CHAPITRE VI
Peu de temps après la disparition de Judith, un léger vent -du sud s'éleva, et Hutter déploya une large voile carrée qui avait appartenu jadis à un lougre d' Albany. L'elTet de cette manœuvre fut bientôt assez sensible pour rendre inutile le travail des avirons. Deux heures plus tard, le château était visible à travers l'obscurité de~la nuit et dressait sa tète hors de l'eau à la distance de cent vergues environ ; la voile fut alors carguée, et le bateau dériva par degrés jusqu'à l'édifice, où il fut amarré.
Personne n'avait visité la maison depuis que les deux chasseurs l'avaient quittée. Elle était plongée dans le repos de minuit, comme un type de la solitude au désert. Gomme on savait que l'ennemi était proche, Hutter ordonna à ses filles de ne pas user de lumière, ce qu'on faisait d'ailleurs rarement pendant l'été.
— En plein jour, ajouta Hutter, établi derrière ces bûches solides, je ne craindrais pas une armée de sauvages qui n'aurait aucune cachette pour s'embusquer. J'ai trois ou quatre fusils toujours chargés, entre autres une carabine infaillible. Mais si j'attirais les Indiens ici pendant la nuit, je ne saurais comment m'en défaire. Au reste, je suis plus en sûreté sur l'eau que sur terre. Quelques gens trouvent ma demeure trop exposée, mais je crois avoir bien fait de jeter l'ancre dans ce mouillage, au large des buissons et des fourrés.
— On prétend que vous avez été marin, vieux Tom, dit avec sa brusquerie ordinaire March frappé des expressions dont le vieux Tom se servait. On assure encore que, si vous vouliez, vous raconteriez d'étranges histoires de batailles navales et de naufrages.
— Il y a des gens dans le monde, répondit Tom d'une manière evasive, qui vivent des pensées d'autrui, et qui viennent jusque dans ces bois. Ce que j'ai été et ce que j'ai vu dans ma jeunesse est moins important que ce que sont les sauvages. Il vaut mieux s'occuper de ce qui nous arrivera dans les vingt-quatre heures prochaines que de ce qui s'est passé il y a vingt-quatre ans.
— C'est parler sensément, dit Hurry au Tueur-de-Daims, nous avons à veiller sur Judith et sur Hetty ; sans parler de nos têtes, qui pourraient être compromises. En attendant, couchons-nous sans chandelle. Je dors aussi bien dans l'obscurité qu'en plein midi, et je n'ai pas besoin de lumière pour me voir fermer les yeux.
Les deux jeunes filles se retirèrent; et aussitôt le vieux Tom invita ses compagnons à retourner dans l'Arche, où il leur fit part du projet qu'il avait conçu.
— Ce qui est important pour nous, dit-il, c'est d'être maîtres des eaux. Or nous possédons ici trois canots : deux à moi, un à Hurry ; mais j'en connais encore deux autres cachés dans des troncs d'arbres creux, et les sauvages ne manqueront pas de les découvrir demain.
— Ami Hutter, interrompit Harry, il n'y a pas d'Indiens capables de déterrer un canot bien abrité, et Tueur-de-Daims peut vous dire que je suis si habile à cacher une barque que je ne la retrouve plus moi-même.
— C'est vrai, dit le jeune chasseur; mais je la retrouve à votre défaut, et c'est une circonstance dont il faut tenir compte. Je suis de l'avis de maître Hutter : il vaut mieux croire à la sagacité des sauvages que de s'en rapporter à leur peu de clairvoyance. Hâtons-nous donc, s'il est possible, d'amener ces deux canots au château.
~ Est-ce que vous avez envie d'être de la partie? demanda Hutter avec surprise.
— Assurément, je suis prêt à m'enrôler dans toute expédition qui n'est pas contraire à la dignité d'un blanc. La nature nous ordonne de défendre notre vie et la vie des autres ; aussi vous suivrai-je jusque dans le camp des Mingos; je m'efforce-
rai de faire mon devoir si l'on en vient aux coups; mais, n'ayant jamais vu le feu, je ne puis promettre plus que je ne saurais tenir. Chacun est sûr de ses intentions, mais on ne connaît ses forces qu'après en avoir fait l'épreuve.
