II. — Itinéraire de Bunkéa au Mont Kambohé
Quittant Bunkéa, nous traversons d'abord la colline dont la coupe est donnée plus haut (fig. 4), puis nous entrons dans la vallée de la rivière Bunkéa et nous remontons ce cours d'eau, en le croisant à plusieurs reprises.
Dans le lit d'un affluent, nous rencontrons bientôt des schistes noirâtres, fortement redressés, et dirigés N.-60*- W. Plus loin, dans le lit de la Bunkéa, se présente un affleurement de poudingue, à ciment schistoïde brun noirâtre, empâtant* des galets de quartz, de quartzite, de porphyre, etc.
Jusqu'au village de Moa-Kabonicha, le sol est formé
de schistes argileux, brun foncé, altérés en jaunâtre ou rougeâtre, alternant avec des bancs de grès dur, noirâtre. Passé Moa-Kabonicha, le lit d'un affluent de la Bunkéa montre un affleurement de ces schistes, avec la même direction que précédemment.
Devant nous, se dresse un rempart élevé, formant une barrière continue, dirigée environ vers l'W-N-W. Nous nous élevons sur la pente rapide que présente ce rempart vers le nord et nous arrivons bientôt sur un plateau assez régulier, supérieur, d'environ 250 mètres, à la plaine où se trouve Bunkéa. La rivière Bunkéa descend, de ce plateau dans la plaine inférieure, par une succession de cascades.
La pente montre des schistes argileux, brun noirâtre, altérés en brun rouge, jaune, etc. Vers le haut, affleurent aussi des poudingues à ciment gréseux, dur, noirâtre.
Sur le plateau, nous franchissons encore une fois la Bunkéa et nous trouvons, dans son lit, un beau calcaire brun, à grain fin, très compacte, assez dur, en bancs épais, dirigés E.-35°-S., verticaux ou un peu inclinés au sud-ouest.
A partir du village de Moa-Sasi, on voit des collines peu élevées surgir du plateau. Sur ces collines, on trouve, à la surface du sol, des blocs d'oligiste compacte, isolés ou empâtés dans du quartz; à côté, on voit des blocs d'une roche siliceuse, formée de petites masses noires, arrondies, de la grosseur d'un pois à celle d'une noisette, empâtées dans un ciment abondant, gris blanchâtre. C'est la roche que j'ai appelée oolithe siliceuse ou phtanite oolithique (polithische Kieselschiefer).
Pour des raisons que j'exposerai par la suite, je classe ces oolithes siliceuses dans mon système de Moachia. Les poudingues, grès, schistes et calcaires, rencontrés depuis Bunkéa, font partie du système de Katété.
Nous traversons ensuite la grande plaine marécageuse de la Mufufia et de ses affluents, puis nous pénétrons dans les collines qui la bordent vers le sud. On y voit affleurer les schistes, brun noirâtre ou rougeâtre, du système de Katété et, en certains endroits, on trouve, sur le sol, des blocs d'oligiste compacte, avec quartz, de quartzites gris et d'oolithe siliceuse.
Nous atteignons la vallée du Dikulué au village de Moa-Gî-uba et nous entrons ensuite dans le pays de hautes collines qui s'étend au sud. Sur le côté droit de la vallée du Dikulué, affleure, un peu en amont de Moa- Guba, un poudingue formé de gros fragments de quartz, empâtés dans un ciment schisteux, mal stratifié, noirâtre, brunâtre, ou rougeâtre.
Plus haut, on marche sur les schistes argileux, noir brunâtre, avec intercalations répétées de grès noirâtre et de calcaire brun foncé ; le poudingue réapparaît fréquemment.
La route traverse, près de sa naissance, le ravin du ruisseau Mulonguchi, affluent de la Mufufia, torrentiel dans sa partie supérieure. J'ai fait une reconnaissance vers l'aval, dans le lit du torrent. A l'endroit où le ravin traverse la route, on voit, sur ses parois, des schistes noir brunâtre, verticaux, dirigés E.-45*-S., avec intercalations de lentilles, de bancs et de lits de grès noirâtre.
En descendant le torrent, on rencontre des schistes très feuilletés, gréseux, gris jaunâtre, des schistes bruns et des grès. A trois cents mètres de la route, les grès dominent et on y observe nettement la direction E.-45°-S. et une inclinaison de 60° nord-est. A un kilomètre plus bas, on voit des schistes argileux, rouge brun, tendres, peu fissiles ; plus loin, ils sont gris sale, peu feuilletés. Les schistes renferment souvent de» enduits de magnétite, sous forme de pellicules, tapissant les feuillets ou les parois des fissures.
On observe, sur les flancs du ravin, plusieurs veines plus ou moins épaisses de quartz blanc.
Au-delà du Mulonguchi, on trouve le ruisseau Kamaïa, où se voient des schistes rouge brun, orientés E.-30°-£Let inclinés de 45° vers le nord-est.
En plusieurs endroits de la route, on trouve du quartz blanc, avec oligiste compacte.
Passé la Kamaïa, on rencontre, sur la droite de la route, un petit gisement de malachite, ayant été exploité. Le minerai se trouve dans des schistes siliceux, blancs et des quartzites caverneux, du système de Moachia.
Au-delà, on arrive bientôt aux grandes mines de cuivre du Mont Kambobé, qui seront décrites à propos de l'itinéraire de Ntenké au Kambobé (voir p. 95).
Du Mont Kambobé, nous sommes rentrés à Moa-Guba par la même route et, de ce village, nous avons regagné Bunkéa, en suivant un chemin situé au nord-ouest du précédent.
Ilbis. — Itinéraire de Moa-Guba à Bunkéa.
Un peu au nord de Moa-G-uba, on trouve des schistes siliceux, durs, intercalés dans des couches de quartzites caverneux, en couches verticales, orientées E.-45°-S.; près de là, se montrent de gros blocs d'oolithe siliceuse. Ces différentes roches font partie du système de Moachia.
Au-delà, jusque la vallée de la Mufufia, on voit des indices de la présence de schistes bruns dans le sous-sol.
Passé la Mufufia, on observe les mêmes schistes et des blocs épars d'oolithe siliceuse et de quartz de filon, jusque Moa-Kabé.
Au-delà du village, on continue à rencontrer des schistes bruns ou altérés en rouge et des bancs de cal-
caire gris foncé. On voit encore des bancs de quartzites caverneux du système de Moachia.
Nous traversons le cours supérieur de la Bunkéa et nous descendons ensuite la pente rapide, qui mène, du haut plateau du sud, dans la grande plaine de Bunkéa. On observe, sur la pente, des schistes noirâtres ou rougeâtres, plus ou moins feuilletés, quelquefois gréseux et micacés, et passant au psammite; des bancs de grès noirâtre et de calcaire brun y sont intercalés et, de temps en temps, on voit reparaître le poudingue.
En résumé, on ne trouve, entre Bunkéa et le Kambobé, que les couches du système de Katêté, sauf en quelques points, où se montrent les couches, plus anciennes, du système de Moachia.