‹ Odes et balladesChapitre 43 sur 152 · LE CHANT DE L'ARÈNE · texte numérisé non relu

LE CHANT DE L'ARÈNE

Et d'Athos, où l'aigle s'arrête

Pour voir de plus haut dans les deux !

Venez de l'île des Colombes,

Venez des mers de l'Archipel,

De Rhode, aux riches hécatombes,

Dont les guerriers jusqu'en leurs tombes

De Bellone entendent l'appel !

Venez du palais centenaire Dont Cécrops a fondé la tour ; D'Argos,.de Sparte qu'on vénère ; De Lemnos où naît le tonnerre, D'Amathonte où naquit l'amour J

Les temples saints, les gynécées.

Chargés de verdoyants festons.

Tels que de jeunes fiancées.

Sous des guirlandes enlacées, Ont caché leurs chastes frontons.

Les archontes et les éphores Dans le stade se sont assis ; Les vierges et les canéphores Ont purifié les amphores Suivant les rites d'Eleusis.

On a consulté la Pythie, Et ceux qui parlent en rêvant.

A l'heure où s'éveille Clytie, D'un vautour fauve de Sc>i;liie On a jeté la plume au vent.

Le vainqueur de la course agile Recevra deux trépieds divins.

Et la coupe agreste et fragile Dont Bacchus a touché Targile, Lorsqu'il goûta les premiers vins.

Celui dont le disque mobile Renversera les trois faisceaux.

Aura cette urne indélébile, Que sculpta d'une main habile Phlégon, du pays de Naxos.

Juges de la gloire innocente, Nous offrons au lutteur ardent Une clilamyde éblouissante De Sydon, qui, riche et puissante.

Joint le caducée au trident.

Lutteurs, discoboles, athlètes.

Réparez vos forces au bain ; Puis venez vaincre dans nos fêtes.

Afin d'obtenir des poètes Un chant sur le mode thébain !

L'athlète, vainqueur dans l'arène.

Est en honneur dans la cité ;

Son nom, sans que le temps l'entraîne.

Par les peuples est répété,

Depuis cette plage inféconde

Où dort sur la borne du monde

L'Hiver, vieillard au dur sommeil,

Jusqu'aux lieux où, quand naît l'aurore.

On entend sous l'onde sonore

Hennir les coursiers du Soleil.

Janvier 1824.

LE CHANT DU CIRQUE 22q

ODE ONZIÈME

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