LA MÊLÉE
Les armées s'ébranlent, le choc est terrible, les combattants sont terribles, les blessures sont terribles, la mêlée est terrible.
GONZALO BeRCEO.
La bataille de Simancas.
PÂTRE, change de route. — x\u pied de ces collines
Vois onduler deux rangs d'épaisses javelines ;
Vois ces deux bataillons Tun vers l'autre marchant ;
Au signal de leurs chefs que divise la haine,
Ils se sont pour combattre arrêtés dans la plaine.
Écoute ces clameurs... tu frémis : c'est leur chant !
« Accourez tous, oiseaux de proie, Aigles, hiboux, vautours, corbeaux î Volez ! volez tous pleins de joie A ces champs comme à des tombeaux !
Que l'ennemi sous notre glaive Tombe avec le jour qui s'achève !
Les psaumes du soir sont finis.
Le prêtre, qui suit leurs bannières.
Leur a dit leurs vêpres dernières.
Et le nôtre nous a bénis/ j>
Halbert, baron normand, Ronan, prince de Galles, Vont mesurer ici leurs forces presque égales ; Les normands sont adroits ; les gallois sont ardents. Ceux-là viennent chargés d'une aiTQure sonore ; Ceux-ci font, pour couvrir leur front sauvage encore. De la gueule des loups un casque armé de dents.