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Observations sur quelques nouveaux types du Congo (suite de la page 872)

terminale. Celle-ci peut ne pas être solitaire, et une de ses bractéoles latérales peut présenter dans son aisselle une fleur qui s’arrête généralement de bonne heure dans son évolution. L’androcée est diandre à l’âge adulte, et les deux étamines qui se développent sont les antérieures. Mais il y a aussi, au premier âge de l’anûrocée, deux petits mamelons postérieurs dont le développement ne va pas loin. Les ovules sont longtemps représentés par une masse parenchymateuse homogène. Ils sont déjà anatropes, quand autour de leur sommet organique, dirigé vers le bas, 1 se produit un très court bourrelet circulaire, seul représentant du tégument ovulaire. Quand j’ai insisté sur la fréquence de ces ovules à tégument presque nul ou très incomplet, un imposteur bien connu, qui d’ailleurs n’a jamais rien observé, a prétendu, sans preuves à l’appui, que mes assertions étaient en opposition avec les faits. Yoici déjà un grand groupe de végétaux gamopétales dans lesquels se remarque souvent l'organisation dont il s’agit : à tout âge, le tégument ovulaire est extrêmement réduit. Il y a beaucoup d’autres types analogues auxquels je ferai allusion toutes les fois qu’il sera question d’eux, et je ne manquerai pas alors de plonger dans sa besogne le nez de l’imposteur précité.

M. H. Bâillon. — Observations sur quelques nouveaux types du Congo (suite de la page 872). — Les Podostémacées paraissent n’être pas rares dans les rapides des rivières du Congo. Sans parler d’un Tristicha du Mari, notre attention a été attirée par un Sphærothylax heteromorpha , dont les axes, parfois très longs (plus d’un 1/2 mètre) sont de deux sortes : ou grêles comme un cordonnet et cylindriques, ou à peine canaliculés d’un côté; ou aplatis ou comme fasciés. Dans ce dernier cas, les feuilles et les fleurs s’insèrent sur les deux bords de cette sorte de courroie. Là les feuilles sont inégalement el profondément pinnatifides, à lanières aigues, subulées; et les fleurs, groupées en glomérules, s’insèrent au niveau des feuilles, sur chaque bord de la fronde. Ailleurs, quand l’axe est grêle et subcylindrique, les frondes se portent d’un côté et les fleurs de l’autre, souvent

solitaires, plus rarement disposées en petits groupes. Les frondes sont alors plus courtes, moins profondément divisées et un nombre moindre de fois incisées, avec des divisions généralement plus obtuses. Chaque fleur est d’abord représentée par un petit sac obovoïde, glabre, membraneux ; et l’on voit par transparence le contenu replié sur lui-même, fortement infléchi. C’est une lanière étroite qui se termine par les anthères et le gynécée. Ce sac se déchire bientôt à son sommet obtus, par suite de la pression du genou qui résulte de l’inflexion de la fleur. Finalement l’involucre est partagé en 4, S dents inégales. Le contenu s’allonge jusqu’à 1 cent. 1/2. On voit alors un filet grêle, rectiligne, qui se termine par un ovaire à pied court, et de la base de ce pied qui porte 1, 2 bactéoles filiformes, se dégage latéralement un androcée, sous forme d’un filament unique, puis bifurqué, quelquefois trifurqué.Chaquebranche porte une anthère biloculaire. Les deux loges, parallèles, séparées par un sillon profond, se terminent en bas par une extrémité obtuse, tandis qu’en haut chaque demi-loge proémine sous forme d’un petit cône libre. Il y a un sillon de déhiscence entre les deux demi-loges. Quant à l’ovaire stipité, il a deux loges égales, jusqu’au moment où la cloison se détruit sur les bords et sépare des deux moitiés du péricarpe un épais placenta cylindrique, tout chargé d’ovules. Le style est sessile, avec deux lobes peu distincts, découpés tous deux en languettes courtes et subulées, comme une sorte de houppe. On voit par là ce qui distingue cette plante des Sphærothylax jusqu’ici connus, principalement l’égalité des deux valves du péricarpe et la forme des lobes stylaires ; d’où le nom à’Isothylax dont on fera à volonté un genre ou une section. Mais il faut remarquer que les différences entre les genres admis dans ce groupe des Podostémonées s’atténuent de jour en jour, à i mesure que de nouvelles explorations nous permettent d’analyser un plus grand nombre de types intermédiaires.

