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NAISSANCE DU DUC DE BORDEAUX

C'est Dieu qui l'a donné, le Dieu de la prière. La cloche, balancée aux tours du sanctuaire, Comme aux jours du repos, y rappelle nos pas. C'est Dieu qui l'a donné, le Dieu de la victoire ! —

Chez les vieux martyrs de la gloire Les canons ont tonné, comme au jour des combats.

Ce bruit, si cher à ton oreille, Joint aux voix des temples bénis, N'a-t-il donc rien qui te réveille, O toi qui dors à Saint-Denis ?

Lève-toi ! Henri doit te plaire Au sein du berceau populaire ; Accours, ô père triomphant !

Enivre sa lèvre trompée.

Et viens voir si ta grande épée Pèse aux mains du royal enfant.

Hélas ! il est absent, il est au sein des justes. Sans doute, en ce moment, de ses aïeux augustes Le cortège vers lui s'avance consolé :

Car il rendit, mourant sous des coups parricides.

Un héros a leurs tombes vides, Une race de rois à leur trône isolé.

Parmi tous ces nobles fantômes.

Qu'il élève un front couronné.

Qu'il soit fier dans les saints royaumes,

Le père du roi nouveau-né !

Une race longue et subHme

Sort de l'immortelle victime ;

Tel un fleuve mystérieux.

Fils d'un mont frappé du tonnerre.

De son cours fécondant la terre,

Cache sa source dans les cicux.

se ODES ET BALLADES

Honneur au rejeton qui deviendra la tige ! Henri, nouveau Joas, sauvé par un prodige, A l'ombre de l'autel croîtra vainqueur du sort ; Un jour, de ses vertus notre France embellie,

A ses sœurs, comme Cornélie, Dira : Voilà mon fils, c'est mon plus beau trésor.

O toi, de ma pitié profonde Reçois l'hommage solennel, Humble objet des regards du monde Privé du regard paternel !

Puisses-tu, né dans la souffrance.

Et de ta mère et de la France Consoler la longue douleur !

Que le bras divin t'environne.

Et puisse, ô Bourbon ! la couronne Pour toi ne pas être un malheur !

Oui, souris, orphelin, aux larmes de ta mère ! Écarte, en te jouant, ce crêpe funéraire Qui voile ton berceau des couleurs du cercueil ; Chasse le noir passé qui nous attriste encore ;

Sois à nos yeux comme une aurore ! • Rends le jour et la joie à notre ciel en deuil !

Ivre d'espoir, ton roi lui-même.

Consacrant le jour où tu nais, T'impose, avant le saint baptême.

Le baptême du Béarnais.

La veuve t'offre à l'orpheline ; Vers toi, conduit par l'héroïne.

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