‹ Odes et balladesChapitre 29 sur 152 · LA MORT DE M'-^^ DE SOMBREUIL · texte numérisé non relu

LA MORT DE M'-^^ DE SOMBREUIL

Seigneur; je puis souffrir encore, Et je veux encor consoler.

« Je pars ; ayez pitié de ceux que j'abandonne ! Quel amour leur rendra l'amour que je leur donne ? ■Pourquoi du saint bonheur sitôt me couronner ? Laissez mon âme encor sur leurs maux se répandre ; Je n'aurai plus au ciel d'opprimés à défendre, Ni d'oppresseurs à pardonner ! »

Il faut donc que le juste meure !^ — En vain, dans ses regrets nommés.

Ont passé devant sa demeure Tous ses pauvres accoutumés.

Maintenant, ô fils des chaumières !

Payez son aumône en prières ; Suivez-la d'un pieux adieu. Orphelins, veuves déplorables.

Vous tous, faibles et misérables.

Images augustes de Dieu !

O Dieu ! ne reprends pas ceux que ta flamme anime. Si la vertu s'en va, que deviendra le crime ? Où pourront du méchant se reposer les yeux ? N'enlève pas au monde un espoir salutaire.

Laisse des justes sur la terre !

N'as-tu donc pas, Seigneur, assez d'anges aux cieux 1

i"-4 octobre 1823.

ODE dixie:me LE DERNIER CHANT

O muse, qui daignas me soutenir dans une carrière aussi longue que périlleuse, retoiurne maintenant aux célestes demeures !... Adieu ! consolatrice de mes jours, toi qui partageas mes plaisirs, et bien plus souvent mes douleurs !

Chateaubriand. Les MaHyrs.

Et toi, dépose aussi la lyre !

Qu'importe le Dieu qui t'inspire A ces mortels vains et grossiers ?

On en rit quand ta main l'encense ; Brise donc ce luth sans puissance !

Descends de ce char sans coursiers !

— Oh ! qu'il est saint et pur le transport du poëte.

Quand il voit en espoir, bravant la mort muette,

Du voyage des temps sa gloire revenir !

Sur les âges futurs, de sa hauteur sublime

Il se penche, écoutant son lointain souvenir ;

Et son nom, comme un poids jeté dans un abîme,

ÉveiUe mille échos au fond de l'avenir.

Je n'ai point cette auguste joie.

Les siècles ne sont point ma proie ; La gloire ne dit pas mon rang.

Ma muse, en l'orage qui gronde, Est tombée au courant du monde, Comme un lys aux flots d'un torrent.

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