‹ Odes funambulesques (volume 3)Chapitre 65 sur 74 · POÉTIQUE ET LITTERAIRE · texte numérisé non relu

POÉTIQUE ET LITTERAIRE

On écrivait naguère, en ces temps romantiques Où les chants de Ducis étaient des émétiques, Où, sans pourpoint cinabre, on se voyait banni; Où Prudhomme, ventru comme une calebasse, Était jeté vivant dans une contre-basse Pour avoir contesté les vers de Hernani.

On écrivait, tandis que maintenant on gèle. Où sont les Antony, les Ruy-Blas, les Angèle,

Et ces jours, morts hélas!

Où Frederick, faisant revivre Aristophane. Sous le mépris des sots et la robe d'un âne

Cachait Tragaldabas !

On écrivait, au sein de l'antique Bohème

Où le chat de Mimi brillait sur le poëme,

Où Sehaunard éperdu, dédaignant tout poncif,

Si quelqu'un devant lui vantait sa pipe blonde,

Lui répondait : « J'en ai pour aller dans le monde

Une plus belle encore, » et devenait pensif.

Aujourd'hui Weill possède un bouchon de carafe, Arsène a des maisons, Nadar est photographe,

Yéron maître-saigneur, Fournier construit des bricks de papier, et les mate, Henri La Madelène a fait du carton-pâte :

Lequel vaut mieux, Seigneur?

Décembre 1856.

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