IV. — Itinéraire de la station du Lufoï à Katanya
Du poste du Lufoï à Kipuna, on marche sur le soubassement de la falaise du Kundeltinyu, et les roches qui se montrent au jour, le long de la route, appartiennent, en
grande partie, au système de ce nom; à distance, on voit, sur le flanc de l'escarpement, la tranche des épaisses couches horizontales de schistes, psammites et grès feldspathiques, qui composent ce système. Mais, dans le lit de quelques torrents, au voisinage du niveau de la plaine de la Lufila, on constate la présence de schistes rouge brun, redressés, offrant tous les caractères des schistes du système de Katété. Les couches horizontales du Kundelungu les recouvrent, manifestement en discordance, mais je n'ai pas eu l'occasion d'observer directement le contact.
De Kipuna au village de Kikongoluka, situé sur les bords de la Lufila, on marche, généralement, dans la plaine alluviale, où Ton ne voit aucun affleurement.
Passé Kikongoluka, la route traverse une petite rivière, descendant du Kundelungu et se jetant dans la Xiufila, à quelque distance du point de notre passage. On observe, dans le lit de cette rivière, des schistes argileux rouge brun, peu feuilletés, en bancs dirigés N.-60°-W. et inclinés de 30° vers le N-E.
Un peu plus au sud, on croise la rivière Muéna, où Ton retrouve la même roche, dans la même position.
Environ à 6 kilomètres au sud de la Muéna, nous croisons la rivière Kafila et nous la remontons pendant quelque temps. Elle coule sur des schistes argileux, rouge brun, dirigés N.-55°-S. et inclinés de 25° vers le N-E.
De Kipuna à la Kafila, la route est parallèle à la falaise du Kundelungu. On aperçoit de loin, sur cette falaise, la tranche des schistes et grès du Kundelungu, en position horizontale, et reposant, par conséquent, en discordance, sur les couches redressées du système de Katété, visibles dans les lits de la Muéna et de la Kafila.
A partir de la Kafila, la route, continuant à longer la Lufila, à distance, se dirige vers le sud-ouest, tandis que
l'escarpement du Kundelungu s'écarte, au contraire, vers le sud-est, parallèlement à la vallée de la Karila et semble, graduellement, diminuer de hauteur relative. Nous le retrouverons à l'extrémité de notre itinéraire de Katanga à Katété (v. p. 74,.
A dix kilomètres de la Kafila, nous croisons le ruisseau Watéchi, dont le lit présente un bel affleurement de schistes argileux, rouge brun, compactes, très denses, en bancs dirigés N.-60"-E. et inclinés, vers le N-E., de 10 à 15°.
Ces schistes ont un aspect singulier; chaque banc tend à se diviser en grosses masses ovoïdes, juxtaposées, dont le grand axe, ayant de dix à soixante centimètres, est perpendiculaire au plan des couches. Chaque masse ovoïde se laisse diviser, sous le marteau, du moins à l'état altéré, en épaisses écailles concentriques. Ces masses d'une matière schisteuse, compacte, isolées dans le lit du ruisseau, simulent des galets. J'appellerai ces roches schistes noduleux, faute d'un terme plus propre.
Un peu au-delà, on trouve, dans la savane, des fragments de quartzite, de phtanite noir, de jaspe rouge et d'oolithe siliceuse, roches que nous allons bientôt rencontrer en place. Elles font partie du système deMoachia et semblent indiquer que ce système affleure non loin du Watéchi.
Fig. fl.