DES PAUVRES HOUSSEURS
En avant, mes amis ; ans au romantisme ; Voltaire ET l'École normale.
Figaro du 30 décembre 1858.
Un tout petit pamphlétaire Voudrait se tenir debout Sur le fauteuil de Voltaire,
Je vois sous ce mousquetaire Dont le manteau se -découd.
Un tout petit pamphlétaire.
Renvoyez au Finistère Le grain frelaté qu'il moud Sur le fauteuil de Voltaire.
Il sera le caudataire
Du fameux Taine, et, par goût,
Un tout petit pamphlétaire.
Prud'homme universitaire, Il a Tair d*un marabout Sur le fauteuil de Voltaire.
Tirez, tirez-le par terre, Car il a . . . pleuré partout Sur le fauteuil de Voltaire.
Ah I le mauvais locataire !
Bah I Ton raille et Ton absout Un tout petit pamphlétaire.
Bornons là ce commentaire ; Mais il a manqué... de tout Sur le fauteuil de Voltaire.
Le célèbre phalanstère Nous a donné pour ragoût Un tout petit pamphlétaire.
Mons Purgon, vite un clystère I Le pauvre homme écume et bout Sur le fauteuil de Voltaire.
Qui veut, dans son monastère, Jeter Pindare à Tégout?
Un tout petit pamphlétaire.
De Femey jusqu'à Cythère, On rit de voir jusqu'au bout Un tout petit pamphlétaire Sur le fauteuil de Voltaire.
Décembre 1858^.
CHANSON
SUR L'AIR DES LANDRIRY (l)
Voici rautomne revenu.
Nos anges, sur un air connu,
Landrirette, Arrivent loutes^à Paris,
Landriry.
Ces dames, au retour des champs, Auront les yeux clairs et méchants,
Landrirette, Le sein rose et le teint fleuri,
Landriry.
(1) L'assonance et la rime par à peu près y sont de tradition ;voyei Voiture.
Mais celles qui n'ont pas quitté La capitale pour Tété,
Landrirette, Ont Tair bien triste et bien marri,
Landriry.
Nos Aspasie et nos Sontag Se promènent au Ranelagh,
Landrirette, Tristes comme un bonnet de nuit,
Landriry.
Elles ont vu fort tristement La clôture du parlement,
Landrirette, Leurs roses tournent en soucis,
Landriry.
Il est temps que plus d'un banquier Quitte Le Havre ou Villequier,
Landrirette, Car notre Pactole est tari,
Landriry.
Frison, Nais et Brancador Ont engagé leurs colliers d'or,
Landrirette, Et Souris n'a plus de mari,
Landriry.
Mais voici le temps des moineaux ; Les vacances des tribunaux
Landrirette, Vont ramener l'argent ici,
Landriry.
Car déjà, sur le boulevarâ, On voit des habits de Stuttgard
Landrirette, Et des vestes de Clamecy,
Landriry.
Tout cela vient avec l'espoir D'aller à Mabille, ^t de voir
Landrirette, Page et Mademoiselle Ozy,
Landriry.
Le matin, avec bonne foi.
Ils tombent au café de Foy,
Landrirette, Pour lire Le Charivari^
Landriry.
Puis ils s'en vont, à leur grand dam, Acquérir sur la foi de Gham,
Landrirette, Des jaquettes gris de souris,
Landriry.
Un Moulinois de mes cousins Contemple tous les magasins,
Landrirette, Avec un sourire ébahi,
Landriry.
Et déjà, ce nouvel Hassan Guigne un cachemire au Persan^
Landrirette, C'est pour charmer quelque péri,
Landriry.
Il ira ce soir à Feydeau.
Avant le lever du rideau,
Landrirette, Il s'écriera :. t C'est du Grétry,
Landriry î »
Courage Amours, souvent frôlés I Demain les bijoux contrôlés
Landrirette, Se placeront à juste prix,
Landriry.
Bon appétit, jeunes beautés, Qu'adorent les prêtres bottés
Landrirette, De Cypris et de Brididi,
Landriry.
Vous allez guérir derechef Par l'or et le papier Joseph,
Landrirette, Vos roses et vos lys flétris,
Landriry.
Si VOUS savez d'un air vainqueur Mettre sur votre bouche en cœur
Landrirette, Les jeux, les ris et les souris,
Landriry.
Si vous saveï, à chaque pas.
Murmurer : t Je ne polke pas,
Landrirette, »
Vous allez gagner vos paris,
Landriry.
Vous allez avoir des pompons, Des fleurettes et des jupons
Landrirette, Gomme en portait la Dubarry,
Landriry.
Vous aurez, comme en un sérail, Plus de perles et de corail,
Landrirette, Qu'un marchand de Pondichéry,
Landriry.
248 ODES FUNAMBULflSQUES.
Plus d'étoiles en diamant
Qu'il ne s'en trouve au firmament
Landrirette, Ou dans un roman de Méry, • Landriry.
Et cet hiver à l'Opéra,
Où quelque Âmadis vous paiera^
Landrirette, Vous poserez pour Gavarni;
Landriry.
Septembre 1846.
Il I— >■ I
BALLADE