‹ Odes funambulesques (volume 4)Chapitre 57 sur 66 · POÉTIQUE ET LITTERAIRE · texte numérisé non relu

POÉTIQUE ET LITTERAIRE

On écrivait naguère, en ces temps romantiques Où les chants de Ducis étaient des émétiques, Où, sans pourpoint cinabre, on se voyait banni; Où Prudhomme, ventru comme une calebasse, Était jeté vivant dans une contre-basse Pour avoir contesté les vers de Hemani.

On écrivait, tandis que mainfienant on gèle.

Où sont les Antony^ les Ruy-Blas^ les Angèle^

Et ces jours, morts hélas!

Où Frederick, faisant revivre Aristophane, Sous le mépris des sots et la robe d'un âne

Cachait Tragaldabas !

On écrivait, au sein de l'antique Bohème Où le chat de Mimi brillait sur le poëme, Où Schaunard éperdu, dédaignant tout poncif.

Si quelqu'un devant lui vantait sa pipe blonde. Lui répondait : € J'en ai pour aller dans le monde Une plus belle encore, » et devenait pensif.

Aujourd'hui Weiil possède un bouchon de carafe, Arsène a des maisons, Nadar est photographe,

Véron maître-saigneur, Fournier construit des bricks de papier, et les mâle, Henri La Madelène a fait du carton-pâte :

Lequel vaut mieux, Seigneur?

Décembre 1856.

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