‹ Odes funambulesques (volume 5)Chapitre 59 sur 75 · PANTOUM · texte numérisé non relu

PANTOUM

L'automne est doux; adieu, libraires!

L'oiseau chante dans le sillon.

Honselet dit à ses confrères :

« Êtes- vous or pur ou billon? »

L'oiseau chante dans le sillon.

Le ciel dans les vapeurs s'allume.

« Êtes- vous or pur ou billon?

Répondez, soldats de la plume. »

Le ciel dans les vapeurs s'allume :

Ma mie, il faut aller au bois.

« Répondez, soldats de la plume, Ne parlez pas tous à la fois. »

Ma mie, il faut aller au bois, .

Là -bas où la brise soupire.

€ Ne parlez ^as tous à la fois :

Lequel de vous est un Shakspere ? »

Là-bas où la brise soupire, Il fait bon pour les cœurs souffrants :

« Lequel de vous est un Shakspere?

Lequel est Balzac? Soyez francs, i

Il fait bon pour les cœurs souffrants :

Sur la mousse je veux qu'on m'aime, t Lequel est Balzac? Soyex francs.

— Balzac? dit chacun, c'est moi-môme. »

Sur la mousse je veux qu'on m'aime, De la seule étoile aperçu.

— t Balzac ? dit chacun, c'est moi-même , » , Monselet rit comme un bossu.

De la seule étoile aperçu.

Qu'un baiser de feu me dévore I Monselet rit comme un bossu.

Bon biographe, ris encore I

264 ODESl funambulesques.

Q*un baiser de feu me dévore f Hélas i le bonheur est si court !

Bon biographe, ris encore, On n'entendra plus Mirecourt.

Hélas ! le bonheur est si court I désirs vains et téméraires t On n'entendra plus Hirecourt, L'automne est doux : Adieu, libraires I

Septembre 1856.

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