— Vous parlez avec une modestie convenable, s'écria Hurry; Bien que vous n'ayez point d'égal contre les daims, je ne m'attends pas à vous trouver très-belliqueux. Entre le son d'un fusil de chasse et celui d'une carabine de guerre il y a la même différence qu'entre le rire de Judith et le grognement d'une fermière hollandaise.
Les hommes sont d'ordinaire très-sensibles aux doutes qu'on émet sur leur courage, surtout quand ils ont la conscience qu'ils sont fondés. Cependant le Tueur-de-Daims ne parut nullement choqué des soupçons injurieux de son camarade. — Nous verrons, dit-il avec douceur : n'ayant jamais essayé, j'attendrai l'expérience pour me former une opinion sur moimême; alors je parlerai avec certitude et sans jactance. 11 y a des gens très-vaillants avant le combat qui n'y font pas grande besogne, et d'autres qui, s'ignorant d'abord eux-mêmes, finissent par s'en tirer à leur honneur.
— En tout cas, jeune homme, dit Hutter, vous savez ramer, et c'est tout ce que nous vous demandons ce soir. Ne perdons plus de temps, entrons dans le canot et agissons au lieu de parler.
Hurry et le Tueur-de-Daims prirent les rames, et le vieillard vint s'asseoir auprès d'eux après être rentré dans la maison et avoir conféré quelques minutes avec Judith. S'il y eût eu un temple élevé à Dieu dans cette solitude, son horloge aurait sonné minuit au moment où commença l'expédition. Les ténèbres s'étaient épaissies; cependant le temps était clair et la lueur des étoiles suffisait pour guider les aventuriers. Hutter, qui connaissait seul la place où les canots étaient cachés, se chargea de gouverner pendant que ses deux compagnons ramaient avec précaution, de peur que le clapotement de celte nappe d'eau n'arrivât aux oreilles de leurs ennemis dans le silence d'une nuit profonde. Au bout d'une demiheure, on toucha le rivage à environ une lieue du château.
— Arrêtons-nous, dit Hulter à voix basse, et observons. Il faut être tout yeux et tout oreilles, car ces gredinsont des nez de limier.
On exanfiina avec soin les bords du lac; aucune trace de camp ne s'y remarquait, et l'on cherchait en vain sur les flancs de la montagne ces filets bleuâtres qui s'élèvent des derniers tisons d'un foyer éteint. Comme on était assez loin de la crique où les Sauvages avaient été aperçus, on pouvait débarquer sans danger. Hutter et March s'aventurèrent sur le sable en laissant au Tueur-de-Daims la surveillance du canot. Le vieux Tom prit les devants, et il eut soin de s'arrêter tous les trois ou quatre pas pour écouter les bruits qui pouvaient déceler la présence d'un ennemi. Partout régnait le calme le plus profond, et tous deux atteignirent, sans être inquiétés, le tilleul où se trouvait l'un des canots.
— C'est là, murmure le vieux Tom ; passez-moi d'abord les rames, et retirez l'embarcation avec soin : car les scélérats peuvent l'avoir laissée là comme une amorce. Tenez ma carabine prête en mettant le canon de mon côté, et regardez si le bassinet est plein. Dans le cas où l'on m'attaquerait, étant chargé, je pourrai du moins lâcher la détente.
— Tout est en ordre, dit Tom ; agissez lentement et laissezmoi vous conduire.
