‹ Odes et ballades (volume 3)Chapitre 50 sur 142 · LA LYRE · texte numérisé non relu

LA LYRE

Aime ! Eros règne à Gnide, à l'Olympe, au Tartare.

Son flambeau de Sestos allume le doux phare;

11 consume Ilion par la main de Paris.

Toi, fuis de belle en belle, et change avec leurs charmes.

L'Amour n'enfante que des larmes ;

Les Amours sont frères des Ris !

LA HARPE

L'Amour dmn défend de la Haine infernale.

Cherche pour ton cœur pur une âme virginale ;

Chéris-la; Jéhovah chérissait Israël.

Deux êtres que dans l'ombre unit un saint mystère»

Passent en s'aioiant sur la terre ,

Comme deux exilés du ciel !

Jouis! c'est au fleuve des ombres

Que va le fleuve des vivants.

Le sage , s'il a des jours sombres ,

Les laisse aux dieux, les jette aux vent*.

Enfin , comme un pâle convive ,

Quand la mort imprévue arrive ,

De sa couche il lui tend la main ;

Et, riant de ce qu'il ignore,

S'endort dans la nuit sans aurore ,

En rêvant un doux lendemain !

LA HARPE

Soutiens ton frère qui chancelle, Pleure si tu le vois souffrir : Veille avec soin, prie avec zèle, Vis en songeant qu'il faut mourir.

Le pécheur croit , lorsqu'il succombe, Que le néant est dans la tombe , Comme il est dans la volupté; Mais quand l'ange impur le réclame , H s'épouvante d'être une Ame, Et frémit de l'Éternité !

Le poète écoutait , à peine à son aurore , Ces deux lointaines voix qui descendaient du ciel ; Et plus tard il osa parfois, bien faible encore, Dire à l'écho du Pinde un hymne du Carmel !

Avril 1822.

130 MOISF. SUR LK PW..

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