LIVRE IJI, ODE VI
Pour que Buonaparte y pût naître , Et Napoléon y mourir !
« — Là fut son berceau ! — Là sa tombe l »
Pour les siècles c'en est assez.
Ces mots, qu'un monde naisse ou tombe,
Ne seront jamais effacés.
Sur ces Iles, à l'aspect sombre,
Viendront, à l'appel de son ombre,
Tous les peuples de l'avenir ;
Les foudres qui frappent leurs crêtes ,
Et leurs écueils , et leurs tempêtes ,
Ne sont plus que son souvenir!
Loin de nos rives, ébranlées Par les orages de son sort , Sur ces deux Iles isolées Dieu mit sa naissance et sa mort; Afin qu'il pût venir au monde Sans qu'une secousse profonde Annonçât son premier moment ; Et que sur son lit militaire , Enfin , sans remuer la terre , Il pût expirer doucement !