‹ Observations sur les variations musculaires dans les races humainesChapitre 52 sur 80 · II. - MUSCLES DU TRONC · texte numérisé non relu

II. - MUSCLES DU TRONC

s TERNO - CLÉlDO-M ASTOl DIEN .

Le muscle sterno-cléido-mastoïdien occupe la majeure partie de 1b région latérale du cou dans sa partie supérieure et en bas il se place à la partie antérieure de la région cervicate antérieure.

Il est simple dans sa portion supérieure et bifide inférieurement.

Les insertions supérieures se font : 1° a la moitié antérieure de la face externe de Tapophyse mastoïde; 2<* au bord antérieur de cette apophyse et aux deux tiers externes de la ligne occipitale supérieure de Tos occipital. Les fibres charnues forment un faisceau en apparence, bien uni, mais en réalité facilement séparable en deux faisceaux musculaires presque jusqu'à l'apophyse mastoïde. De ces deux faisceaux, le faisceau superficiel le plus large recouvre le faisceau moins vigoureux; il se termine par un tendon ordinairement très distinct qui se fixe à la face antérieure de la première pièce du sternum, et la portion profonde s'insère à la partie interne de la clavicule dans l'étendue variable et que nous connaîtrons en étudiant les caractères anthropologiques de ce muscle. Il faut ajouter à ces quelques lignes de Tanatomie descriptive que le plus souvent les deux portions du sterno-cléïdo-mastoïdien sont séparées Tune de l'autre par un espace plus ou moins grand. Cet espace est triangulaire et le sommet est tourné en haut, où il marque la séparation naturelle des deux chefs du- sterno-cléido-mastoïdien.

La variation du sterno-cléïdo-mastoïdien tient surtout à la conformation de ce muscle et aux rapports de son voisinage, surtout avec le trapèze.

• Nous avons observé les variations suivantes chez les individus des races de couleur.

Le muscle sterno-cléïdo-mastoïd ien se compose de trois faisceaux; deux antérieurs, qui sont normaux et le troisième qui est postérieur au deux premiers, naît de la clavicule, en dehors de la portion claviculaire ordinaire dans rétendue de 13 millimètres, et plus en dehors sur une bride ligamenteuse qu'on voit au-dessus de la clavicule dans l'étendue de 14 millimètres ; ensuite ce faisceau après avoir formé la partie inférieure du bord postérieur du sterno-mastoïdien, se fusionne infimement avec les autres portions à 58 millimètres au-dessus de la clavicule.

Chez un nègre, nommé Derigny, le sternp-iQ6^stolfdieo faisait un seul

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corps musculaire, car même h ses insertions sternales et claviculaires il formait une seule masse charnue indivise, c'est-à-dire qu'il n'y avait pas en bas deux chefs distincts de ce muscle et, comme conséquence, il n'y avait non plus de tendon sternal individualisé. On n'y voyait qu'un seul plan tendineux sterno-claviculaire non interrompu de 39 millimètres d'étendue.

Chez un autre nègre, le sterno-mastoTdien, se séparait en trois faisceaux musculaires et chaque séparation était marquée nettement par une ligne celluleuse oblique. Le premier faisceau, large dans sa partie moyenne de 25 millimètres et de 13 en bas, se flxait au sternum par un tendon classique; mais, de la partie superficielle et antérieure de ce faisceau partait une bandelette de 7 millimètres de largeur, qui se terminait par un tendon grêle, lequel se fixait au sternum à côté du tendon sternal principal.

Le second faisceau avait 26 millimètres k sa partie moyenne, 24 à son insertion claviculaire, où il se fixait par des fibres tendineuses longues de 12 k 18 millimètres. Enfin le troisième faisceau, de 9 millimètres de largeur à sa partie moyenne, 39 k son insertion à la clavicule, se terminait directement par des fibres musculaires k cet os.

