‹ Odes et balladesChapitre 49 sur 152 · ÉPITAPHE · texte numérisé non relu

ÉPITAPHE

Éphémère histrion qui sait son rôle à peine, Chaque homme, ivre d'audace ou palpitant d'effroi. Sous le sayon du pâtre ou la robe du roi, Vient passer à son tour son heure sur la scène.

Ne foule pas les morts d'un pied indifférent ; Comme moi, dans leur ville il te faudra descendre ; L'homme de jour en jour s'en va pâle et mourant ; Et tu ne sais quel vent doit emporter ta cendre.

Mais devant moi ton cœur à peine est agité ! Quoi donc ! pas un soupir ! pas même une prière ! Tout ton néant te parle, et n'est point écouté !

Tu passes ! — en effet, qu'importe cette pierre ? Que peut cacher la tombe à ton œil attristé ? Quelques os desséchés, un reste de poussière. Rien peut-être, — et l'éternité !

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