ENCORE A TOI
Ahora y siempre.
Devise des Pomfret.
A toi ! toujours à toi ! que chanterait ma lyre? A toi l'hymne d'amour! à toi l'hymne d'hymen! Quel autre nom pourrait éveiller mon délire?
Ai-je appris d'autres chants? gais-je un autre chemin?
C'est toi dont le regard éclaire ma nuit sombre ;
Toi dont l'image luit sur mon sommeil joyeux ;
C'est toi qui tiens ma main quand je marche dans l'ombre,
Et les rayons du ciel me viennent de tes yeux !
Mon destin est gardé par ta douce prière :
Elle veille sur moi quand mon ange s'endort : Lorsque mon cœur entend ta toîx modeste et fière , Au combat de la vie il provoque le sort.
N'est-il pas dans le ciel de voix qui te réclame? N'es-tu pas une fleur étrangère à nos champs? Sœur des vierges du ciel, ton âme est pour mon âme Le reflet de leurs feux et l'écho de leurs chants !
Quand ton œil noir et doux me parle et me contemple , Quand ta robe m'effleure avec un léger bruit, Je crois avoir touché quelque voile du temple , Je dis comme Tobie : Un ange est dans ma nuit !
Lorsque de mes douleurs tu chassas le nuage , Je compris qu'à ton sort mon sort devait s'unir, Pareil au saint pasteur, lassé d'un long voyage , Qui vit vers la fontaine une vierge venir!
Je t'aime comme un être au-dessus de ma vie , Comme une antique aïeule aux prévoyants discours , Comme une sœur craintive , à mes maux asservie , Comme un dernier enfant, qu'on a dans ses vieux jours.
Hélas ! je t'aime tant qu'à ton nom seul je pleure , Je pleure, car la vie est si pleine de maux, Dans ce morne désert tu n'as point de demeure, Et l'arbre où l'on s'assied lève ailleurs ses rameaux.
Mon Dieu ! mettez la paix et la joie auprès d'elle. Ne troublez pas ses jours , ils sont à vous, Seigneur! Vous devez la bénir, car son âme fidèle Demande à la vertu le secret du bonheur.