LA SAINTE BOHÈME
.... il cfaanta d'nne toîx tonnante à laquelle nous répondîmes en cbsor : Vive la Bohême! •
Georob Sand, La dernière Aldini,
Par le chemin des vers luisants, De gais amis à Tâme flère Passent aux bords de la rivière Avec des filles de seize ans.
Beaux de tournure et de visage, Ils ravissent le paysage De leurs vêtements irisés Comme de vertes demoiselles, Et ce refrain, qui bat des ailes, Se mêle au vol de leurs baisers :
Avec nous ron chante et Ton aime, Nous sommes frères des oiseaux.
Croissez, grands lys,« chantez, ruisseauXt Et vive la sainte Bohème !
Fronts hâlés par l'été vermeil,
Salut bohèmes en délire !
Fils du ciseau, fils de la lyre.
Prunelles pleines de soleil !
L'aîné de notre race antique
C'est toi, vagabond de l'Attique,
Fou qui vécus sans feu ni lieu,
Ivre de vin et de génie.
Le front tout barbouillé de lie
Et parfumé du sang d'un jiieu!
Avec Ton chante et l'on aime.
Nous sommes frères des oiseaux.
Croissez, grands lys, chantez, ruisseaux, Et vive la sainte Bohème I
Pour orner les fouillis charmants De vos tresses aventureuses.
Dites, les pâles amoureuses.
Faut-il des lys de diamants?
Si nous manquons de pierreries Pour parer de flammes fleuries Ces flots couleur d'or et de miel, Nous irons, voyageurs étranges, Jusque sous les talons des anges • Décrocher les astres du ciel I
Avec nous Ton chante et Ton aime.
Nous sommes frères des oiseaux.
Croissez, grands lys, chantez, ruisseaux, Et vive la sainte Bohème f
Buvons au problème inconnu Et buvons à la beauté blonde.
Et, comme les jardins du monde, Donnons tout au premier venu !
Un jour nous verrons les esclaves , Sourire à leurs vieilles entraves.
Et, les bras enfin déliés.
L'univers couronné de roses, Daas la sérénité des choses Boire aux dieux réconciliés I
Avec nous, l'on chante et l'on aime.
Nous sommes frères des oiseaux. Croissez, grands lys, chantez, ruisseaux.
Et vive la sainte Bohême!
Nous qui n'avon&pas peur de Dieu Comme l'égoïste en démence, 'Au-dessus de la vilie immense Regardons gaiment le ciel bleui Nous mourrons f mais, 6 souyerai^*^®^ . mère t ô nature sereine t Que gloritlaieiK tous nos setig Tu prendras dos cendres ineneS
Pour en faii'e des forêts vertes Et des bouquets resplendissants !
Avec nous l'on chante et Ton aime, Nous sommes frères des oiseaux.
Croissez, grands lys, chantez ruisseaux, Et vive la sainte Bohême !
Juin 1847.
BALLADE