PRESSION DES VAGUES
et, lorsqu'elles sont brusquement arrêtées par un haut-fond, elles remontent et se font sentir à la surface de l’eau en donnant lieu à une poussée verticale assez violente pour faire couler à pic les petits bâtiments, tels que les barques de pêche, qui se trouvent au-dessus du haut-fond. Une personne assise dans une baïgnoire reproduit cet effet au moyen d'un brusque mouvement de la main profondément immergée ; elle provoque alors une vague dont on perçoit la marche le long du corps et qui apparaît à la surface après qu’elle a remonté le long du buste. Les lames de fond sont très dangereuses ; elles n’ont lieu que sur les hauts-fonds, endroits plus poissonneux et, pour ce motif, particulièrement fréquentés par les pêcheurs. On suppose qu’elles sont dues à des secousses de tremblements de terre ou de mer. Pour être fixé à ce sujet, il conviendrait de savoir le point d’où elles viennent et vérifier si ce point est toujours le même pour un même lieu.
On donne encore le nom de lames de fond à des lames isolées qui se rencontrent en pleine mer; elles sont très probablement aussi de nature séismique.
Pression exercée par les vagues. — La puissance d’une vague se précipitant contre un obstacle immobile est évidemment variable avec la dimension de cette vague, sa vitesse et avec la profondeur, puisque le mouvement des molécules liquides diminue très rapidement à mesure qu'on s'éloigne davantage de la surface. On devra donc la mesurer directement dans chaque localité. L’ingénieur Thomas Stevenson s’est servi dans ce but d’un dynamomètre spécial.
L'appareil qu’on expose horizontalement au choc des vagues se compose d'un disque métallique supporté par quatre tiges perpendiculaires qui s’enfoncent plus ou moins dans l’intérieur d’un cylindre creux en comprimant un très fort ressort à boudin (fig. 30). Le changement de longueur de ce ressort déplace des rondelles de cuir enfilées à intervalles le long d’une tige fixe. Après l'expérience, on ramène avec une presse hydraulique le ressort à occuper la même position qu’au moment où 1l touchait la dernière rondelle déplacée, et l'on connaît ainsi la compression exercée par la vague. L'appareil est solidement installé à marée basse dans une chambre pratiquée dans un rocher.
Stevenson a expérimenté avec cet appareil dès Pannée 1843; il a
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constaté, ainsi qu'on pouvait s’y attendre, que la force des vagues était en moyenne au moins trois fois plus considérable en hiver qu'en été. A Skerryvore, où l’on a employé simultanément deux
appareils, l’un à la surface, le second à 12 m en avant vers la haute mer et à quelques pieds de profondeur, on a observé que la pression indiquée par ce dernier n’était que la moitié de celle enregistrée par le premier. 6
Sur divers points de la côte d'Écosse, Stevenson a trouvé les valeurs suivantes en tonnes de 1000 kilog et par mètre carré :
Mètres PharetderSkerevvore (COL ONESI) Le Ne 29,7 Biare debellioc COLE est) PR RS 14,7 DTA AGO CRE A) EP RAP SEA UNS 34,2
La mer a parfois une puissance effroyable. On a vu un bloc de gneiss pesant 7500 kilog déplacé horizontalement de 22 m : d’autres pesant de 6 à 13 tonnes ont été portés à un niveau supérieur de 20 m à celui qu'ils occupaient -primitivement. A Wick, sur la mer du Nord, un bloc de 1350 tonnes a été jeté à une distance de 10 à
Aion