‹ Odes funambulesques (volume 2)Chapitre 24 sur 63 · LE BOURGEOIS, PIERROT · texte numérisé non relu

LE BOURGEOIS, PIERROT

LE BOURGEOIS, à Pierrot, qni s'est aTancé, avec intérêt.

Monsieur est souffrant?

Pierrot exprime qne non.

Non I tant mieux.

pierrot montre au bonrgeois un écriteau atec ces mots ; Je suis PiERnoT.

LE BOURGEOIS, lisant l'écriteau.

€ Je suis Pierrot I »

Atcc admiration.

n est Pierrot! Dieu'x c'est ici que Pierrot loge! Il est Pierrot!

iâO ODES FUNAMBULESQUES.

A Pierrot.

Monsieur, cela fait votre éloge.

Monsieur, mime Pierrot, vous êtes trop bon, et vous êtes hêxi joli, POUR un birbe accablé de caducité.

Vous dites que je suis joli pour un barbon, Et que je suis trop bon I Je ne suis pas trop bon-, Car votre accueil m'enèhante, et, depuis ma naissance, Je désirais l'honneur de votre connaissance !

Pierrot s'incline et exprime qu'ilest flatté de ce compliment.

Et... vous ne parlez pas? ,

Pierrot fait signe que non.

Non ? Les gens bienséants Parlent fort peu I

Changeant la conTersation.

Quelle est la muse de céans?

Pierrot exprime que, c'est la Folie.

La Folie? Ah! vraiment I Votre salle est divine! Son aspect est gai comme un pinson !

Pierrot exprime qu'elle dépasse toutes les merTeilles du monde, et ipe Louis XIV lui-même, bien qu'il ressemblât au Soleil, n'en ayait pas de plu» splendide.

Je devine.

ODES FUNAMBULESQUES. làl

Vous mé dites que, Même âu temps du roi Louis, Bien d'aussi magnifique, aux regards éblouis Ne parut f

Pierrot exprime qu'il a falla dépenser des capitaux considérables ponr arriver à construire un pareil édifice.

Ahl fort bien î Je vous entends. Nous sommes )'accord. Il a fallu donner de fortes sommes . *our la faire, éventrer d'énormes galions, * It mettre des ducats dessus des millions !

Pierrot exprime qne c'est bien cela et que le Bourgeois ne se trompe pas.

!uel genre voulez-vous jouer? La tragédie?

"est un genre français, excellent quoi qu'on die !

Pierrot fait la parodie d'un acteur tragique, puis il dit que, malgré toute sa nipathie pour la haute littérature, il ne croit pas devoir s'y consacrer.

on î le drame?

Pierrot fait la parodie d'un acteur de drame, n se promène à grands pas. Ciel, dit- il, ou peut être ma fille ! A ce moment le Bourgeois tire sa ta- ^tidre pour prendre une prise. Pierrot lui prend sa tabatière. Oh! dit-il, :tt£ petite caoïx d'or ! Mais alors tu es ma fille ! je suis ta mère ! ^ST SUPERBE, ajoute Pierrot, mais je ne veux pas de cela nom plus, je ^rÈRE des comédies plus gaies.

Non plus?

4^ FOI NON, dit Pierrot.

Ah ! vous ne voulez pas

Marcher toujours en deux, fendus comme un compai Et faire trembler tout, jusques à la Bastille, Pour crier à la fin : i Ciel I ma mère I ma fille I »

Ma voi mon, dit Pierrot.

Le vaudeville?

Pierrot en riant fait signe que nofl*

Non I vous avez trop d'esprit.

 Pierrot, avec les ménagements qn'on emploie anprès d'ane personne à Ton Teut dire quelque chose de désagréable.

Cher monsieur Pierrot, nul jamais ne vous comprit Aussi bien que je fais, grâce au style, sublime Et touchant à la fois, de votre pantomime.

Mais,

Avec hésitation. r

Quoiqu'elle me rende extrêmement content, / Ne pourrais-je causer avec quelque habitant . De ce petit endroit cher à la fantaisie, j

En simple prose, ou même en simple poésie? j

raîtif

Ah I dit Pierrot, c'est très-facile, j'ai votre affaire. lisse et semble appeler familièrement quelqu'un. Aussitôt paraît Folies-NouTelles, cheTCuz an yent, couleur d'or, regard et sourf personnification de ce qu'ont de plus adorable le Caprice et la Fav

LE BOURGEOIS, aperceyaiit le Lutin.

Mais quel est cQt éclair en habit de gala ?

Comme je clorais bien avec ce démon-là Le chapitre éternel de mes mélancolies f

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