‹ Odes funambulesques, suivies d'un commentaireChapitre 37 sur 40 · POUR LES TRIOLETS · texte numérisé non relu

POUR LES TRIOLETS

Né - raut Tas-sin et

Main - tien-nent

l'art fou-gueux et cha; - te. Je pré-

^ , I ^ -j^6^^=^Ffe^Srl^

re à Tan -crè-de - lu

Né--

raut Tas-sin et Gré -de - lu.

Com - me — Quim-per,

Ho-nolu-lu c( - le- bre ces Tal-mas sans

fas - te. Né - raut Tas - sin et

Gré-de - lu

Main-ticn-nent

l'art fou-gueux et chas - te.

NÉRAUT, Tassin et Grédelu, pages :2ir, 212, 2j3, 214 et 2/5. — C'étaient de fort honnêtes comédiens, qui jouaient des rôles secondaires à la Porte-Saint-Martin, du temps de la

féerie et des frères Cogniard. — Mais comme la liste des acteurs énumérés sur TatTiche se terminait tous les jours invariablement par leurs trois noms, toujours placés dans cet ordre, cette phrase vraiment musicale et naturellement si bien scandée : Néraut, Tassin et Grédelu^ charma un beau iour les Parisiens ; on la récita, on la déclama "M la chanta ; par extension, elle finit par exprimer le théâtre et les comédiens en général, y compris Mélingue, Frederick, Talma, Roscius et le vendangeur Thespis ! Et, comme le Triolet venait de renaître , on improvisa et j'improvisai moi-même, par jeu, des Triolets dont Néraut, Tassin et Grédelu étaient le texte et le prétexte, el qui s'envolaient avec la fumée des cigarettes. J'ai choisi ceux-là au hasard, comme j'en aurais choi.?i d'autres ; le seul objectif de leur innocente raillerie est l'enjouement français pour tout être qui porte un travestissement de couleurs bariolées, que ce soit Gengis-Khan ou Polichinelle.

Leçon de chant, page 2i(). — Ceci est une légende écrite pour un dessin original de Tony Johannot, et pas du tout, comme on pourrait le

craindre, un chapitre des mémoires de l'auteur, qui, même en iS^s? ne se fût pas permis ces allures de Chérubin !

Académie royale de Mus, pcige 2i'j. — Cette abréviation, alors en usage pour désigner l'Académie royale de Musique, dans les journaux qui donnaient le programme des spectacles, devait, par un jeu de mots qui s'imposait de lui-même, servir d'enseigne à la maison du fameux M. Guillaume ; car les seuls académiciens de sa bizarre Académie étaient en effet les plus petits Rats de l'Opéra. Il les prenait en sevrage, les préparant à leurs hautes destinées, et, tout en complétant leur éducation chorégraphique, les renseignait sur la vie, leur procurait des amitiés utiles, les nourrissait de bisque et d'ortolans, et leur achetait des bijoux en topaze brûlée et des bas de fil d'Ecosse.

Appelé chez M. Guillaume par quelque affaire, lors de son arrivée à Paris, Pierre Dupont, en i entrant dans le salon, ne fut pas peu étonné d'y' voir deux Rats, qui, nus comme les discours de deux académiciens, prenaient deux bains, dans deux baignoires !

Du TEMPS QUE LE MARECHAL BuGEAUD POUR- SUIVAIT VAINEMENT AbD-EL-KaDER, ;?<3g-e 2l8.

— Il faut avoir vécu sous Louis-Philippe pour se rappeler à quel point, chaque jour, le maréchal Bugeaud prenait peu Abd-el-Kader ! Cela avait fini par ressembler à une poursuite de féerie.

Age DE M. Paulin Limayrac, page 2ig. — M. Paulin Limayrac avait beaucoup plus de huit ans, mais il semblait avoir huit ans à cause de sa petite taille, pareille à celle de M. Louis Blanc, et de son visage rasé. Je me souviens de l'avoir vu attaché à son cordon de commandeur de l'ordre des Saints Maurice et Lazare, certainement plus grand que lui.

