‹ Odes funambulesques (volume 2)Chapitre 30 sur 63 · V... tout plein d'insolence · texte numérisé non relu

V... tout plein d'insolence

Se balance Aussi ventru qu'un tonneau.

Au-dessus d'un bain de siège,

Barége, Plein jusqu'au bord de ton eau !

Et le flot, comme une noniie

Qu'on chiffonne, Sous le profil reflété De ce sultan ridicule

Se recule.

Se recule épouvanté.

Chaque fois que la courroie,

Qui se ploie, Passe à fleur d'eau dans son vol, On voit de Teau qui s'agite

Sortir vite Son pied bot et son faux col.

Reste ici caché, demeure !

Dans une heure, spectacle saugrenu !

Comme Actéon le profane

Vit Diane, Tu verras V... tout nu!

On voit tout ce que calfate

La cravate.

Et son regard libertin Appelle comme remède

A son aide Héloïse Florentin !

Mais voyez le sybarite !

Il hésite A finir ses doux ébats; Toujours V... se balance

En silence.

Et va murmurant tout bas :

« Aht si j'étais en décembre

A la chambre.

J'étonnerais l'univers.

Et je pourrais de mon ombre

Faire nombre A côté de monsieur Thiers !

« J'obtiendrais une recette

Grassouillette Pour avoir' bien ânonné, Et la sinécure molle,

Qui console Des rigueurs de rabonnél

aOES FUNAMBULESQUES. 159

< Je pourrais sur mon pupitre

Faire, en pitre, Le bruit traditionnel, Et, commençant une autre ère,

Ne plus traire Le Constitutionnel! »

Ainsi se parle en monarque

Et s'embarque Dans un rêve délirant, Cet ancien apothicaire,

Qui sut faire Éclore Le Juif errant !

Et cependant des coulisses

Ses complices Vont tous prenant le chemin.

Voici leur troupe frivole

Qui s'envole, Cigare aux dents, stick en main !

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