Odes
1550 (f. 107 b- 135b) un recueil de 18 pièces num. 1555 (f. 102b-128) — XXÏI Odes et 6 pièces
non num.
1560 if. 155 -199b) — LU Odes num.
1567 (f. 155b-198) — LI Odes mal num.
1571 (p. 319 -403) — L Odes.
1573 (p. 286 -364) - XLVI Odes.
1584 (p. 347 -337) — XLI Odes.
1587 (p. 226 -281) — XXXIII Odes.
Notre édition comprend donc les 46 Odes de 1578 et un Supplément de 6 Odes, numérotées de 116 à 167 comme le montre le tableau suivant.
1550 lc55 1560 1571 1578 1584 15S7
sans n°
sans n°
La 18^ Ode de 1550, (XXII e de 1555, XXIII e de 1560) est, en 1578, la XXXVI « du Livre V. - L'ode XXVI de 1560 est placée aux Amours de 1567 à 1587 et nous l'avons publiée à la page 370 de notre édition du 1er Livre desdits Amours: nous donnons ici le texte de 1560 en Appendice.
L'édition de 1553 renferme les mêmes odes que celle de 1550, moins cependant 162 et 163.
Remarquons que 1550 renferme deux odes, 162 et 163 supprimées dans toutes les éditions subséquentes et que l'éditeur lyonnais de 1592, Th.
Soubron, injustement déprécié, fut le premier à recueillir.
1555 fournit huit pièces nouvelles: llô, 126, 127, 131, 132, 133, 134, 136. L'Epitaphe de Ian de la Peruse, Angoulmois qui s'y lit entre les odes IX et X, est mieux placée, plus tard, dans les Poèmes, tout de même que l'Epitaphe de Rose, celle de Thomas et aussi celle de Hercule Strosse qui figurent au IVe livre.
1560 conserve les huit pièces nouvelles de 1555 et y ajoute 27 pièces prises: aux Amours de 1553: 143; — aux Meslanges de 1555: 137, 141. 142, 144, 145, 146, 147, 148, 149, 150, 151, 152, 153, 154, 155, 156, 166; — à la Continuation des Amours de 1555: 138, 157, 158, 159, 160; — à la Nouvelle Continuation des Amours de 1556: 139, 140, 161, 167. Ce n'est point à ces trois derniers recueils directement que Ronsard a puisé, mais bien plutôt à la première édition collective de ses Œuvres publiée „A Rouen, par Nicolas le Rous, 1557". Elle comprend, en trois paginations distinctes, les Amours, — la Continuation première et seconde des Amours, — le Bocage et les Meslanges.
Et si cette macédoine de textes nous semble bizarre, c'est que la publication des Odes de 1560 fut provoquée par l'apparition des Odes d'Olivier de Magny en 1559. Ronsard ne pouvait se laisser distancer et aux cinq livres du poète Quercynois vinrent promptement s'opposer les cinq livres — un peu bien hâtivement constitués — du poète
Vandomois. La moisson de 1550 et 1553 était peu abondante, l'apport de 1555 était des plus minimes et la Muse était rétive au point de ne fournir que cinq pièces: le poète dut donc recourir aux recueils déjà publiés; il y puisa sans beaucoup de discernement et il est inutile de chercher à justifier son choix par un autre motif que la précipitation. Les treize pièces empruntées aux Mes langes et placées ici à la queue leu ieu, 144 à 156, suffiraient à confirmer notre assertion, si le même IVe livre ne nous apportait une preuve d'un autre genre.
Ce n'est, en effet, que dans la seule édition de 1560, que l'ode 137, dédiée „à sa Lyre", en 1555, est dédiée „A Iean Brinon, et à sa Sidère", — l'un et l'autre titre disparurent ensuite. Or le premier livre des Odes de Magny renfermait une „Elegie d'Amour, et de la Sidère de Ian Brinon Parisien" dans laquelle, par un hors d'oeuvre assez mal amené, vingt deux vers célébraient Ronsard, le „Phebus Vandomois". Ce dernier se rappela alors qu'il avait placé en tête de la deuxième édition de ses Meslanges, en 1555, une Odelette à Ian Brinon, et à sa Sidère.
Il laissa cette Ode enfouie dans ce recueil, supprima même la dédicace à Ian Brinon de la pièce sur l'Arondelle : Si tost que tu sens arriver (en 1560, livre V, ode XVIII, f. 239 v°) mais par contre crut faire merveille en transposant la dédicace de l'Odelette ci-dessus à la pièce extraite des Mélanges et qui devint, en 1560, l'Ode XXV du Livre IV.
Dans l'édition de Rouen, 1557, cette même Ode,, dédiée „à sa Lire" est placée en tête de LES II MES- LANGES DE || P. DE RONSARD, Il Dédiées à Ian Brinon, — sans aucune allusion à Sidère. En 1555, enfin, c'est le titre lui-même qui porte LES II MES- LANGES H DE P. DE RONSARD, Il DEDIEES A IAN II BRINON, et l'Ode en question est aussi adressée „A sa Lyre".
HUGUES VAGANAY.