VAGUES FORCÉES
Nous avons vu que la profondeur de l’eau n’a pas d'influence immédiate sur la hauteur des vagues; en revanche, les interférences augmentent cette hauteur. Or, comme les interférences se font surtout sentir au voisinage des côtes, dans les espaces resserrés tels que les golfes ou les baies, c’est à elles et non à la diminution de la profondeur qu'il faut alors attribuer l'augmentation de hauteur très réelie des vagues. La situation géographique et topographique de la localité exerce encore une influence considérable. Ainsi, un vent très violent n’agitera que peu les flots protégés par une côte élevée située au-dessus du vent et qu'un vent faible pourra, sur la même côte, les agiter fortement et leur donner une grande hauteur, s’il souffle du côté opposé et après avoir balayé un large espace de mer. Dans les vastes océans, les vagues sont longues ; elles ont, en outre, leurs crêtes parallèles et s'étendant en lignes à peu près droites sur de longs espaces; en d’autres termes, elles sont larges. Au contraire, dans les mers plus petites, les vagues sont courtes.
Le congrès de météorologie, qui s’est tenu à Londres en 1874, a conseillé l’emploi de l'échelle internationale suivante pour définir l'état de la mer.
Hauteur des vagues.
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D’après Pâris, la vitesse des vagues atteint généralement 11 à 12,5 m par seconde, c’est-à-dire 21 à 24 milles à l'heure; c’est à peu près ce qui a été mesuré par M. Buchanan, près de l’Ascension, à bord du Sivertown, par mauvais temps. Dans la région des alizés de l’Atlantique sud, Pâris a trouvé une moyenne de 14 m par seconde, soit 27 milles à l'heure, vitesse qui dépasse celle du vent qui, dans ces mêmes régions, est en moyenne d'environ 10 m à la seconde. Il fixe, dans un océan ouvert, la longueur ordinaire des lames
entre 60 et 140 m, quoiqu'elle soit le plus souvent comprise entre 90 et 100 m, la vitesse entre 41 et 15 m par seconde, c'est-à-dire entre 20 et 30 milles à l’heure et la période de 6 à 10 secondes.
Ross dit avoir trouvé pour des vagues de houle venant du S. W. le 49 février 1840, à l’ouest du cap de Bonne-Espérance, une vitesse de 17 milles à l'heure, soit 40 m par seconde, avec une hauteur de 7 m et une longueur de 580 m.
L'amiral Mottez a mesuré dans l'Atlantique, un peu au nord de l'équateur, par 80° long. W. environ, une houle de 25 secondes de période, 824 m de longueur, soit une vitesse de 35,8 m par seconde ou 70 milles à l'heure.
Pâris a figuré à une même échelle (fig. 26) le profil des vagues moyennes dans la région des alizés de l’Atlantique nord (2k—2 m) I; dans la mer des Indes (24—92,8 m) Il; dans le Pacifique ouest @h=3;,1m) Il; dans la région des vents d'ouest, dans l'Atlantique
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sud (2h — 4 m) IV, et enfin dans la mer de Chine V. Sur les quatre premiers profils, le rapport entre la hauteur des vagues et leur longueur est de 1/35 environ ; dans la mer de Chine, les lames sont plus courtes, car leur hauteur moyenne étant de 3,2 m et leur longueur de 79 m, le rapport est de 1/25. On a de très grandes longueurs de vagues dans les latitudes méridionales. Le commandant Chüden, du Nautilus, a trouvé en octobre 1879, au S. W. de PAustralie, par fort coup de vent de W.N. W. des vagues de 10 à 11 m de hauteur sur 800 à 400 m de longueur.
Pâris a résumé dans un tableau pour divers océans, la vitesse, la longueur et la période de vagues telles qu’elles résultent de l’observation directe ou de l'application des formules :