LITTÉRAIRE
Mon ami, n'allez pas surtout vous soucier De la lettré qu'on vous apporte ;
Ce n'est qu'une facture, et c'est uù créancier Qui vient de sonner à la porte.
Parcourant sans repos, dernier des voyageurs.
Les Hélicons et les Permesses, Pour payer mes wagons, j'ai dû chez les changeurs
Escompter l'or de vos promesses.
Vérité sans envers, que l'on nierait en vain, Car elle est des plus apparentes,
L'artiste ne peut guère, avec son luth divin, Réaliser assez de rentes,
m ODES FUNAMBULESQUES.
Ainsi que la marraotte, il se sent mal an doigt
A force de porter sa chaîne:
Toujours il a mangé le matin ce qu'il doit
Toucher la semaine prochaine.
A moins qu'il soit ctiassear de dots, et fait an tonr, Dieu sait quelle intrigue il étale
Pour ne pas déjeuner, plus souvent qu'à son tour. Au restaurant defeu Tantale!
Moi qui n'ai pas les traits de Bacchus, je ne puis Compter sur ma beauté physique.
Je suis comme la Nymphe auguste daAs son puits: Je n'ai que ma hotte à musique t
Ainsi, j'ai beau nommer l'Amour • my dear ehild, i Être un Saint-George à nos escrimes.
Et faire encor pâlir le luxe de Rothschild Par la richesse de mes rimes,
Je ne saurais avec tous ces vers, que paiera
Buloz, s*il survit aux bagarres, D'avance entretenir des filles d'Opéra,
Ni même acheter des cigares.
Oui, moi que l'univers prendrait pour un richard, Tant je prodigue les tons roses,
Je suis, pour parler net, semblable à Cabochard : Je manque de diverses choses.
Le cabaret prétend qye Crédit est noyé.
Et, si ce n'est chez les Osages,
Je m'aperçois enfin que l'argent monnoyé S'applique à différents usages.
Je sais bien que toujours les cygnes aux doux chants.
Près des Lédas archiduchesses.
Ont fait de jolis mots sur les filles des champs
Et sur le mépris des richesses;
Monsieur Scribe lui-môme enseigne qu'un trésor
Cause mille angoisses amères ; Mais je suis intrépide : envoyez-moi de Tor,
Je n'ai souci que des chimères !
Mars 1856.