BUREAU DE THIONVILLE
TmONVILLE sur la Moselle à cinq lieues de Metz, étoit dans le VIII®. siècle une Maison Royale, où Ton trouve que Pépin, premier Roy Carlovingien, tint une Assemblée. Il y en a été tenu par la suite plusieurs autres tant Politiques qu'Ecclésiastiques, et les Empereurs et Rois François y ont souvent demeurés dans le IX*. siècle.
Dans le X®. siècle Thionville vint au pouvoir de Seigneurs particuliers qui en prirent le nom ; mais la race masculine en étant éteinte en 1200. les Comtes de Luxembourg l'unirent à leur Domaine, elle fut fortifiée par Charles-Quint, et prise en 1558. par r Armée Françoise sur Philippe IL Elle fut rendue par le Traité de Cateau-Cambresis, et prise Tan 1643. par l'Armée de France, commandée par M. le Prince de Condé,
Enfin par le XLI. Article du Traité de Paix des Pyrennées, cette Ville et toute sa gouvernance a été cédée [175] à la Couronne de France ; mais cet Article n'a jamais été bien entendu de la part de la France, ni exécuté de la part des Espagnols.
Le territoire anciennement conipris dans la gouvernance de Thion ville commence à la Moselle, à deux lieues au-dessous de Metz, et s'étend en avant des deux côtés de cette Rivière jusqu*à Trêves, sur la droite jusqu^à la Rivière de la Saare, et sur la gauche jusqu'à celle de Saure. Cependant l'Empereur à qui ces Pays n'ont été cédés que pour en jouir, conformément au Traité des Pyrennées, occupe actuellement la Mairie de Remeick et la Prévôté de Greffmacker avec leurs enclaves, ce qui coupe la navigation et la communication de France avec le Haut-Rhin d'un côté, et de Fautre avec le Pays de Liège, de Gleves, de Julliers, de Gueldres, etc. et trouble entièrement le commerce des Evêchés; outre que le Domaine et les Impositions rapporte roient annuellement au Roy plus de quatre cens mille livres. Il a été fourni à ce sujet d'excellens Mémoires aux Ministres dans les tems de Congrès, apparemment que des affaires plus importantes ont empêché d'y faire attention.
Suivant TEtat joint à TEdit de Création de l'Office de Receveur de Thionville, le Rureau se trouvoit composé de la Ville et Prévôté de Thionville, de celle de Sierck, du Ran de Razaille et de la Ville et Prévôté de Rric et Freistroff.
La Lorraine ayant été rendue à son Prince par le Traité de Riswick, on démembra dudit Rureau, ladite Ville et Prévôté de Rric et Freistroff; mais le Roy ayant réservé la Ville de Sarrelouis avec la Ranlieue et la Ville et Prévôté de Longwy, à la charge de donner au Duc de [176] Lorraine un équivalent dans les Evêchés, leurs territoires furent joints et unis audit Rureau par Arrêt du Conseil du 25. Mars 1698. de manière qu'il se trouva composé de 204. Paroisses. Mais les deux Villes de Longwy et de Sarrelouis sont exemptes de Subvention par tacite réconduction des Lettres Patentes de leur établissement de l'année 1683. par lesquelles il leur avoit été accordé pour un tems qui est expiré, plusieurs Privilèges afin de favoriser la Colonie.
C'est sur le pied de cet établissement et de cette étendue que les deux Offices furent levés, dont la Finance payée aux Parties Casuelles monta à près de 50000. liv. mais par le V<^. Article du Traité conclu à Paris au mois de Janvier 1718. Sa Majesté ayant rendu à S. A. R. cinquante-une Paroisses dépendantes de la Prévôté de Longwy, ledit Rureau ne se trouve plus être composé que de 153. Paroisses qui renferment en tout environ 6000. âmes, qui
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exploitent 1300. charrues environ, et payent annuellement de toutes Impositions au Receveur dudit Bureau la somme de 97874. livres.