Bilboquet, page 220. — Élève de Voltaire! page 221. — Dans la seule farce moderne, je veux dire dans Les Saltimbanques de Dumersan et Varin, Bilboquet et le jeune Sosthénes échangent le dialogue suivant : « Quel talent as-tu ?,.. — Je joue un peu du violon ! — Un peu, ce n'est guère. Es-tu de la force de Paganini ? — Je ne sais pas oit il demeure. —

Ça suffit, je t'annoncerai comme son élève ! » (Acte I, scène vu.)

Plus loin, au moment où les saltimbanques déménagent à la hâte, Gringalet, avisant une malle, demande à son maître : « Cette malle est-elle à nous? » Et Bilboquet, sans la regarder, répond : « Elle doit être à nous! » (Acte I, scène xi.)

Ces phrases immortelles me sont revenues en mémoire lors de l'invasion des Normaliens dans la littérature. Ils avaient déménagé si vite qu'ils avaient pris la malle de Voltaire pour la leur, d'où les houppelandes bizarres dont ils se montrèrent affublés ; et plus d'un s'annonça comme l'élève du patriarche de Ferney, sans être encore de la force de Paganini.

Monsieur Homais, page 222. — C'est le Prudhomme étonnant et grandiose de Madame Bovary. Flaubert a amalgamé les créations de Monnier et de Daumier, et il en a fait un bonhomme à la Michel-Ange. On pense bien que ce philosophe ne pouvait pas rester complètement étranger à la littérature de l'École normale.

COM M ENTAIRE. 37I

Polichinelle Vampire, page 223. — Ne les nommons pas, ils vivent encore, sa perruque et lui. — Comme on jugeait à l'Académie le dernier concours poétique, et comme M. Ernest Legouvé recommandait un poème, l'académicien que j'ai vu si fougueux en 1846, s'éveilla comme Barberousse et murmura d'une voix qui semblait sortir des ruines de Ninive : « Non!... Il y a un rejet! »

page 224. — Cette phrase sonore et insensée qui voltige sur l'harmonica, cette fantasque série de délirantes onomatopées, ne méritait pas sans doute d'être imprimée; mais fallait-il imprimer les Odes funambulesques?

Note ROSE, page 2 25. — 11 est trop vrai que la première apparition au bois d'une chevelure rose fut l'occasion d'un premier-Paris indigné et apocalyptique. J'aurais encore compris l'indignation d'un coloriste! mais où la vertu va-t-elle se nicher?

Monsieur JxsviSypages 226 et 2 27. — VEsta-

iJ'-i' COMMENTAIRE.

minet de l'Europe était situé au coin du carrefour de rOdéon et de la rue de l'Ecole-de-Médecine, dans un local où il vient d'être remplacé par les magasins de bonneterie de M. Poirier jeune. Le propriétaire faisait, dit -on, crédit aux fils de famille jusqu'à leur mariage, de sorte que lorsqu'ils étaient mariés, ils avaient à payer beaucoup de chopes. Monsieur Jaspin (dont le nom est ici fort peu changé, de deux lettres seulement) était un de nos amis, petit et trapu, aux larges épaules, dont nous admirions la longue barbe en éventail et les discours révolutionnaires. Devenu sous-préfet en 184.8, je suppose qu'il doit être parvenu aujourd'hui aux plus grands honneurs.

Le divan Le Peletier, page 228. — Continuons la topographie des cafés. Celui-là, véritable cercle de la littérature française, était orné d'un joli petit jardin. 11 était situé en face de l'Opéra, dans la maison qu'occupe l'hôtel Victoria, et c'est là que j'ai vu pour la première fois Alfred de Musset. On l'a démoli, on n'a pas semé de chanvre sur la place; mais, ce qui est plus fructueux, on a remplacé le jardin par des boutiques de bronzes et de

tableaux. Le divan Le Peletier ne ressemblait à rien autre chose au monde ; on y causait quelquefois très-bien, mais il n'y a pas d'endroit où l'on ait causé plus et bu moins de breuvages. — Vieux et très-pauvre, Guichardet, qui avait été l'ami de Musset et des hommes illustres de 1830, était resté distingué, bien élevé et discret, en devenant bohème. Il a appartenu à l'absinthe; mais elle n'était pas parvenue à lui ôter ses allures de parfait gentleman.

