‹ Odes et ballades (volume 2)Chapitre 150 sur 216 · MON ENFANCE · texte numérisé non relu

MON ENFANCE

Voilà que tout cela est passe.... Mon enfance n'est plus; elle est morte, pour ainsi dire, quoique je vive encore.

Saint Augustin, Confessions.

J'ai des rêves de guerre en mon âme inquiète; J'aurais été soldat, si je n ? étais poète.

Ne vous étonnez point que j'aime les guerriers! Souvent, pleurant sur eux, dans ma douleur muette, J'ai trouvé leur cyprès plus beau que nos lauriers.

Enfant, sur un tambour ma crèche fut posée.

. Dans un casque pour moi l'eau sainte fut puisée. Un soldat, m'ombrageant d'un belliqueux faisceau, De quelque vieux lambeau d'une bannière usée Fit les langes de mon berceau.

Parmi les chars poudreux , les armes éclatantes , Une muse des camps m'emporta sous les tentes ; Je dormis sur l'affût des canons meurtriers ; J'aimai les fiers coursiers , aux crinières flottantes , Et l'éperon froissant les rauques étriers.

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