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ABSORPTION DE LA LUMIÈRE

le spectre. Comme le rouge et le violet y sont moins intenses que le jaune, ils seront absorbés avant lui. Il en résulte que la dernière couleur perceptible à travers une couche d’eau augmentant de plus en plus d'épaisseur, sera le jaune. L’épaisseur augmentant davantage encore, le jaune lui-même disparaîtra et le liquide deviendra opaque, c’est-à-dire noir. Si l’on pouvait examiner sur une longueur suffisante de l’eau, même chimiquement pure, elle finirait par paraître absolument noire.

Pour étudier le phénomène de plus près, on examine le spectre d'absorption de l'eau. Dans ce but, MM. J.-L. Soret et Ed. Sarasin! ont disposé entre une source lumineuse, lampe à gaz ou limière solaire réfléchie par un héliostat et un spectroscope, un ou plusieurs tubes longs de 1,10 m et remplis d’eau. Ils ont vu que l'absorption allait en diminuant avec la réfrangibilité des rayons lumineux, de sorte que, sous une épaisseur suffisante, les rayons rouges et orangés sont très affaiblis ou éteints. M. Boas*, en prenant comme unité une épaisseur de 4 em a obtenu pour les coefficients d'absorption des diverses couleurs : |

Bounle:rotiée:t -niamumn tent os 0,9966 Pourile annee tn ue 0,99745 Pour le bleu ...... EMA LE 0,9986

Comme, lorsque l'épaisseur d'eau varie en progression arithmétique, l'absorption varie en progression géométrique dont la raison est différente suivant la réfrangibilité des rayons, il en résulte que la couleur de l’eau par transmission ne peut pas conserver exactement le même ton, quelle que soit la longueur de la colonne traversée par

la lumière.

En outre, l'absorption n’est pas continue. On remarque dans l'orangé, près de la raie D, une bande obscure commençant à apparaître nettement quand l'épaisseur d’eau atteint 2 m et qui existe aussi dans l’eau de mer. Il y en a probablement une autre coïncidant avec la raie C dans l’orangé. M. Vogel*, en observant au spectro-

1 J.-L. Soret, sur la couleur de l’eau, Mémoires de la Société de physique et d’histoire naturelle de Genève, t. XXIX, n° 40, 4887, et J.-L. Soret et Ed. Sarasin, sur le spectre d'absorption de l’eau, Comptes rendus Acad. sciences, mars 1884.

? Boas, Beiblätter, 4881, t. V, p. 797.

* H, W. Vogel, Praktische Spectralanalyse, p. 253.

scope la lumière de la grotte de Capri, a vu dans le vert, entre E et T, une bande reconnue également par M. Tacchini, ainsi qu’un renforcement de la raie F dans le bleu.

MM. J.-L. Soret et Sarasin ont trouvé que la limite du spectre, du côté le moins réfrangible, se rapproche lentement de l’orangé à mesure que l’on opère sur des épaisseurs de plus en plus grandes, et qu'il se manifeste une pénombre prononcée s'étendant jusqu'à la raie C.

Les effets de l'absorption sont exagérés, d’après M. Spring, si l'eau contient des corps étrangers incolores, soit solides, soit liquides en dissolution. Pour des sels, l’effet dépend moins de la quantité dissoute que du voisinage où se trouve le sel de son point de solidification. En d’autres termes, de petites quantités d’un sel peu soluble donnent à une même épaisseur d’eau une teinte plus jaune que de grandes quantités d’un sel plus soluble. MM. J.-L. Soret et Sarasin ne sont point de cet avis.

Les recherches de Wild * ont montré que la température possède une influence sur l'absorption de la lumière et que plus l’eau est chaude et plus elle absorbe une forte fraction de la lumière, de sorte que l’eau froide est plus transparente que l’eau chaude. Il a trouvé expérimentalement que, pour l’eau distillée filtrée sur du papier, les coefficients de transparence, c’est-à-dire les fractions de lumière incidente traversant l’unité de longueur {0,1 m), étaient :

OO Aa a 0,91790 Are RCA A EER ain 0,93968 GONG Le AU A ou ae 0,94769

En d’autres termes, l'absorption serait à peu près de 2 rayons sur 1000 pour 4° d'élévation de température et par décimètre d'épaisseur d’eau.

Particules infiniment petites en suspension. — L'action des particules solides infiniment petites en suspension dans l’eau a été étudiée d’abord par Tyndall. L'illustre physicien anglais attribue le bleu du ciel à d'innombrables bulles de vapeur d’eau flottant dans l'atmosphère et qui, par suite de leur infinie petitesse, ne sont sus-

? H. Wild, Ueber die Lichtabsorption der Luft, Poggen, Ann , CXXXIV, 589, 4858.

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