Mais, suivant nous, la conformation du sterno cléïdo-mastoïdien la plus curieuse est celle du nègre Maret. Elle consiste en ceci : A la moitié de la face superficielle du sterno-mastoïdien se détache une mince membrane charnue qui recouvre d'abord les deux chefs normaux du sterno-mastoïdien et arrive k la clavicule; elle glisse sur cet os, passe dans la région pectorale, se fixe sur la partie supérieure de l'aponévrose du grand pectoral et se termine au niveau de la deuxième côte. Cette membrane musculaire est bien détachée de la portion sternale du sterno-mastoïdien et elle n'a aucune connexion avec le muscle peaucier du cou.

Enfin, dans certains cas, le triangle sus-claviculaire ou l'espace compris entre le bord postérieur du sterno-mastoïdien' et le bord antérieur du trapèze est effacé en partie ou en totalité par un large faisceau musculaire qui, de l'os occipital descend k la partie moyenne de la clavicule, et que nous avons nommé cléïdo-occipital. Nous avons observé le plus bel exemple de ce faisceau musculaire chez un Annamite, et nous l'avons décrit avec les détails dans la Revue (T Anthropologie de

On décrit l'indépendance de deux chefs du sterno-mastoïdien, mais on oublie toujours de nous dire si cette indépendance est absolue ou un produit artificiel, car tout le monde habitué aux dissections connaît très bien qu'il est facile d'isoler ces deux chefs, car ilB ne sont

liés entre eux, généralement, que par du tissu cellulaire, qui peut être plus ou moins dense.

Theile, Macalister, et Brugnone ont observé un faisceau anormal du sterno-mastoîdien qui se fixait huv l'angle de la mâchoire inférieure.

Nous avons vu plus haut la portion sternale dédoublée ayant un tendon particulier; cette variété a été observée aussi par M. Gh. Richet. Les tendons de la portion sternale s'entrecroisent quelquefois sur la ligne médiane. Ce môme tendon s'arrête, dans certains cas, au bord supérieur du sternum. D'autre part, Macalister a observé l'absence du faisceau sternal. Nous avons déjà décrit plus haut la fusion complète de deux chefs du sterno-mastoîdien chez un nègre.

Mais il n'a pas signalé d'intersections tendineuses complètes ou incomplètes sur le sterno-mastoîdien. Ces insertions sont placées près de la partie inférieure du muscle.

Enfin Oto décrit un os sésamoïde dans l'épaisseur du tendon d'origine du sterno-mastoîdien.

Anatomie comparée du sle^^no-déido-mastoïdien.

Les mammifères quadrupèdes possèdent le fléchisseur superficiel de la tète ou le muscle sterno-cléïdo-mastoïdien.

11 est indépendant chez les mammifères qui ont une clavicule complète; au contraire, chez ceux qui sont privés de cet os, la partie interne ou plutôt inférieure du sterno-mastoîdien se fusionne avec la partie correspondante du deltoïde, et l'autre portion, ou portion supé^ rieure, se confond avec le muscle trapèze.

Chez les autres mammifères qui possèdent une clavicule rudimentaire, le sterno-mastoîdien a une disposition intermédiaire.

Chez l'ornithorynque, les deux chefs du sterno-mastoîdien sont tout a fait séparés, même à leur insertion occipitale. Le superficiel de ces faisceaux est le plus large. Les deux faisceaux se fixent sur le sternum et sur la clavicule coracoîdienne.

Chez les ^arigues, parmi les marsupiaux, il y a deux cléïdo-mastoîdiens fort petits et minces (Meckel). Ils se fixent sur la partie moyenne de la clavicule, l'un à côté de l'autre. L'interne de ces deux faisceaux s'insère a l'atlas et l'externe à l'apophyse mastoîde, au-dessous du sterno-mastoîdien. Le sterno-mastoîdien est fort; donc, les sari-

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gues ont le sterno-cléïdo-mastoYdien composé de trois faisceaux : deux cléïdo-occipitaux-spinaux et un faisceau mastoïdien très fort.

Dans les édentés, chez les fourmiliers, le sterno-cléïdo-mastoïdien a aussi trois chefs séparés : deux viennent de la clavicule et le troisième du sternum.

Les faisceaax du sterno-cléïdo-mastoïdien sont séparés également chez les tatous. Tous les deux sont forts, surtout le chef sterno-mastoïdien qui prend naissance au tiers antérieur du sternum.

Le sterno-mastoïdien de Taï est puissant; il se fixe en haut par deux languettes distinctes.

