LIVRE V, ODE XIII
Qu'il soit le mot sacré qu'au fon;l du sanctuaire Redit toujours la uu*me voix.!
mes amis ! avant qu'en paroles de flamme ,
Ma muse, égarant son es>or, Ose aux noms profanés qu'un vain orgueil proclame , Mêler ce chaste nom , que l'amour dans mon âme
A caché, comme un saint trésor,
Il faudra que le chant de mes hymnes fidèles Soit comme un de ces chants qu'on écoute à genoux; Et que l'air soit ému de leurs voix solennelles , Comme si, secouant ses invisibles ailes , Un ange passait près de nous !
ACTIONS -DE GRACES
ODE QUATORZIEME
ACTIONS DE GRACES
Ceux qui auront semé dans les larmes moissonneront dans l'allégresse.
Ps. cxxv, v. 6.
Vous avez dans le port poussé ma voile errante; Ma tige a refleuri de sève et de verdeur; Seigneur, je vous bénis ! de ma lampe mourante Votre souffle vivant rallume la splendeur.
Surpris par l'ouragan comme un aiglon sans ailes , Qui tombe du grand chêne au pied de l'arbrisseau , Faible enfant du malheur j'ai su les lois cruelles. L'orage m'assaillit voguant dans mon berceau.
Oui , la vie a pour moi commencé dès l'enfance, Quoique le ciel jamais n'ait foudroyé de fleurs, Et qu'il ne veuille pas qu'un être sans défense Mêle à ses premiers jours l'amertume des pleurs.
La jeunesse en riant m'apporta ses mensonges ,
Son avenir de gloire , et d'amour, et d'orgueil ;
Mais quand mon cœur brûlant poursuivait ces beaux songes,
Hélas ! je m'éveillai dans la nuit d'un cercueil.