‹ Œuvre amoureuse et sentimentaleChapitre 135 sur 172 · LE MENSONGE · texte numérisé non relu

LE MENSONGE

Je suis la vertu des choses

Qui n'existent pas, La couleur des fausses roses

Qui n'embaument pas.

Des bals masqués, à ce monde

Je donne l'attrait.

Les fleurs, les perruques blondes,

L'amour, rien n'est vrai.

Cette Espagnole fantasque,

Qui danse et qui rit, Ce domino sous son masque,

Ce chevalier gris,

Cette Pierrette ingénue,

Les grands escaliers, L'adieu, la bague perdue

Et le cavalier,

Ces éventails, ces costumes,

Ces faces, ces cœurs, Sont du vent et de la brume

Avec des couleurs.

Je suis l'ami, le mensonge,

Le cher conseiller, Le petit peuple des songes

Sous les oreillers,

l80 L'ŒUVRE SENTIMENTALE ET AMOUREUSE DE MAURICE MAGRE

La veilleuse et sa lumière

Le pas qui décroît, La chanson de la gouttière,

Le bijou, la croix...

On ne sait pas, mais on doute...

Je dis : oui et non...

Et je verse goutte à goutte

Un charmant poison.

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