‹ OEconomiques, 1745. Pub. avec introduction et table analytiqueChapitre 111 sur 168 · FINANCES · texte numérisé non relu

FINANCES

LA Taille y porte le nom de Subvention ; la Capitation et les autres Impositions extraordinaires y ont lieu comme dans les Pays d'Elections.

Le Domaine foncier est d*un très-petit objet, et ne consiste qu'en quelques droits de Justice, Terrages, Moulins, Fours-Bannaux, etc. mais le Roy y a établi le Gontrolle des Exploits, celui des Actes des Notaires et droits y joints, la Ferme du Tabac, le Papier Timbré, la Marque du Fer et celle de TOr et de TArgent.

149] La vente du Sel fait une des plus considérables parties des revenus de cette Province, de laquelle le Roy retire annuellement environ.

SçAvoiR :

Recette générale 850000. liv.

Gabelle produit brut 360000^.

Marque des Fers, non compris Sedan 24000.

Gontrolle et Domaines 266000..

Pied-Fourché ou Droits de Boucheries 45000 .

Tabac produit brut 65000.

Marque d'Or et d'Argent 4000.

Décimes.. ^. 20000.

Huiles et Savons, attendu que les 3000 livres * imposées pour abonnement de la Province sont compris dans larticle cy-dessus de la Recette générale frais déduits pour 400.

Gages Intermédiaires étant compris dans la partie de la Recette générale pour Mémoire .

1634400. liv.

106 OBCONOMIQUBS [i^^]

COMMERCE

QUoiQUB le Pays soit généralement assez bon, cependant il ne suffit pas, pour les grains, à la subsistance de ses Habitans, parce qu'il est fort peuplé et [150] serré de toutes parts par la Lorraine qui occupe les meilleures campagnes.

Le canton de TEvêché est le plus gras, il s'y recueille quantité de vins, les meilleurs sont ceux de la côte opposée à celle où est située la Ville de Metz. La vente de ces vins jette beaucoup d'argent dans le Pays; cependant les Lorrains commencent à ruiner ce produit, parce qu'ils se sont addonnés depuis quelque tems à planter des vignes dont les vins quoique de moindre qualité que ceux de l'Ëvêché, plaisent aux soldats à cause de la médiocrité du prix.

Ou trouve aussi dans le canton de Vie quantité de ruisseaux et de petites rivières qui forment des étangs, dont il y en a d*une grande étendue, et dont les pêches abondantes sont une partie considérable du Commerce.

Les Marchandises du crû de la Province qui s'y consomment, et dont l'excédent passe à l'Etranger, sont quelques Eaux-de-Vie, de l'Huile de Navette, des Cuirs de Bœufs, Vaches et Veaux tannés, des fruits, des toilles, quelques ouvTages de lainerie et de boulonnerie, des Ratines, des Serges, Droguets, Etamines, le tout en petite quantité.

Les Marchandises qui entrent sont, de la Clinquaiilerie et Mercerie de toutes sortes qui viennent de Hollande, de Francfort, de Mayence et de Worms, de la poterie qui vient de Cologne, des Bijouteries et Etoffes de Soye qui viennent de Lyon, et de Paris, des bestiaux, du fromage, du beurre, des Pelleteries et du bois de sciage qui viennent des Vosges, des chevaux qui viennent d'Allemagne, de la graine de Navette et des grains de toutes sortes qui viennent de Lorraine.

[151] Comme la Meuse et la Moselle passent en descendant sur plusieurs petites- Souverainetés, les droits de Péage deviennent si considérables des Evêchés en Hollande et de même pour le retour, qu'ils excédent quelquefois la valeur des Marchandises, de sorte que presque tout le Commerce se fait par terre.

11 y a eu plusieurs projets pour rendre la Mozelle navigable le plus près de sa source qu'il seroit possible, pour faciliter entr autres

choses le transport des Mats de Navires et des planches que Ton tire de la Vosge ; on avoit même dessein de la faire communiquer à la Meuse par un canal entre Toul et Pagny ; mais tous ces projets ont été abandonnés depuis la restitution de la Lorraine.

Il y a une liberté entière de tout Commerce et communication réciproque entre les Ëvêchés et la Lorraine authorisée par plusieurs Concordats faits entre les deux Peuples, confirmés par F Article XVI . du Traitté de Riswick et par le XXXIII*'. de celui de Paris du 21. Janvier 1718. en conséquence desquels il est permis de tirer des deux Pays toutes les denrées du crû et concrû des Habitans respectifs, de faire passer debout les Marchandises étrangères, suivant les conventions faites entre les Evêques et les Ducs en 1604, 1610, 1614, 1615, 1642, et 1661. aux conditions y portées, à la charge des droits de Ilaut-Conduit énoncés dans la Déclaration de Lorraine du mois d'Août 1704. Sur quoi il est à remarquer que la France ne lève aucuns Droits sur les Lorrains, si ce n*est quelques entrées dans les grandes Villes, lorsque les Marchandises y sont consommées, et dont elles sont exemptes lorsqu'elles passent de-bout.

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