milli
Par conséquent la largeur du tendon terminal est plus considérable chez les hommes de la race noire, elle est au minimum dans la race jaune.
Il nous reste encore à noter quelques détails ; malheureusement nous manquons de chiffres en quantité suffisante. Ainsi, l'étendue des insertions interosseuse du long abducteur est en moyenne dç 78 millimètres, avec le court extenseur de 26 millimètres. Les insertions communes avec le long extenseur n'ont que 85 millimètres en moyenne, au maximum 135 et au minimum 65 millimètres.
Conclusions :
lo Les insertions radiales du long abducteur du pouce commencent
^Cependant nous avons trois observations sur des individus de la race blanche^ dans lesquelles les^ fibres charnues arrivent jusqu*à Tari ioulation du poignet.
TH. GHUDZINSKI. — VAntATlOîfS MUSCULAIRES DANS LBS RAOES HUMAINES 77
le plus bas au-dessous de la tète radiale chez les hommes de la race noire et le plus près de cette éminence dans la race jaune ;
2® L'étendue des insertions radiales est au maximum chez les hommes de la race noire et au minimum dans la race jaune ;
30 Les insertions cubitales du long abducteur du pouce commencent le plus bas au dessous de Tolécrâne dans la race noire et le plus haut dans la race blanche ;
4<> L'étendue des insertions cubitales est aussi au maximum dans la race noire, surtout chez les femmes de cette race, et au minimum dans la race blanche ;
5^ L'apparition du tendon terminal du long abducteur du pouce se fait le plus près de l'articulation radio-carpienne chez les hommes de la race noire et le plus loin de cette articulation dans la race jaune. Donc ce tendon est plus court chez les hommes de la race noire et le plus long dans la race jaune ;
6° Au contraire les fibres musculaires du long abducteur du pouce cessent plus près de l'articulation radio-carpienne dans la race jaune que dans la race blanche; par conséquant la partie charnue du long abducteur du pouce est la plus longue dans la race jaune et la plus courte dans la race blanche ;
V Le tendon terminal du long abducteur a le plus de largeur chez les femmes des races noire et blanche et le moins dans la race jaune.
CARRÉ PRONATEUR.
Le carré pronateur, ainsi nommé h cause^ de sa forme, s'insère : 1° au quart inférieur du bord interne du cubitus; 2» sur la partie inférieure de la face antérieure du cubitus ; 3° sur une aponévrose tendineuse très brillante, qui règne sur la face superficielle du muscle. De là ses fibres charnues se portent transversalement en dehors et se terminent sur le quart inférieur des bords externe et interne du radius et sur la partie inférieure de la face antérieure de cet os.
C'est la description classique du carré pronateur; maintenant nous allons passer en revue ses variations.
Pour notre part, nous n'avons pu noteraucune variation de ce muscle bien importante, à Texception, toutefois, d'un cas, dans lequel ce muscle remontait jusqu'à 147 millimètres au-dessus de l'articulation du poignet et seulement sur le cubitus. Cela n'a rien d'étonnant, car M. Testut
78 IléMOIRBS DE LA SOCléTB D* ANTHROPOLOGIE •
affirme Tavoir vu remonter plus haut encore ; probablement même, sur le radius et sur le cubitus, jusqu'à la moitié de Tavant-bras. Le même anatomiste a observé le muscle carré pronateur changer sa forme habituelle en celle d'un triangle dont le sommet aboutit au radius. Cette configuration a été déjà signalé par Riverius et Macalister.
M. Sappey, Meckel et Macalister ont vu le carré pronateur composé de deux, trois et même quatre faisceaux plus ou moins distincts; mais cela a une importance très secondaire et ne mérite pas d'être classé dans les variations musculaires. Il n'en est pas de même des cas signalés par Grûber, Walscham et Macalister, dans lequel le carré pronateur part du cubitus et se termine sur les os externes du carpe, scaphoïde et trapèze, ou se confond avec le ligament annulaire du carpe et avec les ligaments antérieurs du carpe. Grûber a vu la totalité du muscle carré pronateur se rendre au carpe; c'est pourquoi on l'a débaptisé en le nommant cubito-carpien. Comme variété du cas précédent, on rapporte que parfois les fibres musculaires du carré pronateur se terminent sur la synoviale de l'articulation radio-carpienne.
Enfin, le carré pronateur, dans les cas rares, fait défaut (Meckel et Otto).
Chez les mammifères quadrupèdes, le carré pronateur est assez variable ; chez les phoques, il est représenté seulement par quelques bandes charnues. Chez le kangourou, il occupe la moitié inférieure de favant-bras. Chez les rongeurs, il occupe presque la totalité de la longueur de l'avant-bras, mais déjà chez l'agouti, il ne s'étend que sur la moitié inférieure. Chez la marmotte et chez le porc-épic, il s'insère seulement au tiers inférieur de l'avant-bras. Chez les édentés comme chez l'aï, par exemple, il n'occupe qu'un huitième inférieur de l'avantbras et chez les plantigrades, l'ours blanc excepté, le quart inférieur chez ces derniers et la moitié de l'avant-bras chez les autres. Dans les carnivores digitigrades, le carré pronateur s'insère sur presque la totalité de la longueur de l'avant-bras, par exemple, chez les hyènes, les canidés, les félidés, etc. Chez les singes, ses insertions et dimensions sont presque les mêmes que chez l'homme. Il manque, d'après Duvernoy, Carus et Macalister, chez le phoque, mais Meckel Ta toujours constaté chez ces animaux. Il manque aussi chez l'échidné et chez l'ornithorynque d'après Alix. On a constaté aussi son absence quelquefois chez l'homme (Meckel, Otto).
