‹ Odes funambulesques (volume 3)Chapitre 33 sur 74 · Y... LE BAIGNEUR · texte numérisé non relu

Y... LE BAIGNEUR

Y... tout plein d'insolence

Se balance Aussi ventru qu'un tonneau, Au-dessus d'un bain de siège.

0 Barége, Plein jusqu'au bord de ton eau!

Et le flot, comme une nonne

Qu'on chiffonne, Sous le profil reflété De ce sultan ridicule

Se recule, Se recule épouvanté.

Chaque fois que la courroie,

Qui se ploie, Passe à fleur d'eau dans son vol.

Oïl voit de l'eau qui s'agite

Sortir vite Son pied bot et son faux col.

Reste ici caché, demeure !

Dans une heure, 0 spectacle saugrenu!

Comme Actéon le profane

Vit Diane, Tu verras V... tout nu!

On voit tout ce que calfate

La cravate, Et son regard libertin Appelle comme remède

A son aide Héloïse Florentin !

158 ODES ÎINAMIULESQUES.

Mais voyez le sybarite !

Il hésite

A finir ses doux ébats; Toujours Y... se balance

En silence.

Et va murmurant tout bas :

Ahl si j'étais en décembre

A la chambre, J'étonnerais l'univers.

Et je pourrais de mon ombre

Faire nombre A côté de monsieur Thiers !

« j'obtiendrais une recette

Grassouillette Pour avoir bien ânonné.

Et la sinécure molle.

Qui console Des rigueurs de l'abonné !

« Je pourrais sur mon pupitre

Faire, en pitre, Le bruit traditionnel, Et; commençant une autre ère,

Ne plus traire Le Constitutionnel! »

Ainsi se parle en monarque

Et s'embarque Dans un rêve délirant, Cet aneien apothicaire.

Qui sut faire Éclore Le Juif errant !

Et cependant des coulisses

Ses complices Vont tous prenant le chemin. Voici leur troupe frivole

Qui s'envole, Cigare aux dents, stick en main

En passant chacun s'étonne

Et chantonne, El lui dit sur l'air du Tra :

« Oh ! la vilaine chenille

Qui s'habille Si lard un soir d'Opéra î »

Avril 1846.

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