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LE CHANT DU CIRQUE

Plus loin, d'altiers gaulois que nul péril n'abat ; Et d'infâmes chrétiens, qui, dépouillés d'armures. Refusant aux bourreaux lemrs chants ou leurs murmures, Vont souffrir sans orgueil et mourir sans combat.

Bientôt, quand rugiront les bêtes échappées. Les murs, tout hérissés de piques et d'épées. Livreront cette proie entière à leur fureur. — Du trône de César la pourpre orne le faîte. Afin qu'un jour plus doux, durant l'ardente fête. Flatte les yeux divins du clément empereur.

César, empereur magnanime.

Le monde, à te plaire unanime, A tes fêtes doit concourir !

Éternel héritier d'Auguste, Salut ! prince immortel et juste, César ! sois salué par ceux qui vont mourir !

Janvier 1824. <

ODE DOUZIÈME

Le beffroi de la prochaine tour Appelle aux jeux guerriers les seigneurs d'alentour.

A. Soumet.

Servants d'amoiu", regardez doucement Aux échafauds anges de paradis ; Lors jouterez fort et joyeusement, Et vous serez honorés et chéris.

Ancienne ballade.

Largesse, ô chevaliers ! largesse aux suivants d'armes ! Venez tous ! soit qu'au sein des jeux ou des alarmes, Votre écu de Milan porte le vert dragon. Le manteau noir d'Agra, semé de blanches larmes, La fleur de lys de France, ou la croix d'Aragon.

Déjà la lice est ouverte ;

Les clercs en ont fait le tour ; La bannière blanche et verte Flotte au front de chaque tour ; La foule éclate en paroles ; Les légères banderoles Se mêlent en voltigeant ; Et le héros du portique Sur l'or de sa dalmatique Suspend le griffon d'argent.

Les maisons peuplent leur faîte ; Au loin gronde le beffroi ; Tout nous promet une fête Digne des regards du roi.

La reine, à ce jour suprême, A de son épargne même Consacré douze deniers.

Et, pour lembellir encore.

Racheté des fers du Maure Douze chrétiens prisonniers.

Or, comme la loi l'ordonne.

Chevaliers au cœur loyal.

Avant que le clairon sonne.

Écoutez redit royal.

Car, sans l'entendre en silence, Celui qui saisit la lance N'a plus qu'un glaive maudit.

Croyez ces conseils prospères !

C'est ce qu'ont dit à nos pères Ceux à qui Dieu l'avait dit !

D'abord, des saintes louanges Chantez les versets bénis.

Chantez Jésus, les archanges, Et monseigneur saint Denis !

Jurez sur les évangiles Que, si vos bras sont fragiles.

Rien ne ternit votre honneur ; Que vous pourrez, s'il se lève.

Montrer au roi votre glaive.

Comme votre âme au Seigneur !

D'un saint touchez la dépouille !

Jurez, comtes et barons, Que nulle fange ne souille L'or pur de vos éperons !

Que de ses vassaux fidèles.

Dans ses noires citadelles, 8a

Nul de vous n'est le bourreau !

Que, du sort bravant l'épreuve.

Pour l'orphelin et la veuve Votre épée est sans fourreau !

Preux que l'honneur accompagne.

N'oubliez pas les vertus Des vieux pairs de Charlemagne, Des vieux champions d'Artus !

Malheur au vainqueur sans gloire.

Qui doit sa lâche victoire A de hideux nécromants !

Honte au guerrier sans vaillance Qui combat la noble lance Avec d'impurs talismans !

Un jour, sur les murs funestes

De son infâme château,

On voit pendre ses vils restes

Aux bras d'un sanglant poteau ;

Éternisant ses supplices,

Les enchanteurs, ses complices,

Dans les ombres déchaînés,

Parmi d'affreux sortilèges

A leurs festins sacrilèges

Mêlent ses os décharnés !

Mais gloire au guerrier austère ! Gloire au pieux châtelain !

Chaque belle sans mystère Brode son nom sur le lin ; Le mélodieux trouvère A son glaive, qu'on révère, Consacre un chant immortel ; Dans sa tombe est une fée ;

Et l'on donne à son trophée Pour piédestal un autel.

Donc, en vos âmes courtoises.

Gravez, pairs et damoisels, La loi des joutes gauloises Et des galants carrousels !

Par les juges de l'épée.

Par leur belle détrompée.

Les félons seront honnis.

Leur opprobre est sans refuges ; Ceux que condamnent les juges Par les dames sont punis !

Largesse, ô chevahers ! largesse aux suivants d'armes ! Venez tous ! soit qu'au sein des jeux ou des alarmes. Votre écu de Milan porte le vert dragon, Le manteau noir d'Agra, semé de blanches larmes, La fleur de lys de France, ou la croix d'Aragon.

Janvier 1824.

ODE TREIZIÈME

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