Stadler, page 23o, Triolet i, vers t, poète raffiné et délicat, est l'auteur d'une comédie tout à fait exquise, intitulée Le Bois de Daphné. — Emmanuel, page 23 0, Triolet i, vers 3, a fait en astronomie des découvertes qui révolutionnent tout, et qui ont bien l'air d'avoir raison. Il a été question de le traiter comme Galilée et de lui faire faire amende honorable ; mais les changements de gouvernement qui, si rapidement, se sont succédé, n'ont pas permis d'en trouver le moment, et la chemise qui devait servir à la cérémonie est restée pour compte.

Variations lyriques.

UN AxMI POUR LUI RIÎCLAMER LE PRIX

d'un travail littéraire, page 235.

— Cabochard, page 23j, strophe S, vers 3, — C'est, dans Les Saltimbanques, l'ami et le rival de Bilboquet, dont on parle, mais qu'on ne voit pas. A un certain moment, comme on annonce qu'il a fait faillite, Atala demande : (( De combien manque-t-il ? » Et Bilboquet lui répond ce mot d'une incroyable profondeur : « // manque de tout! » (Acte II, scène m.)

Ecrit sur un exemplaire des Odelettes. — Page 241, strophe i :

Quand j'ai fait ceci, Moi que nul souci

Ne ronge, La fièvre de Vor Nous tenait cncor:

jy songe!

C'est le moment du grand rcmue-mcnage financier, où on fit des fortunes si rapides, où l'on vit de si étranges transformations, et où de simples hommes de lettres (pas des poëtcs, bien entendu !) devinrent banquiers et millionnaires. Il y en eut qui se firent bâtir des hôtels en jade, et d'autres qui curent des livres grecs tirés sur papier de Hollande, avec grandes marges. On dit même que l'un d'entre eux voulut acquérir en toute propriété une actrice vierge encore, et l'acheta à sa mère, pardevant notaire. Ce rapide ballet des hommes de lettres enrichis n'a pas été un des tableaux les moins curieux de l'immense féerie parisienne.

Couplet sur l'air des Hirondelles, de Félicien David. — Sans Geffroy, page 243, vers 5. — Au contraire, il faut, toutes les fois qu'on le peut, jouer Le Misanthrope, non pas sans, mais

avec Geffroy; ceci n'est qu'un jeu tout à fait frivole , et j'ai été séduit par l'exactitude avec laquelle Sans Geffroy parodiait le Sans effroi du couplet des Hirondelles :

Volti^e:^, hirondelles, Voltige^ près de moi.

Et reposeï vos ailes Au faite des tourelles.

Sans effroi!

ViLLANELLE DES PAUVRES HOVSSEVRS, page 244-

— Dans sa Ballade des povres housseurs (édition Jannet, 1867, page 119,) Villon plaint de tout son cœur ces batteurs de tapis, On parle, dit-il.

De ceulx qui vont les bleds semer Et de celluy qui l'asne maine.

Mais à trestout considérer, Povres housseurs ont asse\ peine.

Les Normaliens m'ont fait penser à ces pauvres housseurs. Ils s'étaient presque aveuglés, à force de se faire voler de la poussière dans les yeux, et

les tapis qu'ils secouaient n'étaient pas beaucoup plus propres qu'auparavant.

Chanson sur l'air des Landriry, page 24j. — La rime par à peu près y est de tradition ; voyez Voiture {Autre à Madame la Princesse, sur l'air des Landriry. — Édition de 1677, tome II, page SS-) Ici, le fin du fin et la suprême habileté, c'est d'imiter la négligence et le sans-façon de la rime populaire, de faire rimer les mots terminés par un S avec ceux qui sont terminés par un T, et d'éviter, au lieu de la rechercher, la conformité de la consonne d'appui. C'est ainsi que l'art lyrique a des lois d'une diversité infinie, qui varient avec chaque genre, et presque avec chaque poème ; le malheur, c'est que quand on commence à les apprendre, la vie est finie.

Ballade des célébrités du temps jadis, # page 254. — C'est la parodie du poème de Villon, intitulé Ballade desdames du temps jadis. (bdition Pierre Jannet, 1867, page 3+.) J'ai conservé tel qu'il est le célèbre refrain de Villon : Mais oit sont les neiges d'antan! et j'ai tâché de

mettre mon art à amener ce refrain par un jeu de rimes tout différent de celui que le maître avait employé.