11 y en a ici encore un qui unit davantage les Sphærothylax aux Podostemon. Nous l’appelons provisoirement P. Tholloni, car nous ne savons si ses fleurs, dans leur jeune âge, sont infléchies dans l’involucre. Celui-ci nous apparaît

comme un petit sac pyriforme à dents fort inégales. 11 en sort un grand filet grêle qui porte vers le haut 1, 2 bractées linéaires, puis un ovaire stipité et, sur le côté de celui-ci, un autre filet bifurqué en Y ; les branches supportent chacune une enthère oblongue et 2~loculaire. Ici le style est représenté par deux branches linéaires, récurvées. La plante a été récoltée en 1887 (Thollon, n. 825), dans les rapides de Lopé.

M. Thollon a trouvé sur les bords de la rivière Alima (n. 951), une Euphorbe remarquable par les baguettes ramifiées en forme de cornes de cerf, qui s’insèrent en dehors des glandes plates interposées aux sépales :

Euphorbia Cervicornu. — Kami glabri ; ligno molli. Folia aut subsessilia, aut petiolata, elliptico-ovata v. obovata, basi inæqui-angustata, apice breviter acuminata. Flores in cymas terminales dispositi pauci; bracteis membranaceis ovatis v. obovatis. Calyx campanulatus ; sepalis inæqualibus inæquilaceris, 8-nervatis. Glandulæ cum sepalis alternantes inæquales crassæ subpeltalæ, intus rugosæ, extus cornubus 2, 3 inæquifurcatis ; nunc bi-, nunc trifidis auctæ. Squamæ staminibus paucis intermixtæ lineares membranaceæ, apice inæqui-laceræ. Germen aut 0, aut in floribus paucis stipitatum vix exsertum ; styli ramis brevibus ; disco sub germine inæqui-dentato.

Le Monanthotaxis est la seule Anonacée de nous connue qui possède 6 pétales disposés à l’âge adulte sur un seul verticille valvaire. Peut-être y a-t-il au jeune âge 2 co-olles intérieures l’une à l’autre; il n’en est pas ainsi plus tard ; de là, la possibilité d’une estivation valvaire pour les 6 folioles. Le calice est formé de 3 petits sépales triangulaires ; et les pétales, plus grands, ont la même forme. L’androcée est formé de 12 étamines, dont 6 plus grandes superposées aux pétales, et 6 alternes, plus petites, stériles. Le gynécée est formé de nombreux carpelles groupés en cône. Leur ovaire, chargé de poils rigides, renferme un seul ovule ascendant, et il est surmonté d’un épais style conique, plus long que lui. Dans les étamines fertiles, la forme est assez singulière : c’est celle d’un petit clou dont la tête est en dessus coupée obliquement de haut en bas et de

dedans en dehors. Dedans et dehors de cette tête sont les deux loges distinctes de l’anthère, déhiscentes suivant un sillon longitudinal. Le fruit multiple est formé de plusieurs baies ellipsoïdes, à péricarpe charnu et peu épais, que la graine, de même forme, remplit tout entier. Blanchâtre, elle est parcourue de deux sillons longitudinaux médians, et entre eux les cloisons scarieuses qui séparent l’albumen en quartiers aplatis, ont la même forme qu’eux, représentant un quart de circonférence et toutes parallèles entre elles. Leur consistance est scarieuse. Le M. congoensis est un arbuste des bords de l’Ogoûme (Thollon,n. 813.) Ses feuilles distiques sont oblongues-lancéolées. Elles atteignent jusqu’à 20 cent, de long sur 6 de large. Leur base est arrondie, et leur sommet un peu obtus. Glabres dessus, elles ont une nervure médiane et des nervures secondaires obliques, nombreuses, bien saillantes en dessous, finalement brunes. Jeunes, les deux faces sont chargées de poils soyeux et couchés. Les inflorescences, à peu près égales aux feuilles en longueur, sont des grappes simples, à axa grêle, longues d’au moins un décimètre. Il ne grossit guère dans la fructification', et se trouve entraîné en bas par le poids des fruits qui atteignent un cent, et demi dans leur plus grand diamètre.

M. II. Bâillon. — Sur un Lysinema monstreux. — Dans le L. pungens R. Br. ,1a plante cultivée peut offrir des fleurs monstreuses, comme nous en avons rencontré plusieurs fois depuis trente ans.Ces fleurs ont l’air d'un petit rameau.Leur calice etleurcorolle sont normales.il y a aussi cinq ou six étamines portées sur la corolle.L’ovaire est normal aussi; mais ses styles longs et grêles sont divergents, au lieu d’être unis en tube ; et par le sommet béant de l’ovaire, il sort un épais rameau chargé de feuilles semblables à celles de la tige, mais un peu plus rigides.il n'y a pas d’ovules,ni de placentas. On peut dire que ces derniers ont été remplacés par un axe feuillé.Le fait rappelle donc celui que nous avons décrit dans certains Erica (in Adansonia, I, 287) ;mais on connaît aussi notre opinion sur les interprétations morphologiques qu’on peut tirer de l’examen des monstruosités.

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