‹ Odes funambulesques (volume 4)Chapitre 28 sur 66 · LE MIRECOURT · texte numérisé non relu

LE MIRECOURT

Un jour Dumas passait : les divers gens de lettres Devant |son gousset plein s'inclinaient à deux mètres,

En murmurant : c Ils sont trop verts I »

Un mirecourt soudain, fait comme un vilain masque, Fendit la foule, prit son fWine par la basque,

Et lui fit cette scie en vers :

€ Alexandre Dumas, compresse de la presse^ Emplâtre universel posé sur sa détresse,

Moxa qu'elle se met partout, Ecoute-moi, pacha de ces maquets sans nombre. Ombre de Scudéry, qui de Gigogne est Tombre,

Tu n'es qu'un pitre et qu'un berthoud i

€ Tu gâtes le papier de quatre lamartines.

Comme un féval trop plein tu répands tes tartines

Sur Carpentras et Draguignan ; Ta machine à vapeur fait marcher trois cents plumes Et tu fais un gâchis en trente-deux volumes

Des mémoires de d'Artagnan.

« Mais ton Jour vient. II faut dans L9 Sièelê qui tpmbe, Qw le pramier^Paris sous lui creuse ta tombe i

Dieu ta garde mû carcan de boi9 H^m La Démocratie^ un journal de dentiste, Dans le9 entre^lilets du Glo%e^ et daQS L'Artiite,

Feuille qui parait quelquefois I

< Porcher te dira : Zut i Daps le format du Times Tes vieux ours écriront les nomu de tes viotlmes;

Tu les entendras te crier :

Mort et damnation ( et te traiter de canqre, Tous ces fœtus caducs, ces vieux ours teints de Tencre

Qui n'est plus dans ton encrier I

QOeS FUNiMBUI^ESQUSS. i55

€ Ceci t'arrivera, Yacoub, sans que ChamboUe, Solar ni Girardin te soldent une obole

Sur le dernier trimestre échu ; Lors même que Dumas, ainsi qu'Abdolonyme, Vieux et plantant ses choux, prendrait le pseudonyme

De Falempin ou Barbanchu 1 »

Dumas avait un jonc en bois de sycomore, Et près de lui Gautier, qui sur la tête more

FaiUcinq cent vingt pour son éeot :

Docile au mirepoiirt, il lui laissa tout dire, Pencha son front rêveur, puis^avec un sourire

Fit : t As-tu déjeuné, Jacquot? »

Octobre 1846.

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