‹ Odes funambulesques (volume 3)Chapitre 24 sur 74 · FOLIES NOUVELLES · texte numérisé non relu

FOLIES NOUVELLES

Élite du monde élégant,

Qui fuis le boulevard de Gand,

0 troupe élue , Pour nous suivre sur ce tréteau Où plane l'esprit de Wateau,

Je te salue.

Te voilà ! Nous pouvons encor Te dévider tout le fil d'or

De la bobine!

En un rêve matériel.

Nous te montrerons Ariel

Et Colombine.

ODBS FUNAMBULESQUES. 129

Dans notre parc aérien S'agite un monde qui n'a rien

Sa de morose :

Bouiïons que l'Amour, pour son jeu.

Vêtit de satin rayé, feu,

Bleu-ciel et rose!

Noire poème fanfaron, Qui dans le pays d'Obéron

Toujours s'égare, N'est pas plus compliqué vraiment Que ce que l'on songe en fumant

Un bon cigare.

Tu jugeras notre savoir

Tout à l'heure, quand tu vas voir

La pantomime.

Je suis sûr que l'Eldorado Où te conduira Durandeau

Sera sublime.

Car notre Thalie aux yeux verts.

Qui ne se donne pas des airs

De pédagogue.

A tout Golconde en ses écrias :

Seulement, cher public, je crains Pour son prologue i

Oui ! moi qui rêve sous les cieux, Je fus sans doute audacieux

En mon délire.

D'oser dire à Tanii Pierrot :

Tu seras valet de Marot,

Porte ma Ivre !

Mais quoi! je suis bien accoté.

N'ai-je pas là, pour le côté

Métaphysique, Paul. Français vraiment né malin!

Puis voici Kelm. et Trivelin

Fait la musique !

Berlhe, Lebreton, Mélina, Avec Suzanne Senn, qui n'a

Rien de terrestre, Dansent au fond de mon jardin Parmi les fleurs, et Bernardin

Conduit l'orchestre !

Écoute Louisa Melvil !

N'est-ce pas un ange en exil

Que Ton devine Sous les plis du crêpe flottant, Lorsqu'elle chante, et qu'on entend Sa voix divine?

Ravit-elle pas, front vermeil.

Avec ses cheveux de soleil

Lissés en onde, Le paysage triomphant.

Belle comme Diane enfant,

Et blanche ! et blonde !

Pour ces accords et pour ces voix, Pour ces fillettes que tu vois,

Foule choisie, Briller en leur verte saveur, Daigne accueillir avec faveur

Ma poésie !

Car, sinon mes vers, peu vantés î Du moins tous ces fronts inventés

Pour qu'Avril naisse, Comme en un miroir vif et clair, Te feront entrevoir l'éclair

De la jeunesse!

Octobre 1854.

La scène est au petit spectacle de mon ami Pierrot, le jour de l'ouverture. Le théâtre représente un décor : un jardin de W'ateau, peint par Çambon. Au lever du rideau, la scène est vide. On entend dans la coulisse le bruit d'un corps qui tombe par terre, puis des cris de détresse. Arrive un homme chiffonné, aveuglé, couvert de plâtre, avec un chapeau bossue : c'est le Bourgeois.

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