‹ Œuvre amoureuse et sentimentaleChapitre 115 sur 172 · LE SUPPLICE DU DÉSIR · texte numérisé non relu

LE SUPPLICE DU DÉSIR

Je meurs de trop aimer et de trop désirer. Toute femme qui passe à mes yeux est charmante... D'aucun parfum plus doux je ne fus pénétré... Elle est la plus jolie, elle est la plus troublante...

Soirs d'automne à Paris, que vous êtes puissants ! Les feux des magasins, les bijoux des vitrines, Les toilettes, les fleurs, la richesse du sang* Qui coule sous le grain des peaux ombrées et fines,

Les soleils amortis par le gaz et le soir,

L'orgue au fond d'une cour, les flaques d'eau qui brillent,

Une voilette épaisse, un cou de jeune fille,

Tout répand dans mon cœur la langueur et l'espoir.

« Oh ! rien qu'un signe, enfant, sur le seuil de la porte.. Jetez-moi ce bouquet ou jetez-moi ce gant !... Que, serré contre vous, les voitures m'emportent Vers des boudoirs profonds et des salons ardents... »

J'entrevois vaguement des fourrures, des bagues, La sveltesse du corps, la fierté du regard, Et, dans le jour mourant et les parfums épars, Toujours je tends les bras et toujours elles passent...

LES LÈVRES ET LE SECRET l5g

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