Dans les rongeurs, ceux dont la clavicule est incomplète ont le sternocléïdo-mastoïdien indépendant ou fusionné avec la partie inférieure du deltoïde; tel est le cas du cochon d'Inde. Chez le cabiai, le chef cléïdo-mastoïdien est le plus fort.

Au contraire, chez le porc-épic, agouti et paca, les deux chefs du sterno-cléïdo-mastoïdien sont séparés dans toute leur longueur. Le chef cléïdo-mastoïdien est faible et vient de la clavicule osseuse. Tous les deux ont une indépendance parfaite.

Chez les rongeurs à clavicule parfaite, comme castor, hamster, écureuil, marmotte, les sterno-cléïdo-mastoïdiens ont aussi une indépendance complète, c'est-h-dire qu'ils ne se fusionnent ni avec le deltoïde ni avec le trapèze; mais, chez eux, les deux chefs sont confondus dans leur partie antérieure.

En outre, chez la marmotte, le cléïdo-mastoïdien est composé de deux faisceaux.

Dans les suidés, comme daman, pécari et cochon, le sterno -mastoïdien vient de la première pièce du sternum et se fixe par le long tendon k Tapophyse mastoïde (Meckel). U se confond en partie avec le trapèze.

Dans les ruminants, le sterno-cléïdo-mastoïdien du mouton se confond avec le trapèze et avec le grand droit antérieur de la tète. Chez le chameau, le sterno-cléïdo-mastoïdien s'insère k Tapophyse mastoïde et k Tangle de la mâchoire inférieure. En outre, il est réuni k celui du côté opposé par des fibres charnues dans son tiers inférieur (Meckel).

Dans les solipèdes et les pachydermes, le sterno-mastoïdien est long mais faible. Chez le cheval, il se termine sur le bord postérieur de la clavicule.

D'ailleurs, ce muscle est indépendant chez les solipèdes et les ruminants.

Dans les carnassiers, le plus souvent les sterno-mastoïdiens sont se*

TH. GltUD2L\Sltl. — VÀRIÀttÔiSS AtUâCÙL\lRËS DAKS LES RACÉS HUMAINES i&1

parés des cléîdo-mastoïdiens, mais ils se confondent plus ou moins avec le trapèze çt le deltoïde.

Chez la loutre, le sterno-mastoïdien est très fort et s'entrecroise depuis la partie moyenne du cou où ils confondent leurs fibres. Chez rhyène, il y a deux faisceaux sterno- mastoïdiens. L'un de ces faisceaux, à sa partie supérieure, se rend h l'apophyse mastoïde et k l'atlas. Il vient de la première pièce du sternum. L'autre portion naît aussi du sternum, se dédouble dans sa partie inférieure et se termine à l'apophyse mastoïde en s'unissant k la portion précédente. Cette portion est plus faible.

La même disposition du sterno -cléïdo-mastoïdien se voit chez l'ichneumon, d'après Meckel.

Chez l'ours, la partie antérieure du sterno-mastoïdien est confondue avec le bord externe du trapèze.

Chez le blaireau, le sterno-mastoïdien se compose de deux faisceaux Chez le hérisson, il y a deux cléïdo-mastoïdiens tout k fait séparés du sterno-mastoïdien. Les deux chefs du sterno-mastoïdien sont confondus chez la taupe et le corps charnu qui en résulte est très puissant et très large. Chez la chauve-souris, le cléïdo-mastoïdien manque, mais son sterno-mastoïdien est très développé. Le sterno-cléïdo-mastoïdien manque chez le phoque commun, d'après Meckel, il est seulement privé de son chef claviculaire ,d'après Duvernoy.

Parmi les cétacés, chez le dauphin, le sterno-mastoïdien est fort et indépendant.

Chez les makis, les sterno-cléïdo-mastoïdiens sont indépendants ainsi que chez les autres singes, y compris des anthropoïdes. Chez ces derniers, le tendon sternal est long et les deux chefs facilement isolables dans toute leur étendue.

Caractères anthropologiques du sterno-clêido'mastoïdien. Etendue des insertions occipitales.

Dans les races

Race

en général

série

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