DISTRIBUTION DES COURANTS A LA SURFACE DU GLOBE
gements près, les conditions climatériques s’équilibrent alternativement pendant l’un et l’autre semestre; on arrivera encore à une moyenne artificielle presque semblable sur les deux cartes, et les difiérences dont l’ensemble constitue la loi du phénomène, au lieu d’apparaître, s’atténuent toujours davantage. La seule unité à adopter est le mois, peut-être la quinzaine quoiqu'une unité aussi petite aurait facilement le défaut inverse et les lois risqueraient de disparaitre dissimulées sous des faits accidentels. Le mois a été choisi comme unité de temps dans la belle publication des Pilot-Charts de l'Atlantique Nord par le Bureau hydrographique de Washington.
La distribution générale des courants marins dans l’un quelconque des grands océans du globe peut être figurée schématiquement (fig. 61). | Chaque hémisphère contient deux circuits complets, le premier entre l'équateur et le 508 parallèle environ, le second du 50 parallèle jusqu’à l'extrême nord.
L'hémisphère sud présente une circulation symétrique et, conformément aux lois connues du choc des courants contre les obstacles, les deux courants équatoriaux parallèles et de même sens sont séparés par un courant de sens inverse.
Les courants du globe sont plus chauds ou plus froids que les eaux environnantes et cette différence de température plutôt que la température même leur à fait donner le nom de courants chauds et de courants froids. Elle résulte du trajet accompli par l'eau passant de régions chaudes dans des régions froides ou inversement.
Chaque circuit à son centre occupé par une région de calme.
Les courants sont loin d'avoir des contours aussi nettement délimités que le figurent les cartes toujours forcément plus ou moins schématiques et qui d’ailleurs n'expriment que des moyennes. Leur régularité est sans cesse troublée par une foule d'accidents locaux tels que les vents, les vagues, la houle ou la pluie.
Comme nous ne voyons aucune différence entre les courants ordi-
Fig. 61.
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naires et Les courants dits de dérive, nous ne parlerons pas di ces derniers dans notre description succincte de la circulation océanique.
Dans l'Atlantique, le courant équatorial nord et le courant équa-
S torial méridional se dirigent de l’est à l’ouest, de l'Afrique à la mer.
des Caraibes avec une vitesse de 24 kilom pour le premier et de 30 kilom pour le second, par jour. Entre les deux, le courant de Guinée marche avec la vitesse moyenne de 28 kilom ‘en sens opposé. "
Au cap San Roque, commence le courant du Brésil, suivant la direction nord-sud, continué par le courant froid polaire de Pouest à l’est et par le courant de Benguela, remontant du sud au nord la côte occidentale d'Afrique. Ce circuit est pénétré comme par un coin
par le courant froid des Falkland qui longe la côte du Brésil jus-
qu'au-dessus de l'embouchure de la Plata.
Le principal courant de l'hémisphère septentrional et Le plus étu-
dié des courants du globe est le Gulf Stream qui sort du golfe du
Mexique et s'étend jusqu'aux côtes européennes et à la mer de’ Barentz. On désigne aussi la portion comprise entre la Floride et les
bancs de Terre-Neuve, où le mouvement très rapide des eaux se fait
sentir en profondeur, sous le nom de courant de la Floride et alors on réserve celui de Gulf Stream au courant dû au mouvement superficiel des eaux réduites en nappe sans épaisseur après la rencontre du courant du Labrador au S. E. de l’île de Terre-Neuve et du courant de Cabot, entre Terre-Neuve et le Cap Breton.
La largeur du courant de la Floride oscille entre 90 et 190 kilom, sa profondeur varie entre 800 m au détroit de la Floride et 183 au nord des Bermudes ; sa vitesse moyenne est de 111 Kilom, par r jours Transformé en Gulf Stream, 1l gagne les Acores, descend du nord au
sud la côte d'Afrique, et l’intérieur de son circuit est occupé par que, pé par.
La branche du Gulf-Stream qui pénètre dans l’océan du Nord s
l’espace calme de la mer des Sargasses. ÿ
bien étudié par M. Mohn, y décrit d’un mouvement inverse un cir-.
Le cuit autour d’un centre situé à peu près à égale distance de la côte
de Norvège, de l'Islande et de l’île Jan Mayen. Le courant du Groënland descend du pôle, franchit le détroit du Danemark, contourne le cap Farewell, d'où, accompagné par une branche secondaire du Gulf-Stream venant du sud, il suit la côte occidentale du Groënland
LS
du sud au nord, le long des côtes ouest d'Australie, la branche sep-
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et redescend la mer de Baffin sous le nom de courant du Labrador. Ce dernier côtoie l'Amérique entre la terre et le courant de la Floride dont il est séparé par une très étroite zone immobile, le*co/ wall, où muraille froide, et ne disparait que vers le sud du cap Hatteras. #
Il semblerait résulter des recherches ‘ faites par le Grampus, de |
la marine des États-Unis en 1889, que le courant du Labrador acculé
après le cap Hatteras entre la terre et le courant de la Floride sor- .
tant du canal de Bahama, se déverserait latéralement en profondeur et passerait en nappe au-dessous de celui-ci pour aller se perdre dans le centre de l’Atlantique.
Le Pacifique offre, dans ses traits principaux, la répétition de la circulation de l'Atlantique. On y trouve un courant équatorial sep-
tentrional et un courant équatorial méridional marchant de l’est à
l’ouest et séparés par un contre-courant équatorial de l’ouest à l’est. La branche nord, dans son trajet, suit les côtes du Japon sous le de Kuro-Sivo ou fleuve noir à cause de la couleur foncée de ses x, et celles d'Amérique sous celui de courant de Californie avec
des dérivations encore insuffisamment connues dans la mer
d'Okhotsk, la mer de Behring et l’espace compris entre les iles Aléoutiennes et Alaska. La branche sud achève son circuit par les”
- courants froids du cap Horn et du Pérou.
