INFLUENCE DES PARTICULES
température 2n situ avec un thermomètre plongeur et, comme la température de l’eau au moment de la mesure sera forcément différente, on cherchera à rendre cette différence aussi faible que possible en recueillant l’eau avec une bouteille d'Ekmann entourée de matière mauvaise conductrice de la chaleur, en opérant rapidement et immédiatement après la récolte, puis en faisant, par le calcul, la
réduction inévitable de S4 à Sy. on fera, en outre, la correction rela- — 4 4
tive à la pression. On n’oubliera pas que le problème proposé est de connaître exactement le nombre de grammes et de fractions de grammes que pèserait, sur une balance, 1 litre d’eau in situ au moment de l’expérience. Peut-être, au moyen de flotteurs, parviendra-t-on un jour à évaluer la densité par des phénomènes s’accomplissant dans la profondeur même des couches marines et possibles à constater ensuite à la surface. Aucune tentative n'a été faite jusqu’à présent dans cet ordre d'idées.
Influence des particules en suspension sur la densité de l’eau. — M. Forel, en cherchant à expliquer la genèse du ravin lacustre existant au débouché d’un fleuve dans un lac et, en particulier, celui du Rhône dans le lac Léman, et du Rhin dans le lac de Constance, a démontré que les particules solides en suspension dans l’eau avaient une influence importante sur la densité de celle-ci !.
Un aréomètre plongé dans une eau iimpide émerge d’une certaine quantité lorsqu'on agite les sédiments qui au début reposaient sur le fond de l’éprouvette. Une sphère de verre lestée de plomb suspendue sous une balance hydrostatique pèse moins dans l’eau trouble que dans l’eau limpide, quoiqu'un vase plein d’eau chargée d’alluvion et placé sur une balance pèse exactement le même poids, soit que l’alluvion repose au fond du vase, soit qu’on la mette en suspension par l'agitation.
Leibnitz avait déjà mis un flotteur dans un vase rempli d’eau déposé sur une balance et suspendu sous celui-ci une balle de plomb en équilibre avec des poids ; il coupait alors le fil et laissait tomber
4 F.-A. Forel, Le ravin sous-lacustre du Rhône dans le lac Léman, Bulletin de la Société Vaudoise des Sciences naturelles, t. XXIII, 4887.
la balle à travers l’eau. Pendant tout le temps de la chute, la balance s’inclinait et montrait que le poids total du vase, de l’eau et du plomb, s'était allégé; l’équilibre ne se rétablissait qu'au moment où la balle reposait sur le fond du vase. Ces résultats différents de ceux de M. Forel, ont été attribués par le savant professeur à la différence existant dans le caractère du mouvement dans le cas de la balle et dans celui des sédiments.
Pour le démontrer, on place sur une balance une longue éprouvette pleine d’eau. On dépose sur le même plateau une boule de cire alourdie avec du plomb jusqu’à lui donner une densité légèrement supérieure à celle de l’eau; on équilibre exactement avec des poids, puis on jette dans Peau la boule de cire qui descend lentement à cause de sa faible densité et qui, au lieu du mouvement accéléré de la balle de plomb de Leibnitz, ne tarde pas à prendre un mouvement uniforme. Au même moment, la balance qui avait fléchi pendant qu’on soutenait la boule de cire se remet en équilibre longtemps avant que le solide ait atteint le fond du vase. On peut varier cette expérience en employant au lieu d’une boule de cire de faible densité, une sphère lourde dont le diamètre atteint presque le diamètre intérieur de léprouvette. Dans sa chute à travers l’eau, la sphère lourde refoule l’eau située au-dessous d'elle, et la fait passer au-dessus d'elle en la forçant dans l’espace annulaire libre, très étroit, voisin des parois de l’éprouvette. La chute est ainsi très ralentie et le mou vement de la boule devient uniforme. Dans ces conditions aussi l'équilibre de la balance est immédiatement rétabli.
M. le Dr A.-A. Odin a traité la question par voie mathématique en cherchant à savoir, lorsqu'un corps tombe verticalement dans un liquide, quelle est à un moment donné la pression exercée par ce corps sur le fond du vase ou sur une paroi horizontale quelconque du liquide. Si G est le corps solide, m sa masse, P son poids, v sa vitesse de haut en bas, r la résistance du liquide produite par des forces résultant soit de la pression des molécules du liquide les unes sur les autres, soit de leur frottement, { représentant le temps à partir du moment où C commence à se mouvoir, c’est-à-dire quand v = 0, l'équation du mouvement du corps G est :
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