‹ Odes et ballades (volume 2)Chapitre 37 sur 216 · LA VOIX · texte numérisé non relu

LA VOIX

« Déjà du Livre séculaire

La page a dix-sept fois tourné;

Le gouffre attend que ma colère

Te pardonne ou t'ait condamné I

Approche : — je tiens la balance :

Te voilà nu dans ma présence,

Siècle innnocent ou criminel.

Faut-il que ton souvenir meure ?

Réponds , un siècle est comme une heure

Devant mon regard éternel.

LE SIECLE

« J'ai, dans mes pensers magnanimes ,

Tout divisé, tout réuni;

J'ai soumis à mes lois sublimes

Et l'Immuable et l'Infini;

J'ai pesé tes volontés mêmes....

la voix.

« Fantôme , arrête ! tes blasphèmes Troublent mes Saints d un juste effroi ; Sors de ton orgueilleuse ivresse ; Doute aujourd'hui de ta sagesse , Car tu ne peux douter de moi.

« Fier de tes aveugles sciences, N'as-tu pas ri, dans tes clameurs , Et de mon être et des croyances Qui gardent les lois et les moeurs ?

De la mort souillant le mystère , N'as-tu pas effrayé la terre D'un crime aux humains inconnus?

♦ Des rois, avant les temps célestes, N'as-tu pas réveillé les restes ?

LE SIÈCLE

« O Dieu ! votre jour est venu !

la voix, a Pleure, ô Siècle! D'abord timide, L'erreur grandit comme un géant; L'athée invite au régicide :

Le chaos est fils du néant.

J'aimais une terre lointaine; Un roi bon, une belle reine Conduisaient son peuple joyeux; Je bénissais leurs jours augustes; Réponds : qu'as-tu fait de ces justes?

le siècle.

« Seigneur ! je les vois dans vos cieux.

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