‹ Odes funambulesques (volume 4)Chapitre 14 sur 66 · ACADÉMIE ROYALE DE MUSIQUE · texte numérisé non relu

ACADÉMIE ROYALE DE MUSIQUE

Parnasse lyrique I Opéra f palais d'or î

Salut ! L'antique Muse, en prenant son essor.

Fait traîner sur ton front ses robes sidérales,

Et défiler en chœur les danses sculpturales.

Peinture ! Poésie I arts encor éblouis

Des rayons frissonnants du soleil de Louis !

Musique, voix divine et pour les cieux élue,

groupe harmonieux, Beaux-Arts, je vous salue !

souvenirs ! c'est là le théâtre enchanté Où Molière et Corneille et Mozart ont chanté . C'est là qu'en soupirant la Mort a pris Àlceste ; Là, Psyché, toute en pleurs pour son amant céleste, A croisé ses beaux bras sur le rocher fatal ; Là» naïade orgueilleuse aux palais de cristal, Versailles, reine encore, a chanté son églogue ; Là, parmi les détours d'un channant dialogue. *

99 OPi;S FÇrf^lfPVL^^QtJf^.

ABgéliqae et Renaud, Cybèle avec Atys Ont cueilli la pervenche et le myosotis.

Et la Muse a suivi d'an lopg regard humide Les amours d'Amadis et les amours d'Armide.

Là, Gluck avec Quinault, Quinault avec Lulji Ont chanté leurs beaux airs pour un siècle poli : Là, Rossini, vai^|a^ur des (yre$ ppp3):^l|i&^s. Fit tonner leç çla^roas de s^s jgraodi&s m^lé^s. Et fit naître h sa yoix ces immor);els ^'pier^ Ces vieux maîtres : Auber, H^léyy, l^yerbeer.

C*esl là qu'Esmérald^i, }a danseusie bphj^qijB, Par la voix (}e Falcon ngps ^ dit son poëpae.

Et que chantait aussi (e cygne abandoai^é

Dont le suprjiine chant ne nous fut pa$ donné. Ici Taglioni, la fljle des sylphides, A fait tremb],er son aîle au bord des eaux perp4e«y Puis la D^nsjB fanjtasqi^e auprès d.es mêm,e$ IBotç A fait carillonuiBr ses grappe§ de grelots.

féerie et musique \ 6 najçes embaupi^jss Qu'argentent leç willis et le$ p^les alpi^e^J temple 1 clair séjour de la dançe et 4i| lul^b! Parnasse | palais d'or I graiid Opéra, s^li^t )

Le 'cocher s'est trompé. Nons sommes au Gymnase. * Un peuple de bourgeois, nez rouge et tête rase, Etale des habits de Quimper-Corentin.

Un notaire yentru saute comme un pantin, Auponés d'ua arooé chaaye, une cataracte D'éloquence; sa femme est verte et lit L'Entr'acte. Elle arbore iB Tor 0\ 4^ ^t^^ k foison^ Et renifle, j8t ^ g^rg^ ^ 1-air d'upe ïpai^ofl. Aaprôs 4^ ^ ^^ dpat la f^çe yev^i§.

S'étalent des çei^ nus^ paies comme i^n eoi} ^'^e Plumée ; et, pèle-mèle, au long de tous ces baffes Traînent toute Thermine et tous les vieux turbans Qui; du Rhin à l'Indus, aient vieilli sur la terre. J'apprends que l'un des cous est fille du notaire.

ciel ! voici, parmi ces gens à favoris.

Un vieux monsieur qui porte un habit de Paris. 11 a l'air fort honnête et reste bouche close; Adressons-nous à lui pour savoir quelque chose. C'est une oc^§ipq qii'il ^t l^n ^ saiisi^.

MOI

Monsieur, voudriez-vous me faire le plaisir

De me dire quels sont ces cous d'oie et ces hommes

Jaunes, et dans quel lieu de la terre nous sommes?

Je me snis égaré, cette dame est ma sœur.

Où suis-je?

LE MONSIEUR QUI A l'AIR HONNÊTE.

A rOpéra.

MOI

Vous êtes un farceur î

LE NOTAIRE VENTRU

Oui, biche, le rideau que tu vois représente Le roi Louis quatorze en seize cent soixante Douze, il portait, ainsi que l'histoire en fait foi, Une perruque avec des rubans. IfG grand roi.

Entouré des seigneurs qui forment son cortège, Donne à LuUi, devant sa cour, le privilège De rOpéra, qu'avait auparavant Tabbé Perrin.

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