Dufaî , page 254, strophe i, vers 3. — Alexandre Dufaïj critique très-laid et très-sévère, est mort dans une misère qui aurait désarmé ses ennemis, s'il en avait eu; mais c'est lui qui était l'ennemi des autres.

Les plâtres de Dantan, page 254, strophe I, vers 6. — Dantan faisait en plâtre des caricatures d'hommes célèbres et de comédiens, dont il écrivait les noms en rébus sur le soc de la statuette. Exposée chez Susse, aux Panoramas, cette galerie de grotesques était, de i8jo à i8.jo, la grande joie et la grande ressource des flâneurs parisiens.

Le Globe et La Caricature, page 254, strophe /, vers 7. — Littérairement, Le Globe était une sorte de moniteur du romantisme, et c'est laque Granier de Cassagnac fit ses premières armes. — La Caricature, où dessinaient Grandville, Daumier, Tra-

COMMENTAIRE. j/p

\iès, Decamps lui-même, publiait de grandes planches lilhographiées, dont la plus célèbre est La Rue Transnonain , ce chef-d'œuvre de Daumier.

l'enet, page 254, strophe 2, vers i . — Avant d'écrire à l'Univers et d'y faire un feuilleton de théâtres pour dire qu'il ne faut pas aller au théâtre, M. Venet avait été le secrétaire de la rédaction du Paris, ce journal de M. de Villedeuil, rédigé par Alphonse Karr, Méry, Edmond et Jules de Concourt, Murger, Xavier Aubryet, Gatayes, Dumas fils, Gozlan , pour lequel Gavarni dessinait tous les jours une lithographie, et où il publia toutes ses Œuvres nouvelles C'est là aussi que M. Venet a rédigé les Mémoires de A/'"* Sa qui , sous la direction de cette grande funambule.

« Bataille, page 255, strophe 2, vers 2. — C'est Charles Bataille, l'ami et le collaborateur d'Amédée Rolland et de Jean du Boys. — Ces trois enfants, enfermés à Balignollcs dans une maisonnette à jardin, avaient rêvé de mettre lu

3^0 COMMKNTAIRE.

poésie en coupe réglée et de s'en faire des rentes. Ils composaient et faisaient représenter des pièces en cinq actes, chacun d'eux écrivant son acte en vers le matin avant déjeuner. Après avoir fait d'extraordinaires dépenses de talent et d'invention, tous les trois sont morts à la peine, car les poètes ne doivent pas gagner de l'argent. '

Ballade des travers de ce temps. — Le docteur, page 260, strophe i, vers 5. — C'est le docteur Louis Véron. — Montjoye, page 260, strophe r, vers 6. — Peintre et auteur dramatique d'un très-grand talent, Montjoye avait reçu tous les dons, sans en excepter l'esprit et même la beauté. — Mais il ignorait que l'artiste n'a pas le temps de vivre, et doit se cloîtrer comme un cénobite. Il se jeta à cœur perdu dans des amours romanesques et, quand vinrent les désillusions, se consola avec l'absinthe : on devine le reste! — Machin (du Tarn^) page 261, strophe 2, vers 7. — Je crois bien que c'était M. Pages (du Tarn.) On le trouvait excentrique, parce qu'il refaisait à la moden-.e les tragédies de Racine et l.s costumait en habit noir; on ne devi-

COMMENTAIRE. jSl

nait pas alors que plus tard nous devions revoir cela couramment, avec M. Touroude. — Champfleury, page 26/, strophe 2, vers g. — Nous avons été, Champfleury et moi, des adversaires littéraires; mais, lui et moi, nous aimions l'art trop sincèrement pour ne pas nous trouver d'accord lorsque les querelles d'école se sont effacées devant la préoccupation unique de sauver la maison qui brûle !

Monsieur Coquardeau, page 2 03. — J'ai osé m'emparer d'un type créé par Gavarni, et le transporter dans la poésie; mais, voulant composer un Chant-Royal, j'avais besoin d'un roi incontesté, et le choix n'était pas facile.

Page 265, strophe i , vers 2.

