LA CAPTIVE
On entendait le chant des oiseaux aussi harmonieux que la poésie.
Sadi. Gulistan.
Si je n'étais captive.
J'aimerais ce pays, Et cette mer plaintive.
Et ces champs de maïs, Et ces astres sans nombre, Si le long du mur sombre N'étincelait dans l'ombre Le sabre des spahis.
Je ne suis point tartare Pour qu'un eunuque noir M'accorde ma guitare, I\Ie tienne mon miroir.
Bien loin de ces Sodomes, Au pays dont nous sommes.
Avec les jeunes hommes On peut parler le soir.
Pourtant j'aime une rive Où jamais des hivers Le souffle froid n'arrive Par les vitraux ouverts.
L'été, la pluie est chaude, L'insecte vert qui rôde Luit, vivante émeraude.
Sous les brins d'herbe verts.