‹ Œuvre amoureuse et sentimentaleChapitre 155 sur 172 · LE CHATEAU DES ADIEUX · texte numérisé non relu

LE CHATEAU DES ADIEUX

Le château des Adieux ! Bleuets et marjolaines ! Gomme ce temps est doux ! Gomme ce temps est loin ! Une blême concierge y filait de la laine Et des faucheurs chantaient vaguement dans les foins,

L'on entrait au galop d'une antique calèche Et le vieux châtelain s'inclinait galamment. Le calme vestibule avait des dalles fraîches Ei l'on riait de voir vos tresses de quinze ans !...

L'on porta des citrons, de l'orgeat et des fraises Qu'on venait de cueillir au jardin, disait-on. Et vous ne bougiez pas, droite sur votre chaise, Et tout était charmant, délirât et profond...

Quelqu'un vous appela : Petite demoiselle ! Ce qui vous fit rougir d'un enfantin bonheur... Puis vous traciez un nom du bout de votre ombrelle, Vos rêves ingénus sortaient de votre cœur...

« Il faut rentrer avant la nuit, il est six heures... Le cheval a bon pied... Bonjour... L'air va fraîchir... Chaque soir, dans ce vieux sapin, un hibou pleure... Petite demoiselle, il faudra revenir... »

Et nous sommes partis sur la route, en silence... Les arbres près de nous couraient confusément... Et l'ombre du cocher, soudain, devint immense... Votre visage était une lune d'argent...

Vous étiez une enfant et vous pensiez à peine... Vous serriez un bouquet entre vos deux bras joints... On entendit un cor... Bleuets et marjolaines !... Un troupeau nous croisa... Comme ce temps est loin !...

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