Hurry chargea le canot sur ses épaules et retourna à la plage avec lenteur, de peur de culbuter sur les flancs inclinés de la montagne. Vers la fin du voyage, le Tueur-de-Daims fut obligé d'aller à la rencontre de ses compagnons pour aider à soulever la barque au-dessus des buissons. Grâce à son assistance, elle fut bientôt placée à côté de l'autre canot et remorquée vers le milieu du lac, où Tom l'abandonna sachant que la brise du sud la pousserait du côté de sa maison. De là le vieillard gouverna vers la pointe où March avait tiré vainement sur un daim. Elle était voisine de la baie, et la prudence devenait plus nécessaire que jamais sur ce territoire ennemi. A cette place, il n'y avait point de pente à gravir; les montagnes se dessinaient comme une masse sombre à un quart de mille plus loin, séparées du sable par une plaine couverte çà et là de
grands arbres. Celui qui renfermait le canot était situé à moitié chemin de l'endroit où la pointe très-resserrée se réunissait au continent.
Tom et Hurry abandonnèrent encore la surveillance de l'embarcation à leur collègue et s'avancèrent à la découverte du dernier canot, qu'ils trouvèrent aisément. Favorisés par la proximité de l'eau, ils le mirent à flots, et l'eurent bientôt conduit au mouillage où les attendait le Tueur-de-Daims.
— Nous avons déjoué les ruses des Indiens, dit Hurry en éclatant de rire; s'ils veulent visiter le château, il faudra qu'ils se jettent à la nage. En vérité, vieux. Tom, vous avez eu une idée sublime en vous installant au milieu du lac. 11 y a des hommes qui regardent la terre comme plus sûre que l'eau ; mais les castors, les rats et autres bêtes intelligentes se précipitent dans les flots quand ils sont serrés de près.
— Abordons, dit Hutter, et voyons s'il n'y a point de traces de camp autour de la baie.
Tous trois s'avancèrent sur la plage, et bientôt un tressaillement général prouva qu'ils avaient aperçu simultanément quelque chose. C'était un brasier mourant dont la lumière papillonnait sur les objets environnants. Ce feu avait été probablement allumé par une bande d'Indiens, et le vieux Tom, qui savait qu'une source était proche et que l'endroit était favorable à la pèche, en conclut aussitôt que les Sauvages avaient dû y rassembler leurs femmes et leurs enfants.
— Ce n'est pas là un camp de guerriers, dit-il à Hurry, et il doit y avoir quelque butin à prendre autour de ce foyer. Renvoyez le jeune homme au canot, car il ne serait bon à rien, et allons tous deux à la découverte.
— Votre avis est excellent, vieux Tom. Tueur-de-Dairas, retournez aux embarcations et dirigez-vous vers le milieu du lac ; vous laisserez aller l'une d'elles à la dérive. Si nous avons besoin de vous, J'imiterai le cri d'un plongeon. D.ins le cas où vous entendriez nos carabines et où vous auriez envie de guerroyer, venez nous rejoindre pour voir si vous avez la maia aussi sûre contre les Sauvages que contre les daims.
— Croyez-moi, Hurry, ne vous exposez pas...
— Nous VOUS remercions, mon garçon, mais notre parti est pris. Menez donc le canot au centre du lac, et à votre retour il y aura du mouvement dans ce camp.
Le chasseur, qui savait à quoi s'en tenir sur l'entêtement des hommes des frontières, n'insista pas davantage; il conduisit ie canot au point indiqué, le lâcha près du centre de la nappe liquide, et revint promptement vers là terre ; il se cramponna aux roseaux, dont les touffes s'étendaient à une centaine de pieds du rivage, et attendit les deux aventuriers avec la plus vive anxiété. Son attente fut longue, surtout pour un homme qui voyait un lac pour la première fois, et qui ne connaissait qu'en théorie la guerre des frontières. Il était patient, maître de lui-même, et sentait la nécessité d'être prudent; mais il ne put se défendre d'une certaine agitation quand il entendit sur la rive le cri perçant d'un plongeon. Était-ce celui d'un oiseau véritable ou le cri de ses compagnons? Ce fait ne demeura pas longtemps incertain. Le même cri fut répété quelques minutes après, et le Tueur-de-Daims fut convaincu que c'était un son naturel, malgré l'habileté de March à contrefaire le chant des oiseaux.
