‹ Occupation et libération du territoire, 1871-1875. CorrespondancesChapitre 12 sur 103 · Voir ccviii · texte numérisé non relu

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Goulard la note désirée par M. de Manteuffel, qui écrira aussitôt à M. Delbrùck,

Pour M. d'Arnim, le général croit être certain que Ton ne pense pas, pour le moment, à lui donner un successeur et que, lui, ne songe nullement à donner sa démission, certain qu'il est de ne pas être replacé à sa convenance s'il quitte son poste actuel. M. de Manteuffel pense ne pas se tromper en attribuant les lenteurs de M. d'Arnim au refroidissement marqué de ses rapports avec le prince de Bismarck. Ce dernier ne se gêne nullement pour dire qu'il n'a pas rencontré chez l'ambassadeur à Paris les qualités qu'il attendait de lui, et, un soir que le comte Orloff et le général de Manteuffel dînaient chez lui en petit comité, le chancelier a dit tout haut devant eux : « Voilà quinze jours que cet Arnim me demande une audience; il faut pourtant que je finisse par la lui donner. »

J'ai cherché à m'enquérir des causes qui avaient amené le changement des dispositions de M. de Bismarck envers M. d'Arnim; le général a entendu donner plusieurs motifs qu'il ne veut dire, comme tout ce qui précède d'ailleurs, que sous le sceau du secret : le chancelier serait mécontent des rapports de M. d'Arnim, le trouverait trop souvent inexactement informé, serait fatigué de ses craintes et de ses plaintes, l'accuserait de n'avoir pas su se tirer avec adresse des difficultés, au point de vue du monde, de sa situation à Paris. Ensuite les voyageurs prussiens et surtout les officiers de l'armée qui vont à Paris se plaindraient de ne jamais recevoir l'hospitalité de la table de M. d'Arnim. Enfin, lim

de ses secrétaires, qui ne l'aime pas, M. de Holstein, est aujourd'hui l'un des favoris du prince, l'a même accompagné dernièrement à Varzin, et son langage dans ce séjour n'aurait pas été favorable à l'ambassadeur.

En résumé, M. de Manteuffel croit que M. d'Arnim va retourner à Paris et qu'il y sera maintenu jusqu'à la fin de l'occupation pour être remplacé ensuite par un plus grand personnage. Jusque-là, dit-il, je pense qu'il gardera sa place, grâce surtout à sa femme très appréciée à la Cour. Le retard apporté à son retour n'aurait aucune cause politique, mais seulement les motifs que je viens d'indiquer.

Veuillez agréer, etc.

S^-Vallier.

M. LE GENERAL DE MANTEUFFEL A M. LE COMTE DE SAINT-VALLIER

Nancy, le 24 septembre 1872.

Excellence,

Je viens de recevoir votre billet de ce matin par lequel vous m'envoyez la lettre de M. le Président^.

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