A l'exemple des autres anatomistes, nous pourrions continuer l'étude de ce muscle, chez les autres animaux munis de membres antérieurs, mais nous nous contentons simplement des mammifères.
Maintenant passons en revue, certaines particularités, qui concernent la forme et les dimensions du muscle carré pronateur.
Hauteur des insertions radiales du carré pronateur au-dessus de Tarticulation du poignet :
Moyenne. . , .
Maximum .
Minimum .
Dans les races
Race noire
Race
Race
série
jaune
blanche
56 millim
Le plus fort chiffre de maximum se rencontre chez les hommes de la race noire et le plus faible dans la race blanche. Le minimum a un chiffre très élevé dans la race jaune et le plus bas se voit chez les femmes de la race noire.
D'après les moyennes, les insertions radiales du carré pronateur remonteraient plus haut sur le radius dans la race jaune et chez les hommes de la race noire et moins haut chez les femmes de cette race.
Etendue des insertions radiales :
Race
Race
on général
iérie
jaune
blanche
Moyenne .
Maximum.
Minimum .
mill.
Le minimum a un chiffre très élevé dans la race jaune et très bas chez les femmes de la race noire; l'étendue des insertions radiales esta son maximum dans la race jaune, ensuite dans la race blanche, et à son minimum chez les femmes de la race noire.
Hauteur des insertions cubitales du carré pronateur au-dessus de la tète cubitale :
Dans les races
Race noire
Race
Race
en général
série
jaune
blanche
Moyenne. . .
57 millim.
Maximum • .
Mioimum . .
Par conséquent la hauteur des insertions cubitales du carré pronateur s'élèverait le plus, au-dessus du poignet chez les hommes de la race
MÉMOIRES DE LA SOCIÉTÉ D* ANTHROPOLOGIE
noire, et elle se rapprocherait le plus de Tarticulation du poignet chez les femmes de la race noire d'abord, ensuite dans la race blanche. Etendue des insertions cubitales du carré pronateur :
Dans les races
Race noire
Race
Race
en général
série
jaone
blanche
Moyenne. . .
57 millim
Maximum .
Minimum . .
Par conséquent, le côté cubital du carré pronateur serait le plus élevé dans la race jaune. 11 serait presque égal chez les hommes des races blanche et noire, mais il s'abaisserait beaucoup chez les femmes race noire.
Nous concluons :
i. La hauteur des insertions radiales du carré pronateur est plus élevée dans la race jaune, elle s'abaisse sensiblement chez les femmes de la race noire.
2. Gomme conséquence, l'étendue des insertions radiales du carré pronateur est plus considérable dans la race jaune; elle est au minimum chez les femmes de la race noire.
3. La hauteur cubitale du carré pronateur est à son maximum chez les hommes de la race noire et k son minimum chez les femmes de cette race, puis chez les blancs.
4. L'étendue de l'insertion cubitale du carré pronateur est la plus considérable dans la race jaune; elle est presque égale chez les hommes des races blanche et noire et beaucoup moindre chez les femmes de la race noire.
En somme le carré pronateur est le plus développé dans la race jaune, moins dans la race blanche et relativement peu chez les femmes de la race noire.
ROND PRONATEUR.
Le rond pronateur est le premier muscle de la couche superficielle et interne de la région antérieure de l'avant-bras. Il est situé entre le long supinateur qui est en dehors et le grand palmaire qui est en dedans. 40 Le rond pronateur s'insère sur la partie la plus inférieure du bord
Tii. cHcDZiNSKi. — Variations musculaires dans Les ftAdcs humaines 81
interne de l'humérus; 2^ k la face antérieure de l'opitroehlée ; S^kune cloison aponévrotique qui le sépare du grand palmaire et du fléchisseur sublime ; 4^ à la partie interne de l'apophyse coronoïde séparée du reste du muscle par le nerf médian. Les fibres musculaires se terminent sur un tendon rubaneux assez large qui se fixe à la partie moyenne de la face externe du radius.
Les variations du rond pronateur ne sont pas nombreuses. Ces variations se portent le plus souvent sur le lieu précis de son insertion radiale ; nous le décrirons dans la partie anthropologique de ce muscle.
Du reste, nous avons souvent rencontré chez les blancs seulement l'absence du faisceau coronoïdien.
Nous avons vu aussi le faisceau coronoïdien remplacé par un simple tendon de A millimètres de largeur chez le noir de Pondichéry; nous avons observé le même fait chez trois nègres.
Enfin, nous avons constaté les insertions des fibres superficielles du rond pronateur à Texpansion tendineuse du biceps brachial, mais cela arrive fréquemment.
