‹ Odes funambulesquesChapitre 21 sur 42 · RONDEAUX · texte numérisé non relu

RONDEAUX

Rolle n'est plus vertueux.

vjue l'Aurore ait à son corsage Cent mille fleurs pour entourage Et teigne de rose le ciel, Rolle dort comme un immortel, Sans s'inquiéter davantage.

Mais que, sur sa lointaine plage, L'Odéon donne un grand ouvrage, Rolle s'y rend, plus solennel Que l'Aurore.

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Ce capricieux personnage, Dont, par un heureux assemblage, Le patois traditionnel Plaît au Constitutionnel, Aime mieux voir lever Bocage Que l'Aurore.

Janvier 1846.

ip8 ODES FVN AMB VLESQ^VES.

Mademoiselle Page.

1 âge blanche, allons, étincelle !

Car, ce rondeau, je le cisèle Pour la reine de la chanson, Qui rit du céleste Enfançon Et doucement vous le musèle.

Zéphyre l'éventé avec zèle, Et, pour ne pas vivre sans elle, Titania donnerait son Page.

ODES FVNAMBVLESÇTVES. IÇÇ

Le bataillon de la Moselle A sa démarche de gazelle Eût tout entier payé rançon.

Cette reine sans écusson, C'est Cypris, ou Mademoiselle

Août 1858.

ODES FVNAMBVLESQ^VES.

Brohan.

ja mère fut quarante ans belle.

Dans ses yeux la même étincelle D'amour, d'esprit et de désir, Quarante ans pour notre plaisir Brilla d'une grâce nouvelle.

Le même éclat paraît en elle ; C'est par cela qu'elle rappelle Notre plus charmant souvenir, Sa mère.

ODES FVNAMBVLESQVES.

Elle a les traits d'une immortelle.

C'est Cypris dont la main attelle A son chariot de saphir Les colombes et le zéphir; Aussi l'Enfant au dard l'appelle Sa mère.

Juin 1855.

ODES FVNAMBVLESQJVES.

Arsène.

\J ù sait-on mieux s'égarer deux, parmi Les myrtes verts, qu'aux rives de la Seine ? Séduit un jour par l'Enfant ennemi, Arsène, hélas ! pour lui quitta la saine Littérature, et l'art en a gémi.

Trop attiré par les jeux de la scène,

Il soupira pour les yeux de Climène,

Comme un Tircis en veste de Lami-

HousseL

ODES FVN AMBVLESQ^VES. 20]

Oh ! que de fois, œil morne et front blêmi, Il cherche, auprès de la claire fontaine, Sous quels buissons Amour s'est endormi ! Houlette en main, souriante à demi, Plus d'une encor fait voir au blond Arsène Où c'est.

Juillet 1849.

ODES F V H A M B V L E S QV E S.

Madame Keller.

\) uel air divin caressa l'amalgame

De ces lys purs qui nous chantent leur gamme :

Plus patient que les doigts du Sommeil.

Quel blond génie avec son doigt vermeil

De cette neige a su faire une trame?

Ses dents pourraient couper comme une lame Les dents du tigre et de l'hippopotame, Et sou col fier a du marbre est pareil. Quel air!

ODES FVN AMBVL ESQ^VES. 2C>5

Ovide seul, dans un épithalame, Eût pu monter son vers que rien n'entame A la hauteur de ce corps de soleil ; Junon, Pallas, Vénus au be4 orteil.

Même Betti, le cèdent à madame Relier.

Janvier 1846.

206 ODES FVNAMBVLESQ^VES.

Adieu, Paniers.

Lyre d'argent, gagne-pain trop précaire, Dont les chansons n'ont qu'un maigre salaire^ Je vous délaisse et je vous dis adieu. Mieux vaut cent fois jeter nos vers au feu Et fuir bien loin ce métier de galère,

En vain, ma lyre, à tous vous saviez plaire ; Vous déplaisez à ce folliculaire De qui s'enflamme et gronde pour un jeu L'ire.

ODES FVNAMBVLESQ^VES. IOJ

Vous n'avez pas, hélas ! de caudataire. Vous n'enseignez au fond d'aucune chaire Le japonais, le sanscrit et l'hébreu.

Cédez, ma mie, à ce critique en feu Dont les arrêts ne peuvent pas se faire Lire.

Novembre 1845.

208 ODES FVNAMBVLES^VES.

A Désirée Rondeau.

i\ondeau frivole, où ma rime dorée

Vient célébrer une femme adorée,

Dis ses attraits dont s'affole chacun,

Et ses cheveux pleins d'un si doux parfum,

Qu'eût enviés la Grèce au temps de Rhée.

Dis les Amours qui forment sa chambrée; Et dis surtout à notre muse ambrée Que son éloge aurait mieux valu qu'un Rondeau !

ODES FVNAMBVLESQ^VES. 2O9

Dis qu'en son nid, si cher à Cythérée, Notre misère est souvent préférée Au sac d'écus d;un Mondor importun.

Et que toujours, pour le poète à jeun S'ouvrent les bras charmants de Désirée Rondeau.

Novembre 1845.

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