BUREAU DE TOUL
TOUL sur la Moselle, à dix lieues de Metz, est une Ville fort ancienne. César en fait mention dans ses Commentaires, ainsi que plusieurs Auteurs : son Temporel étoit autrefois aussi étendu que TEvêché l'est aujourd'hui pour le Spirituel.
Cette V^ille étoit comprise dans le Royaume d'Auslrasie, et fut assujettie comme les autres par Othon Premier sous le Règne de Louis d^Outremer.
Elle eut des Comtes héréditaires pendant plus de 200. ans; mais la race s'en étant éteinte environ Tan 1150. les [170] Evêques en prirent le titre, et les Ducs de Lorraine celui d'Avoué, dont ceux-ci prenoient Tlnvestiture des Empereurs.
En 1552. cette Ville se mit sous la protection d'Henry II. ce qui n'empêcha pas le Duc Charles de Lorraine d'y exercer son droit de protection, et d'y lever le Tribut malgré l'opposition des Officiers Royaux. Cette prétention a toujours été agitée dans les différens Traités faits avec la Maison de Lorraine, ainsi qu'il paroit par celui des Pyrennées, par le dernier Article de celui de Vincennes de l'an 1661 . par leX^. de celui de l'an 1663. et lors de la restitution de la Lorraine faite au Duc Léopold petit Neveu du Duc Charles qui en avoit été dépouillé en 1670. Mais enfin le Duc Léopold s'est désisté de toutes ses prétentions par le VII®. Art. du Traité de Paris de l'an 1718. ne pouvant plus faire valoir les droits de l'Avouerie qu'il tenoit des Empereurs et de l'empire, la Souveraineté de la Ville et de l'Evêché ayant été cédée à perpétuité à la Couronne de France par le Traité de Westphalie. Les fortifications de la Ville de Toul n'ont été commencées qu'après la Paix de Riswick, et ne sont pas encore achevées.
Ce Bureau qui étoit très-considérable lorsque la Lorraine étoit réunie aux Evéchés, est devenu un des moindres par la restitution de cet Etat à ses Princes, il étoit alors composé de 404. Villes, Paroisses ou Communautés, dont il en a été rendu 346. par le Traité de Riswick, en sorte qu'il n'en reste plus que 58. qui renferment environ 10000. âmes qui exploitent environ 900. charrues, et payent annuellement de toutes Impositions au Receveur dudit Bureau la somme de 92969. livres.
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