On a décrit la réunion, plus ou moins considérable avec le biceps brachial antérieur et même le coraco brachial.
Mais la variation la plus importante est l'insertion des fibres supérieures du rond pronateur à une excroissance osseuse, sorte d'apophyse très saillante qu'on remarque quelquefois sur le bord interne de l'humérus. Cette apophyse anormale a reçu le nom de tubercule sus-épitrochléen (Grûber, Struthers et Wood). On a vu aussi le tendon terminal descendre à 20 ou même 10 millimètres au-dessus de l'apophyse styloïde. Hyrtl et Schentzer ont constaté la présence d'un os sésamoïde dans l'épaisseur de son tendon d'origine. Theile a vu le nerf médian passer en dehors du faisceau coronoïdien du rond pronateur. Enfin, le rond pronateur est quelquefois double, soit dans sa portion coronoïdienne, soit dans sa portion épitrochléenne (Wood, Macalister, Kelly, etc.).
Chez les autres mammifères, le rond pronateur est toujours présent, mais son développement est variable. II est long et mince chez l'ornithorynque, son tendon terminal se fixe à la partie moyenne du radius. Chez les sarigues, il est très fort et se termine au 1/5 inférieur du radius (Meckel). Il est très fort aussi chez les édentés, il occupe presque la totalité de l'avant-bras. Chez l'aï, il se divise en deux parties, dans la plus grande partie de son trajet, et ces deux divisions se fixent isolément sur le radius; la plus inférieure descend très bas sur le radius.
Chez l'unau et le fourmilier, il se fixe aussi sur l'humérus.
8o SÉRIE. — TOME II. P, 2. 6
82 MlhiOIRBS DE LA SOCIÉTÉ D*ANTHROPOLOÛIB
Chez les rongeurs, en général, ses insertions radiales descendent jusqu'à l'extrémité inférieure de cet os. Chez les ruminants, il est petit et mince. Chez certains carnassiers, comme chez les plantigrades, ours, ratons, coatis et aussi chez les phoques, le rond pronateur est long, large et très fort, il descend à l'extrémité inférieure du radius. Chez les autres carnassiers, il est mince et court.
Chez les chauves-souris, il est mince mais long.
Chez l'ours, il se fixe au quart supérieur du radius seulement. Chez les singes, les insertions radiales se font plus bas que chez l'homme.
Enfin, la portion coronoïdienne du rond pronateur manque souvent chez les mammifères quadrupèdes, chez beaucoup de singes d'Amérique, et aussi dans un grand nombre de pithéciens. Elle manque aussi, mais pas toujours, chez les anthropoïdes, gibbons, orangs et gorilles.
Maintenant nous allons étudier le rond pronateur au point de vue anthropologique.
Étendue de l'insertion humérale du rond pronateur :
D«ns les races
Race noire
Race
Race
en général
série H.
jaune
blanche
Moyenne. .
miilim
Maximum .
Minimum .
Ce tableau a ceci de remarquable, que les insertions humérales des femmes de la race noire ont l'étendue la plus considérable. Leur moyenne est supérieure à la moyenne générale des races de 1,29 millimètre.
Le maximum le plus fort se trouve également chez elles la plus faible est dans la race jaune. Le minimum s'égale à i millimètre près, dans toutes les races, excepté chez les femmes de la race noire dont le chiffre est assez bas.
Par conséquent, l'étendue des insertions humérales du rond pronateur est à son maximum dans la race noire et chez les femmes de cette race en particulier; cette étendue est moindre dans la race jaune. 11 est à remarquer que la moyenne de la race blanche est presque égale à la moyenne générale des races.
Le faisceau coronoïdien du rond pronateur se sépare du reste de la masse charnue au-dessous de la tète radiale :
TH. CHUUZINSKr. -> VARUTtONS BtUSCUi.AlliES DANS LES RACES HLMAINE3 83
Dans les races
Raee noire
Race
Race
en
général
série
jaune
blanche
Moyenne. .
55 millim.
Maximum .
Minimum .
Par conséquent la séparation des portions coronoïdienne et épitrochléenne du rond pronateur se fait dans une étendue la plus grande dans la race jaune et dans une étendue relativement moins considérable chez les femmes de la race noire; c'est-à-dire que la séparation des deux portions se fait plus près de Tapophyse coronoïde du cubitus chez les femmes de la race noire et le plus loin de ce point dans la race jaune.
Largeur du faisceau coronoïdien du rond pronateur :
Dans les races
Dace noire
Race
en général
série
jaune
blanche
Moyenne. .
22 millimètres
Minimum. .
Les maximum forts se trouvent dans la race noire, et le plus faible, dans la race jaune. Le minimum est assez uniforme, excepté le minimum des hommes de la race noire où le chiffre est un peu plus élevé.
En moyenne, la largeur du faisceau coronoïdien du rond pronateur est h son maximum dans la race noire et au minimum dans la race jaune :
Le tendon terminal du rond pronateur apparaît au-dessous de la tète radiale :
Dans les races
Race noire
en
général
série
ÏÏT
Moyenne. .
Maximum .
Minimum .
Race
Race blanche