LONG ABDUCTEUR DU POUCE
Le long abducteur du pouce est situé à la partie externe de la couche profonde des muscles de la région postérieure de Tavant-bras.
Il s'insère : 1** au tiers moyen du radius ; 2® k la face postérieure du cubitus au-dessous du court supinateur, dont la partie inférieure recouvre les insertions de ce muscle ; 3® au tiers moyen du ligament interosseux; 4® à une cloison fibreuse qui le sépare du long extenseur du pouce. Le tendon terminal se rend a l'extrémité supérieure du premier métacarpien, mais souvent une de ses divisions tendineuses se fixe au trapèze , quelquefois aussi la division tendineuse sert a l'insertion de quelques fibres du court abducteur du pouce.
Nous n'avons presque jamais rencontré de variations importantes de ce muscle. — Nous avons vu souvent, dans les races de couleur, la fusion intime du long abducteur du pouce avec le long extenseur du même doigt. Son tendon terminal se bifurque chez presque tous les nègres, et dans ce cas la plus grosse division va se fixer à l'extrémité supérieure du premier métacarpien — quelquefois, même toutes les deux — et une des divisions sert de point d'attache k un groupe de fibres charnues du court abducteur du pouce. Une seule fois nous avons vu k la hauteur de 105 millimètres de l'apophyse-styloïde du
7â MEMOIRES DE LA SOCIÉTÉ D* ANTHROPOLOGIE
radius, un petit faisceau musculaire s'isoler de la masse charnue ; ce petit faisceau presque immédiatement se termine à Taponévrose antibrachiale. Il n'a que 3 millimètres de largeur.
Enfin, nous avons constaté l'absence des insertions cubitales du long abducteur du pouce chez un nègre et une autre fois sur une négresse.
Nous avons vu plus haut la bifurcation ou la trifurcation du tendon du long abducteur du pouce. Dans certains cas la division remonte et atteint le corps charnu lui-même. Nous avons observé une pareille disposition chez une négresse. Pour notre part nous n'avons observé que trois divisions du tendon terminal du long abducteur ; mais Wood en a observé quatre. De ces quatre divisions trois se rendent au premier métacarpien et l'autre fusionne avec le tendon d'un muscle voisin.
Dans ce cas de division du corps musculaire, les deux tendons du faisceau interne et un des tendons du faisceau externe se rendent au premier métacarpien, le quatrième donne origine à un groupe de fibres charnues du court abducteur du pouce.
Dans une autre variété du cas précédent un des deux faisceaux se termine par un tendon classique, l'autre se divise en quatre tendons : le premier se rend au trapèze, le deuxième au court abducteur du pouce, le troisième à l'aponévrose palmaire externe et le quatrième au premier métacarpien.
M. Testut décrit aussi quatre tendons du long abducteur du pouce : deux pour les muscles de l'éminence thénar, le troisième au trapèze et le quatrième au premier métacarpien.
Dans un autre cas rapporté par M. Testut il existait quatre tendons, deux pour le premier métacarpien, un pour le court abducteur du pouce; le quatrième se fusionnait avec le tendon du court extenseur.
Dans le troisième cas il y avait trois faisceaux musculaires distincts : l'un pour le trapèze et les deux autres pour le premier métacarpien sur le ligament annulaire du carpe (Macalister) fournissaient les insertions au court abducteur du pouce (très fréquent), au court fléchisseur du pouce (cas rare) et k l'opposant du pouce (Bellamy).
L'insertion au trapèze ne doit pas être trop rare, puisque M. Sappey la compte parmi les normales en inscrivant le mot très souvent. (Traité d*Anatomie, 3^ édition, p. 350). Pour notre part nous ne l'avons observé qu'une fois dans les races de couleur. Donc, si cela est si fréquent, et nou* nous appuyons sur l'auloHté de: M. Sappey, l'admiration dé M. Testut pour cette prétendue anomalie est inexplicable, car, si l'on constate également cette insertion sur les singes, on la voit aussi sou-
TH. GHUOZiMSKI. — VARIATIONS MUSCULAIRES DANS LES RACES HUMAINES 73
vent chez rhcmime. D'ailleurs, le plus grand nombre des muscles sont dans le même cas.
ËnGn, on a constaté l'absence du long abducteur du pouce ; cette absence est probablement due à la fusion complète avec les autres extenseurs des d(Hgts (Beaunis et Bouchard).
Nous avons rapporté plus haut le cas de l'absence des insertions osseuses de ce muscle.
AncUomie comparée.
Chez l'ornithorynque le long abducteur du pouce s'insère sur le cubitus et son tendon se termine sur le premier métacarpien. Ce muscle est indépendant.
On trouve ce muscle chez les marsupiaux, pourtant il est fusionné avec le court extenseur du pouce chez le kangourou.
Dans les édentés il manque au tatou ; mais chez le fourmilier, d'après Meckel, il est remplacé par un petit faisceau charnu qui nait de l'humérus au-dessus du long supinateur. Son tendon terminal s'épuise soit sur l'os crochu, soit sur les muscles de l'éminence thénar. Suivant la remarque très judicieuse de Meckel, il faut plutôt considérer ce faisceau comme une dépendance du long supinateur. Chez l'aï, cette manière de voir se confirme, car, indépendamment de ce faisceau surnuméraire, il existe un véritable muscle long abducteur du pouce (Meckel).
L'abducteur du pouce a un développement variable chez les rongeurfe. Il est fort chez le porc-épic et la marmotte, faible chez le castor, mais chez tous il est fusionné avec le court extenseur du pouce.
Le long abducteur du pouce est confondu avec l'extenseur propre de l'index chez les ruminants où il manque.
Chez certains pachydermes il est très développé, comme chez le daman, mais il est petit chez les cochons. Il est confondu avec les autres muscles chez le cheval.
Chez la plupart des carnassiers il est confondu avec l'extenseur propre du pouce qui est unique, mais chez le phoque non seulement il est distinct, mais il est en môme temps très fort. 11 est très fort et distinct chez les singes a l'exception de l'atèle (xMeckel) où il est confondu avec l'extenseur du pouce. On sait que les phalanges de ce doigt manquent a ce primate.
Il est très développé dans la chauve-souris.
Chez les autres éinges le faisceau du long abducteur du pouce qui se rend au trapèze peut être indépendant du faisceau métacarpien. On l'a vu aussi cbez le chimpanzé (Gratiolet et Alix), il se termine quelquefois sur le scaphoïde (Humphry) sur le trapèze (Vrolik), chez le go-
HÉMOIRES DE LA SOGléTÉ d'aNTHBOPOLOGIB
rille (Duvernoy), le chimpanzé, les gibbons, les macaques et les cercopithèques (Bischoff). Chez Torang il est le plus souvent indiépendant.
Caroejdères anthropologiques.
Les insertions radiales du long abducteur du pouce commencent audessous de la tète radùal^ :
Moyenne. . .
Maximum . .
Minimum . .
Dans les races en général
série
Racê aoiEB
Race Race jaune btHnehe