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CRI DE GUERRE DU MUFTI

Hierro, despierta te !

Cyi de guerre des Ahnogavares.

Fer, réveille-toi !

En guerre les guerriers ! Mahomet ! Mahomet ! Les chiens mordent les pieds du lion qui dormait.

Ils relèvent leur tête infâme.

Écrasez, ô croyants du prophète divin.

Ces chancelants soldats qui s'enivrent de vin.

Ces hommes qui n'ont qu'une femme !

Meure la race franque et ses rois détestés ! Spahis, timariots, allez, courez, jetez

A travers les sombres mêlées Vos sabres, vos turbans, le bruit de votre cor. Vos tranchants étriers, larges triangles d'or.

Vos cavales échevelées !

Qu'Othman, fils d'OrtogruI, vive en chacun de vous. Que l'un ait son regard et l'autre son courroux.

Allez, allez, ô capitaines !

Et nous te reprendrons, ville aux dômes d'or pur. Molle Setiniah, qu'en leur langage impur

Les barbares nomment Athènes !

21 octobre 1828.

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Séparé de tout ce qui m'était cher, je me coasume solitaire et désolé.

Byron.

■ — Qu'a donc l'ombre d'Allah ? disait l'humble derviche ; Son aumône est bien pauvre et son trésor bien riche ! Sombre, immobile, avare, il rit d'un rire amer. A-t-il donc ébréché le sabre de son père ? Ou bien de ses soldats autour de son repaire Vu rugir l'orageuse mer ?

— Ou'a-t-il donc le pacha, le vizir des armées ? Disaient les bombardiers, leurs mèches allumées. Les imans troublent-ils cette tête de fer ? A-t-il du ramazan rompu le jeûne austère ?

Lui font-ils voir en rêve, aux bornes de la terre. L'ange Azraël debout sur le pont de Tenfer ?

— Ou'a-t-il donc ? murmuraient les icoglans stupides. Dit-on qu'il ait perdu, dans les courants rapides,

Le vaisseau des pai-fums qui le font rajeunir ? Trouve-t-on à Stamboul sa gloire assez ancienne ? Dans les prédictions de quelque ég^-ptienne A-t-il vu le muet venir ?

— Qu'a donc le doux sultan ? demandaient les sultanes. A-t-il avec son fils surpris sous les platanes

Sa biiine favorite aux lèvres de corail ? A-t-on souillé son bain d'une essence grossière ?

Dans le sac du fellah, vidé sur la poussière, Manque-t-il quelque tête attendue au sérail ?

— Qu'a donc le maître ? — Ainsi s'agitent les esclaves. Tous se trompent. Hélas ! si, perdu pour ses braves. Assis, comme un guerrier qui dévore un affront. Courbé comme un \deillard sous le poids des années, Depuis trois longues nuits et trois longues journées. Il croise ses mains sur son front ;

Ce n'est pas qu'il ait vu la révolte infidèle.

Assiégeant son harem comme une citadelle.

Jeter jusqu'à sa couche un sinistre brandon ;

Ni d'un père en sa main s'émousser le vieux glaive ;

Ni paraître Azraël ; ni passer dans un rêve

Les muets bigarrés armés du noir cordon.

Hélas ! l'ombre d'Allah n'a pas rompu le jeûne ; La sultane est gardée, et son fils est trop jeune ; Nul vaisseau n'a subi d'orages importuns ; Le tartare avait bien sa charge accoutumée ; Il ne manque au sérail, solitude embaumée. Ni les têtes ni les parfums.

Ce ne sont pas non plus les viUes écroulées. Les ossements humains noircissant les vallées, La Grèce incendiée, en proie aux fils d'Omar, L'orphehn, ni la veuve, et ses plaintes amères, Ni l'enfance égorgée aux yeux des pauvres mères. Ni la virginité marchandée au bazar ;

Non, non, ce ne sont pas ces figures funèbres. Qui, d'im rayon sanglant luisant dans les ténèbres.

En passant dans son âme ont laissé le remord. Qu'a-t-il donc ce pacha, que la guerre réclamée, Et qui, triste et rêveur, pleure comme une femme ?... Son tigre de Nubie est mort.

ler décembre lâL

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