On remarque combien la cireulation des courants à la surface de l'Océan se relie étroitement au régime régulier des vents.
Dans l'océan Indien, les moussons apportent un changement semestriel très net dans la marche des courants?. On retrouve du reste dans cet océan la disposition habituelle de deux courants équaloriaux, à la latitude de 12 S environ. Mais tandis que, toute l’année duvant, la portion sud descend du nord au sud la côte orientale d'Afrique sous le nom de courant des Aiguilles et la côte de Madagascar sous le nom de courant de Madagascar pour remonter froid,
tentrionale pendant la mousson du N.-E. parcourt le golfe du Ben- Ms. "4 Fe
1 J. Thoulet. La campagne scientifique du schooner des États-Unis « Grampus » en 1889. Bulletin de la Société de géographie, X, 138, 1890,
? Indischer Ozean, ein Atlas von 35 Karten, die physikalischen Verhältnisse und die Verkehrs-Strassen darstellend, Deutsche Seewarte; Hamburg, L. Friederiehsen et Co,
gale d’un mouvement inverse, change de sens pendant la mousson de S.-W. et accomplit alors le même trajet d’un mouvement direct.
Dans la mer de Chine. le courant influencé par les MOUSSONS présente un changement de sens analogue. 4: Fr
La mer des Sargasses. — La mer des Sargasses, son existence son étendue, les variations de ses limites, la nature, le mode de vég gé- rà tation, l’origine des plantes marines dont la présence la -caracté- | rise, ont fait l’objet d’un grand nombre de travaux et donné lieu à de nombreuses controverses. M. O0. Krümmel” s’est livré récemment à l'étude de la question et l’a complètement élucidée après un examen sur place auquel il a pu se livrer pendant l'expédition du Plankton, en 1889, dont il faisait partie.
Si l’on dépouille par carrés de 5 degrés pour la région comprise entre l’Amérique, Terre-Neuve, les Açores, Madère, les Canaries, les EUR iles du cap Vert et l’île Trinidad, les livres de bord des # navires qui. un ont parcouru cetespace en un même mois, on reconnaît que s d’entre … eux ont noté la rencontre de sargasses. La probabilité de rencontre
de ces plantes et par conséquent leur quantité, sera représentée pour $ ‘he , 1 mois par la valeur » — 7 Pour une période trimestrielle ou Sal a
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et pour une année par A=T(T en |
Ce travail étant exécuté a permis de tracer par saison et par année 44. les aires d'égale abondance des sargasses, c’est-à-dire d’égal nombre + de fois où l’on a chance de trouver des sargasses sur 100 voyages; elles sont limitées par des courbes dites isophycodes qui, sur la carte de M. Krümmel (fig. 62) circonscrivent respectivement des aires d'égale probabilité comprises entre 0,3 à 1, 1 à 5, 5 à 10, et audessus de 10 pour cent. ÿ,
1 O0. Krümmel. Die QPertanteene, Sargassosee, Petermanns Mitteilungen, XXXVIL, . 129, 1891.
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| Le plus où m ntes k flottantes apparten nt aux “nent à latifolium ! et obtusatum, tous les quatre ide ue à S vulgares * Les sargasses croissent sur les côtes américaines. dep Cod, sur les Bahama, les Antilles baigné mer des Caraïbes jusqu’ île Trini tad. Leur habitat e des hachures verticales. \rrachés aux rochers par les es, dant les gros temps, ils sont entrainés par les courants € prinipas À + lement par celui de la Floride où Gu d Stream. Ils glissent ie, “fe F nte extérieure qui, ainsi que M. Thoulet! l’a indiqué, descend ‘cement vers le centre de l'Atlantique et s'accumulent sur l'esp plus bas, dépourvu de courant, au centre du cercle de cire ; 10 se confondant presque avec l'aire des calmes pendant l'été, tracée M. 2 en pointillé sur la carte. La véritable mer des Sargasses, bornée > par $ «À no de 10 pos sure environ 4,44 millions de kilomètres
TU
4 % ” saisons. Elles done onde à peu près à Wie de bancs de fu éd “observés par Humboldt et représentés sur la carte par des de, chures horizontales. | Pendant leur voyage, accompli avec une vitesse variable peut dépasser une année, les sargasses continuent à à végéter bien qu e ARTE de mauvaises conditions, car le courant charrie en même te HS e la plante l'enveloppe d’eau qui l'entoure et qui est bientôt épis 1e |
ses éléments nutritifs. Cette plante se trouve dans un état pré ea qui explique la rareté de ses fructifications.
re La limite des sargasses se trouve au S.-W. des Acores. Une pl #k supposée arrachée aux Bahama, met environ six mois à y pat en passant par le cap Hatteras. Les sargasses finissent de la we :& facon : les bryozoaires incrustent leurs vésicules de Sans calca
qui les alourdissent et les font sombrer.
7 Bien qu’on trouve des plantes flottantes dans les divers 0€ principalement dans le centre des circuits de courants, nulle art LE les conditions ne sont plus favorables à leur agg ns ation ges.
! J. Thoulet. Observations sur le Gulf Stream et sur la Go de la densité di de mer; considérations générales sur le régime des courants marins qui entoure de Terre-Neuve. Annales de chimie et de physique, 4888.