Mais peu d'instants après, des sons d'une autre espèce se firent entendre sur les bords du lac. C'était la voix d'une femme en détresse, ou celle d'un jeune enfant. Sans savoir de quel côté il devait se diriger, Nathaniel lâcha les roseaux et se mit à ramer. Il ne tarda pas à entendre le frôlement des buissons et le craquement des branches mortes sur le rivage qu'il longeait, et qui présentait en cet endroit un escarpement presque perpendiculaire. Il était hors de doute que des fugitifs cherchaient à se frayer un passage entre les taillis. Tout à coup les détonations de cinq ou six carabines furent répétées par les échos ; ils furent suivis par les cris qui échappent au plus brave dans un moment de surprise, et par le bruit bien distinct d'une lutte corps à corps.
— Il me glisse dans la main ! s'écrie Hurry avec la fureur du désappointement. Ce démon a la peau graissée! Tiens... voilà pour ta peine!
Ces mots furent suivis par la chute d'un corps pesant au
milieu des broussailles; c'était celui du sauvage, dont March s'était débarrassé sans cérémonie. La fuite et la poursuite' recommencèrent, et le jeune homme vit une forme humaine descendre l'escarpement et s'avancer à grands pas dans l'eau. Il prit aussitôt ses rames pour aller à la rencontre de ses compagnons, sans s'inquiéter d'être remarqué. 11 se mettait à peine en mouvement, quand Hurry, littéralement chargé d'ennemis, roula sur la grève en remplissant l'air de ses imprécations. L'athlétique chasseur, étendu à terre et presque étouffé sous le poids de ses antagonistes, imita le cri du plongeon d'une manière qui aurait excité le rire en de moins terribles circonstances. Hutter, qui était déjà assez loin dans l'eau, parut se repentir brusquement de sa fuite et retourna au rivage pour secourir son compagnon ; mais il fut immédiatement renversé par une demi-douzaine d'Indiens qui descendirent du haut de la falaise.
— Laissez-moi me relever, reptiles bigarrés! s'écria Hurry, n'est-ce pas assez de m'avoir lié comme un fagot, faut-il encore que vous m'étouffiez?
Ce discours prouva au Tueur-de-Daims que ses amis étaient prisonniers, et qu'en débarquant il s'exposait à partager leur sort. Il était déjà près du rivage; mais quelques coups de rames donnés à propos l'éloignèrent de ses ennemis, qui par bonheur avaient déchargé leurs carabines pendant la poursuite Et n'avaient pas remarqué le canot dans le premier désordre de la mêlée.
— Au large! cria Hutter, les jeunes filles ne comptent plus que sur vous. Vous aurez besoin de toute votre habileté pour échapper à ces sauvages. Au large, et que Dieu vous récompense de l'appui que vous donnerez à mes enfants!
Il y avait peu de sympathie entre Hutter et le jeune homme ; mais la douleur morale et physique qui se révélait dans cet appel toucha le Tueur-de-Daims, qui résolut de défendre avec énergie les intérêts du vieillard.
— Rassurez-vous, répondit-il, je veillerai sur vos filles et sur votre château. L'ennemi est maître du rivage, c'est incontestable; mais il n'a point le lac. Personne ne peut dire ce qui
arrivera ; mais si la bonne volonté peut vous servir, vous et les vôtres, comptez sur la mienne, elle me tiendra lieu d'expérience.
— Oui, oui, répondit Hurry de sa voix de stentor, qui était un peu abattue, vous avez de bonnes intentions, mais que pouvez-vous faire? Inutile dans les temps les plus favorables, comment deviendrez-vous une merveille dans l'adversité? Il y a sur les bords du lac non pas un sauvage, mais quarante, et c'est une armée dont vous ne viendrez pas à bout. Le meilleur parti à prendre, c'est d'aller droit au château, d'y prendre les filles avec quelques vivres, de gagner le coin du lac par où nous sommes venus et de vous diriger vers la Mohawk. Ces diables ne sauront où vous êtes pendant quelques heures; d'ailleurs pour vous atteindre, il leur faudra faire le tour du lac. Voilà mon avis, et le vieux Tom l'adoptera s'il veut avantager ses filles dans son testament.