Dans ton salon, qu'ornent des Mazeppas.

11 serait bien malaisé de se figurer Coquardeau n'ayant pas dans son salon des Mazeppas à la manière noire. S'il ne prenait le soin d'acheter ces gravures, de les faire encadrer et de les clouer sur

son mur, elles y éclôraient d'elles-mêmes, comme les violettes dans les bois. — Arpin, page 2 65, strophe 2, vers 3. — C'est un lutteur de la troupe de Rossignol-Rollin, qui, en d'autres âges, aurait combattu les Dieux, ou, comme dit Racine, purgé la terre de ses monstres. De nos jours, il a dià se contenter de terrasser, à la salle Montesquieu, des athlètes en caleçon. Avec un biceps terrible, il est infiniment doux, et sa voix est caressante comme un chant de flûte.

MoNSELET d'automne, Pantoum, page 26 y.

— La première révélation du Pantoum nous fut donnée, en France, par les traductions de pantoums malais que Victor Hugo a publiées dans les notes des Orientales. D'après ces modèles, M. Charles Asselineau écrivit un pantoum qu'il publia dans une Revue belge, et celui-ci est le second qui ait été écrit en français. Ces deux chants divers, qui sont tressés ensemble par le lien d'or de la rime, formeraient, sous la main d'un grand artiste, un poème original et d'une nouveauté délicieuse.

RÉALISME. — Page 2-2, vers 23 et suivants :

Puisque je ne suis pas, moi charmé dans vos fêtes, De l'avis de Go^lan, sur ce que les poètes Durent un demi-siècle à peine...

C'est dans un article de Revue que Gozlan avait écrit, à propos des poètes modernes, la funeste prédiction que je lui reproche plusieurs fois dans le cours de ce livre. Peut-être était-ce moi qui avais tort, car c'est déjà bien joli de durer cinquante ans ; « il y a cependant a Paris, comme dit Fortunio à la fin de sa lettre à Radin-Mantri, un poète dont le nom finit en go, qui m'a paru faire des choses assez congrucment troussées ».

MÉDITATION POÉTIQUE ET LITTERAIRE, pa^'-^ 2 74.

— C'est la parodie du poème de Victor Hugo [les Rayons et les Ombres, v,) qui commence par ce vers :

On croyait dans ces temps oii le pâtre nocturne...

Fournier, page 2y5, strophe 2, vers 4. — C'est Marc Fournier, qui alors dirigeait la Porte- Saint-Martin, et équipait le brick du Fils de la

Nuil.

Page 2^5, strophe 2, vers 5 :

Henri La Madelène a fait du carton-pâte :

Ce charmant écrivain s'était, en effet, rendu acquéreur d'une fabrique de carton-pâte ou pierre, comme on voudra, qu'il dirigea lui-même pendant quelque temps. Comme Balzac, il a toujours été féru de l'idée de réaliser une fortune rapide, en trouvant des trésors cachés, en fondant des casinos dans les déserts, ou en cultivant des ananas à la barrière Montparnasse ; et, comme Balzac aussi, il n'a Jamais gagné d'argent qu'en écrivant sur du papier. On part comme cela avec confiance pour le pays des Philistins; mais les poètes français n'y arrivent jamais, parce qu'ils ignorent trop consciencieusement la géographie.

La Sainte Bohème, page 2jg. — En composant cette chanson, je me suis armé de tout mon courage pour écrire le mot : Bohème, que j'exècre ; cependant j'ai voulu le délivrer des haillons et des viles guenilles dont on l'avait affublé, et le débarbouiller avec l'ambroisie à laquelle il a

droit. — Mais qu'il faut d'humilité et de résignation pour toucher à des sujets où les poncifs abondent, comme les grandes herbes dans les eaux de la Seine !

Le Saut du Tremplin, page 28 y. — Dans ce poème final, j'ai essayé d'exprimer ce que je sens le mieux : l'attrait du gouffre d'en haut. Et puis une des superstitions que je chéris le plus est celle qui me pousse à terminer un livre, quand je le puis, par le mot qui termine La Divine Comédie du Dante, par le divin mol, écrit ainsi au pluriel : K toiles.

Paris, août 1873.

LE FTiO^tlSTICE ■

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