AUX RUINES DE MOISTFORT-L'AMAURY
Votre âge insouciant est si doux qu'on l'oublie! Il passe , comme un souffle au vaste champ des airs , Comme une voix joyeuse en fuyant affaiblie , Comme un alcyon sur les mers.
Oh ! ne tous hâtez point de mûrir vos pensées ! Jouissez du matin , jouissez du printemps ; Vos heures sont des fleurs Tune à l'autre enlacées ; Ne les effeuillez pas plus vite que le temps.
Laissez Tenir les ans! le destin tous dévoue, Comme nous, aux regrets, à la fausse amitié , A ces maux sans espoir que l'orgueil désavoue , A ces plaisirs qui font pitié !
Riez pourtant! du sort ignorez la puissance; Riez ! n'attristez pas votre front gracieux , Votre œil d'azur, miroir de paix et d'innocence , Qui révèle votre âme et réfléchit les cieux!
Février 1825.