— Mauvaise idée, jeune homme, répondit Hutler, l'ennemi a des éclaireurs qui vous verront et vous feront prisonnier. Enfermez-vous au château et surtout fuyez la terre. Tenez pendant une semaine, et des détachements des garnisons voisines chasseront les sauvages.
— Avant vingt-quatre heures, mon vieux, les scélérats auront construit un radeau pour assiéger votre domaine, interrompit Henri March avec une chaleur qu'on n'aurait pas attendue d'un homme garrotté qui n'avait de libre que la langue et les opinions. Votre conseil a quelque fondement, mais il amènerait de fâcheux résultats. Si nous étions au logis, nous pourrions tenir quelques jours ; mais rappelez-vous que ce jeune homme voit l'ennemi ce soir pour la première fois.
— Nathaniel, ces sauvages me font des signes pour que je vous invite à venir à terre; mais ce serait une démarche insensée. Quant au vieux Tom et à moi, va-t-on nous scalper cette nuit, nous mettre à la torture, ou nous transporter au Canada; personne ne le sait, excepté le diable qui les inspire. J'ai la tète si grosse, que je crois qu'ils essaieront d'en tirer deux chevelures .. Ils recommencent leurs signes; mais si je vous conseille d'aborder, je consens à ce qu'ils me mangent
après m'avoir rôti. Loin de là, attendez le jour au large; et quand il aura paru...
Les recommandations de March furent interrompues par un sauvage qui entendait assez d'anglais pour avoir compris enfin le sens de cette harangue, et qui lui mit rudement la main sur la bouche. Immédiatement après toute la bande s'enfonça dans les bois, emmenant les prisonniers, qui ne parurent faire aucune résistance. Au moment où le craquement des buissons écartés cessa de se faire entendre, la voix du père retentit une dernière fois à travers les fourrés :
— Sauvez mes filles, jeune homme, et que Dieu vous récompense .'
Un silence de mort succéda à ces paroles. L'éloignement et l'obscurité avaient empêché le Tueur-de-Daims de distinguer la troupe, mais l'idée de la présence des hommes, les rapports imparfaits qu'il avait avec eux, avaient suffi pour animer la solitude. Il se pencha pour écouter, retint son haleine et concentra toutes ses facultés dans le sens de l'ouïe ; mais toute espèce de son avait cessé; et tel fut le sentiment d'abandon dont Nathaniel fut saisi, qu'il regretta les jurons de March et le cri perçaLt qui venait de troubler le calme de la forêt. Toutefois, il n'était pas homme à se laisser abattre; il plongea ses rames dans l'eau, vira de bord, et se dirigea vers le centre du lac, avec la lenteur d'un homme qui se promène en méditant. Chemin faisant, il retrouva le dernier canot, qu'il prit à la remorque. Ne voyant dans l'aspect du ciel et dans la direction du vent rien qui fût contraire à ses projets, il s'étendit au fond dé son embarcation pour goûter quelques heures de sommeil. Mais quoique les hommes robustes dorment profondément quand ils sont fatigués, même à proximité du danger, il fut quelque temps avant de perdre connaissance. Ses facultés à demi endormies lui représentaient les événements de la soirée dans une sorte d'hallucination. Il se leva tout à coup, croyant entendre le signal convenu par Hurry ; mais quand il fut debout, tout était rentré dans le silence de la tombe. Les canots dérivaient lentement au nord. Les étoiles parsemaient le firmament de leurs clartés mélancoliques. Le plongeon fit
•entendre de nouveau son cri tremblotant, et Nathaniel eut l'explication du bruit qui l'avait alarmé. Il arrangea son rude •oreiller, s'étendit au fond du canot et s'endormit.