ouest de cette rivière, au village de Kachilo, non loin de la source de la Lukaia, et en plusieurs points au-delà, on voit d'énormes blocs et des affleurements d'un granité à mica blanc, traversé de larges veines de quartz. A l'est, de l'autre côté de la Lukaia, les collines ont un aspect nettement tabulaire, qui semble un indice de la présence de couches horizontales. En effet, plus à l'est, le Luembé coule dans une gorge creusée dans les couches du système du Kundelungu, que j'ai signalées dans l'itinéraire de Lusambo à Bunkéa et que j'ai décrite ailleurs (').
Bientôt nous côtoyons de près la Lukaia ; la colline de la rive droite prend de plus en plus l'apparence tabulaire, tandis que, sur la rive gauche, les affleurements granitiques continuent à se montrer fréquemment. Au village de Kalombué une roche en position horizontale affleure sur la rive droite de la Lukaia (fig. 36). C'est un grès rouge, cohérent, légèrement feldspathique, analogue aux grès du système du Kundelungu, qui sont si bien développés sur les rives du Luembé.
Fig. 36.
Coupe transversale de la vallée de la Lukaia, près du village de Kalombué.
a. Granité.
b. Système du Kundelungu.
( ! ) Les formations po^l-pri maires du bassin du Congo. Ann. Soc, géol. de Bely., t. XXI, 1894.
Nous franchissons ensuite la Lukaia non loin de son confluent avec la Lubichi ; elle roule des cailloux de granité, de quartz blanc et de grès rouge feldspathique.
Nous marchons ensuite sur les hauteurs de la rive droite du Lubichi, où Ton observe encore quelques affleurements granitiques. Vers Test, le nord-est et le nord régnent des collines tabulaires; des collines analogues bordent, vers l'ouest, la vallée du Lubilache. Près du confluent du Lubichi, on voit, sur le flanc gauche de la vallée du Lubilache, des indices de couches horizontales. Nous traversons ensuite le plateau qui sépare la vallée du Lubichi de celle du Luembé, nous passons cette rivière et rejoignons, à Moina-Mpafu, notre itinéraire de Lusambo à Bunkéa. De Moina-Mpafu nous nous dirigeons vers Lupungu, Kolomoni et G-andu (v. p. 31).
En résumé, notre itinéraire le long du Luembé, depuis 8 42' environ jusqu'à 7°25'de latitude sud, ne nous a montré que des roches granitiques. Le haut plateau sableux de la région des sources est occupé par les grès tendres du système du Lubilache ; ces grès forment aussi le plateau qui s'étend à l'est de la vallée du Luembé jusque aux vallées du haut Lomami et du Luvoï, de même que le plateau qui règne à l'ouest de la vallée du Lubilache. Les grès tendres du plateau méridional s'avancent vers le nord jusqu'à une certaine distance entre le Lubichi et le Lubilache. Entre le Lubichi et le Luembé, ils pénètrent en une bande étroite jusque vers ^O' de latitude sud. Plus au nord, le massif allongé qui sépare les deux vallées, est entièrement granitique, de même que le flanc oriental de la vallée du Luembé et vraisemblablement, la vallée du Lubichi.
A partir de 7° 23' lat. sud, les couches de Kundelungu recouvrent le granité sur les deux rives du Luembé et sur la rive droite de la Lukaia, pendant que le côté occidental
de la vallée de la Lukaia et la vallée du Lubichi restent granitiques. A partir de la même latitude, des collines tabulaires, formées de couches horizontales, appartenant probablement au même système, apparaissent sur la rive gauche du Lubilache et un massif analogue semble recouvrir le granité entre le Lubilache et le Lubichi. Au nord du confluent du Lubichi , le granité n'est plus visible (').
Le grand massif granitique du Luembé se prolonge vers Test le long de notre itinéraire du Luembé au Lomami (v. p. 36). H se relie probablement aux massifs qui affleurent en plusieurs endroits, sous les couches horizontales, entre le Lomami et le Luvoï (v. p. 38) et au massif important qui constitue la partie nord-ouest des monts Hakansson, entre le Luvoï et le Lualaba (v. p. 39-40).
Les observations de Cameron montrent que le granité existe sous les couches du Lubilache le long du Luvoï en amont de l'endroit où nous Pavons franchi (v. p. 38).
( f ) D'après le D r Wolff, auquel on doit la première exploration du cours du Sankulu, les chutes qui barrent celle rivière vers 5° 24' lat. sud et qui portent son nom, de même que celles du Lubi, situées à la môme latitude, se font sur du granité. Je n'ai pas eu l'occasion de vérifier le fait, mais la présence du granité en ces endroits n'aurait rien d'étonnant.